27/06/08
Le confucianisme
Cette doctrine adoptée par l'Etat et la société a été formulée par le philosophe Kong Qiu (aussi connu sous le nom de Kongzi ou Kongfuzi et sous sa forme latinisée de Confucius). Elle a fusionné avec d'autres philosophies en partie contradictoires. Face aux désordres politiques et sociaux de son époque, le philosophe Kong Qiu (551 – 479 av. J.C.) élabore des préceptes pour restaurer la paix et l'harmonie sociale. Il pense que les souverains doivent être moralement irréprochables et qu'ils doivent prendre soin des autres. Cette doctrine a une telle influence que le "confucianisme" qui s'en inspire est érigé comme principe de l'action publique trois cent cinquante ans plus tard par la dynastie des Han; aujourd'hui encore, le confucianisme influence la Chine.
Comme tous ses contemporains, le "Maître Kong" considère que le passé est plus exemplaire que le présent. Ceci explique peut-être le fait qu'il s'inspire des écrits de l'époque de la dynastie Zhou occidentale. A cette époque, 500 ans plus tôt, ce n'est pas tant l'individu qui primait que la vertu et la culture, qui doivent être encouragées pour le bien de tous. La classe dirigeante doit sa position aux services rendus à l'Etat et non à son origine sociale.
Pour Confucius, le fondement de la vertu et de toutes les relations humaines est la piété filiale. Le fils doit faire preuve d'obéissance et de reconnaissance envers son père pour ses soins aimants et les sacrifices que celui-ci consent pour élever son enfant. Il doit manifester également cette piété envers son père lorsque celui-ci a disparu. Les relations entre mari et femme, frère aîné et frère cadet, souverain et sujet sont gouvernées par ce même principe d'intégration dans une hiérarchie. L'égalité n'est possible qu'entre amis.
La véritable humanité (ren), somme de toutes les vertus, ne peut être le propre que de celui qui agit de façon loyale, juste et honnête dans le respect de l'ordre. Il ne peut le faire que s'il étudie et pratique suffisamment les li. Selon la doctrine confucéenne, celui qui pratique comme il se doit les li – les rites, l'étiquette, la morale – et le culte des ancêtres ne peut changer qu'en bien. Ceci se répercute sur son entourage et sur le cosmos.
L'étude est ainsi indispensable pour comprendre l'ordre du ciel et des hommes. Mais Confucius dit aussi : "Etudier sans penser est inutile; penser sans étudier est dangereux.".
Les grands principes de cette philosophie socio-éthique sont contenus dans les "Cinq classiques", textes en vigueur depuis des siècles dont on prétend qu'ils auraient été rédigés par le maître, mais qui ont été en réalité achevés bien plus tard.
Le "Livre de l'histoire" contient des modèles de gouvernement exemplaires, le "Livre des odes" des maximes de morale, le "Livre des rites" est un guide de bonne conduite, le "Livre des mutations" décrit les relations entre les hommes et le cosmos, et les "Annales de l'automne et du printemps" reprennent une chronique ancienne de la principauté exemplaire de Lu, commentée par Confucius.
Les "Cinq classiques" fondent le "canon confucéen" qui est complété au fil des siècles par d'autres écrits (néo-confucianisme). De la dynastie des Han jusqu'en 1905, ce canon est la matière de base des examens des fonctionnaires en Chine. Il donne naissance à une élite de fonctionnaires triés sur le volet, gardiens de l'orthodoxie basée sur les quatre piliers traditionnels de l'ordre social confucéen : les lettrés (classe moyenne cultivée ou classe supérieure n'occupant pas fonction publique), les paysans, les artisans et les marchands.
Avant que les réflexions du "Maître Kong" ne soient érigées en doctrine officielle, on y ajoute d'autres éléments philosophiques inspirés du légalisme et de Dong Zhongshu (environ 179 - 104 av. J.C.).
Dong associe l'éthique confucéenne de l'Etat et de la société avec des théories cosmologiques : la nature et l'histoire sont étroitement liées, et l'homme, notamment l'homme au centre, c'est-à-dire l'empereur, est responsable de l'ordre naturel et social. Le cosmos et l'univers des hommes interagissent : les catastrophes naturelles sont considérées comme une punition du ciel qui châtie des agissements immoraux, tandis que les événements inhabituels augurent d'événements qui intéressent l'Etat et la société.
Au fil du temps, le taoïsme et le bouddhisme ont beaucoup influencé le confucianisme et l'idéologie officielle, notamment en raison de leurs composantes mystiques. Bien que le confucianisme puisse être qualifié de philosophie rationaliste, il intègre d'emblée des éléments religieux, tirés essentiellement du culte traditionnellement rendu aux ancêtres, associé à la croyance aux dieux et aux esprits du panthéon pré-confucéen, notamment chez le peuple. C'est ainsi qu'est instauré le culte rendu dans les temples au "Maître Kong" éternel.
Edité le : 22-04-04
Dernière mise à jour le : 27-06-08