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LE RETOUR DES FRERES KRAY

Le capitaine Chandler et ses fidèles acolytes reviennent en deuxième saison.

LE RETOUR DES FRERES KRAY

07/03/12

Les frères Kray - La face sombre du Swinging London

Icônes du glamour West End côté pile, parrains de l’East End côté face, Reginald et Ronald Kray ont régné sur la pègre londonienne des fifties à la fin des sixties.
Ces jumeaux sanguinaires sont au cœur d'une nouvelle saison de Whitechapel.

Le 11 octobre 2000, sous les yeux émus de milliers de badauds, les six chevaux noirs d’un cortège funéraire traversaient l’East End de Londres pour emmener Reginald Kray vers sa dernière demeure, où l'attendait son jumeau Ronald, décédé cinq ans plus tôt en prison d’une crise cardiaque.
"Enfin libre", proclamait crânement une couronne de fleurs accrochée au corbillard, tandis que la cérémonie, grandiloquente et retransmise par la BBC, s’achevait sur "My way", de Frank Sinatra, un "ami de la famille". Ces obsèques mettaient un point final à l’épopée sanglante des frères Kray, figures incontournables – et étrangement populaires – du crime organisé version British.

Nés en 1933 dans l’East End, ce "Londres réprouvé" chroniqué en mots et en images par Jack London, Reggie et Ronnie grandissent parmi les taudis et les fantômes de Whitechapel. Couvés par une mère aimante, Violet, tandis que leur père, déserteur durant la Seconde guerre mondiale, est traqué par les autorités, ils pratiquent d'abord la boxe avec succès, comme leur aîné Charlie et nombre de leurs voisins aux poches trouées, stimulés par leur rivalité gémellaire.

Tortionnaires en costumes italiens

Mais c’est en tant que parrains de la pègre, redoutés pour leur folie meurtrière – liée peut-être à la schizophrénie paranoïde bientôt avérée de "Ronnie" –, qu’ils accèdent à la notoriété. Allure impeccable et cheveux gominés, le duo multiplie rackets, attaques à main armée, enlèvements et tortures.

Réputés pour leur souci du détail, exécutant eux-mêmes leurs victimes avant de faire disparaître les corps, les Kray rêvent de fédérer les gangs de la capitale. Et restent insaisissables, personne ne se risquant à témoigner contre eux. Mieux : l’objectif de David Bailey les consacre icônes du Swinging London, s’affichant en costume italien dans le West End, aux côtés de stars comme Judy Garland et de quelques VIP du moment.

Certains sont aussi les amants de Ronnie, qui ne cache pas son homosexualité. Une aura glamour que leur chute brutale et leur condamnation à perpétuité, en 1969, grâce à la perspicacité du tenace commissaire Leonard "Nipper" ("les tenailles") Read, n’entamera en rien. Au contraire, elle parachève une légende entretenue depuis par un film, des livres, et même un site hommage.


Sylvie Dauvillier

Edité le : 20-02-12
Dernière mise à jour le : 07-03-12