Vertige de l'amour
La dérive de Petra von Kant, qui vient de quitter un mari étouffant pour souffrir sous le joug d'une passion saphique, est l'illustration des rapports amoureux selon Rainer Werner Fassbinder. Abandonnée par sa maîtresse, la femme de pouvoir se retrouve à genoux sur sa moquette dernier cri, écoutant en boucle "In my room" des Walker Brothers, une bouteille de vodka à la main, attendant désespérément que le téléphone retentisse. Bien au-delà du désarroi amoureux, cette scène quasi insoutenable renvoie à une insondable quête d'affection. Celle que sa mère, qui ne l'appelle que pour lui demander de l'argent, n'a pas su lui donner, celle que sa fille, ingrate adolescente peu communicative, lui réclame sans jamais parvenir à se faire comprendre, comme la répétition sans fin, génération après génération, d'une incapacité à aimer et à se faire aimer.





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