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ARTE Journal 23 juin 2011 - 24/06/11

Les nomades du nucléaire

Accidents du travail répétés sur le chantier de l’EPR de Flamanville


L’Humanité révèle, ce vendredi 24 juin, que le procès-verbal (daté du 6 juin) dressé par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sur le chantier de Flamanville dévoile une « sous-estimation méthodique des accidents du travail ». En particulier, parmi les salariés de Bouygues.

Depuis le début de la construction du réacteur de nouvelle génération, en 2007, les conditions de travail des 3400 personnes employées par des sous-traitants  (dont un tiers d’étrangers et un tiers d’intérimaires) ont régulièrement été dénoncées par les syndicats.

Deux salariés sont morts sur le chantier, le 24 janvier puis le 11 juin et une enquête pour « homicide involontaire » a été ouverte par le procureur de Cherbourg.

L’ASN recense « au total, pour l’année 2010, 112 accidents répartis en 73 accidents bénins et 38 accidents à déclarer n’ayant pas fait l’objet d’une déclaration ou d’une inscription au registre ». L’entreprise Bouygues, responsable du génie civil sur le chantier, assure l’organisation logistique de l’infirmerie et donc le processus de déclaration des accidents. En avril, quand l’ASN, après enquête sur les accidents du travail, a estimé les fraudes à 25%, Bouygues a rétorqué que les non-déclarations « ne sont pas le fait de l’entreprise, mais relèvent d’initiatives personnelles ». La CGT et la CFDT d’EDF ont accusé l’entreprise de mettre la pression sur les salariés pour qu’ils ne déclarent pas leurs accidents.

Les yeux se tournent vers EDF, maître d'oeuvre du chantier. Contacté par les journalistes de l’Humanité, le service de presse de l'entreprise n'a pas donné suite. D'après un membre de la CGT, « ce rapport ne fait que confirmer ce qu'on dénonce depuis le début, EDF avait fait voeu que ce chantier soit exemplaire au niveau social. Le problème, c'est qu'ils ont voulu faire table rase de toutes les règles de sécurité élémentaires. EDF n'a pas demandé assez de comptes à ses sous-traitants, elle doit prendre ses responsabilités. Mais personne ne pensait que cela prendrait une telle ampleur. »

Hérade Feist


La maintenance et le nettoyage des centrales, EDF les confie à des sous-traitants. Des hommes de l'ombre qui exécuteraient 80% des travaux à risque. Ils ne sont pas bien payés et surtout, les contrats courts et la mobilité géographique qu'on leur impose, rendent très difficile un suivi sanitaire. Un statut que l'un de ces nomades du nucléaire ose dénoncer aujourd'hui. Reportage, Cécile Magne.



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Edité le : Thu Jun 23 00:00:00 CEST 2011
Dernière mise à jour le : Fri Jun 24 16:16:00 CEST 2011