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Berlinale 2011 - 22/02/11

Isabella, les rumeurs du monde et l'ombre de Jafar Panahi

Plus que jamais, la Berlinale affirme sa vocation politique. En choisissant pour son 61e palmarès de récompenser le film iranien "Nader et Simin, une séparation", la présidente Isabella Rossellini et son jury ont clairement épousé la cause des cinéastes iraniens (et notamment celle du juré absent de cette Berlinale Jafar Panahi) et la couleur verte de la contestation.

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Et ce, de la manière la plus forte et la plus claire possible, en attribuant à la fois l'Ours d'Or au film d'Asghar Farhadi, mais aussi à tous les acteurs de ce film, chacun se voyant décerner, à juste titre, les Ours d'argent des meilleures interprétations féminines et masculines. Un geste auquel on ne peut que rendre hommage tant il récompense à la fois les qualités cinématographiques (la rigueur dramaturgique, la vraie tension de son histoire et des comédiens extraordinaires) et le regard d’un cinéaste sur le monde et la société qui l’entoure - Farhadi nous parle de son pays à travers deux visions différentes du couple dans la société iranienne traversée par le poids de la religion et des conservatismes.

Un jury sensible aux rumeurs du monde aussi, en attribuant l’ours d’argent du grand prix du jury au Hongrois Béla Tarr pour son "Cheval de Turin", oeuvre majeure dont on se souviendra encore longtemps. Un cinéma de l'épure, où l’on pense à la fois à John Ford et à Robert Bresson, un cinéma qui se dit seul au monde, et un cinéaste qui prétend faire son oeuvre ultime. En même temps, un cinéaste qui s’engage aussi dans son pays face aux dérives fascisantes et autoritaires du gouvernement de Viktor Orbán.

Un jury sensible aux rumeurs du monde enfin, avec la "Maladie du sommeil" d'Ulrich Köhler. Le cinéaste allemand montre ici l’extrême difficulté qu’il y a à trouver sa place sur le continent africain.

Alors oui, le jury a été courageux de saluer et de reconnaitre ces talents. Malgré une compétition décevante, il a réussi à faire émerger ce que la Berlinale lui proposait de mieux cette année. Et surtout, d’écouter, de regarder et de sentir ce que le monde lui racontait.

Lionel Jullien


Le palmarès en vidéo






Le Palmarès 2011










Edité le : 19-02-11
Dernière mise à jour le : 22-02-11