Taille du texte: + -
Accueil > Europe > Regards croisés > Regards croisés n° 14 > Mise en perspective > Russie

Russie - 21/12/09

Le gouvernement russe décide de reconnaître et d’affronter le la menace du réchauffement climatique

La température moyenne en Russie a augmenté de 1,29° C (l’élévation moyenne de la température à la surface du globe est de 0,74° C) entre 1906 et 2005. Ceci signifie que la Russie est l’une des régions du monde dont le climat se réchauffe le plus vite ; cette augmentation de température pourrait atteindre des niveaux dangereux – supérieurs à 2°C – dès la moitié du XXIe siècle.


Émissions de CO2 de la Russie recensées dans le petit livre vert de la Banque mondiale (Little Green Data Book) en 2009.
Émissions de CO2 par unité de PIB en 2005 : 0,9 kg/$ PPA
Émissions de CO2 par tête : 10,5 tonnes
Évolution des émissions de CO2 (1990 - 2005) : - 33,5 %

La Russie, qui a toujours affiché ses réserves face au changement climatique, a pourtant ratifié le protocole de Kyoto en 2004. Elle a facilement respecté les objectifs de réduction des émissions de Kyoto, et a même engrangé un grand nombre de crédits carbone. Elle a atteint cet objectif sans devoir consentir de gros efforts et sans adopter de nouvelles technologies, car l’effondrement de l’URSS a largement fait chuter la production dans les années 1990.

 

Le gouvernement russe avait pour habitude non seulement de remettre en question les causes humaines du changement climatique mais également de souligner ses avantages pour la Russie. L’Académie russe des sciences naturelles affirmait que le réchauffement actuel est un processus naturel qui n’est lié d’aucune façon aux émissions de gaz à effet de serre. En 2008, après la publication du rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les scientifiques russes ont reconnu ne pas disposer des outils utilisés par le GIEC pour faire ses calculs et ses modélisations.

 

La ratification en 2009 de la doctrine climatique de la Fédération de Russie qui reconnaît l’existence du réchauffement climatique et son lien avec l’activité humaine est considérée comme un tournant dans l’approche russe. Cette doctrine fait du changement climatique l’une des principales priorités de la Russie sur le plan  national, le développement sûr et durable étant son premier objectif. Elle comprend toute une panoplie de mesures destinées à diminuer l’intensité énergétique de la production, parmi lesquelles le remplacement de machines par des équipements présentant une meilleure efficacité énergétique et l’utilisation d’énergies renouvelables.

 

Aujourd’hui, la Russie, qui promeut la coordination d’actions conjointes pour sauver le climat, a exprimé son point de vue sur la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Premièrement, la Russie, qui est elle-même plus à ranger parmi les pays émergents que dans le camp des pays développé (son revenu national brut par tête est de 753 $ en 2009), réclame une participation à l’accord de Copenhague de tous les pays développés, et plus particulièrement des Etats-Unis, mais également des pays en développement tels que la Chine et l’Inde. En outre, elle insiste pour prendre en compte le potentiel d’absorption des gaz à effet de serre des forêts dans l’établissement des responsabilités des pays, ainsi que leurs particularités  nationales, climatiques et géographiques.

 

Confrontée aux défis du réchauffement climatique, la Russie a également repensé sa stratégie énergétique, et a adopté en 2009 un projet de nouvelle stratégie énergétique qui va jusqu’à l’horizon 2030. Ce document établit de nouvelles lignes directrices pour le développement du secteur énergétique dans le cadre de la transition de la Russie vers une économie novatrice. Il met essentiellement l’accent sur la rationalisation de l’utilisation des ressources naturelles, ce qui implique au minimum de multiplier par deux les économies d’énergie par unité de PIB, et, en termes de sécurité écologique, de diminuer les émissions de gaz à effet de serre de 100 à 105 % entre 1990 et 2030. Ces objectifs sont entièrement compatibles avec le paquet de l’Union européenne sur le changement climatique et les énergies renouvelables, qui cible l’horizon 2020.

 

Marina Mikhova

 

POUR ALLER PLUS LOIN

Ministère des ressources naturelles de la Fédération de Russie
Académie russe des sciences
ONG environnementale internationale basée en Norvège



...............................................
Regards croisés n° 14
Énergie : politique, lobbies et environnement
...............................................

Edité le : 11-12-09
Dernière mise à jour le : 21-12-09