27/06/08
Le bouddhisme
Cette philosophie éthique et religieuse s'est répandue en Chine sous sa forme de mahayana, apportée par des moines en provenance d'Inde au 1er siècle de notre ère. Elle reste populaire jusqu'à la fin de l'empire, bien qu'elle soit surtout l'affaire des moines et des nonnes. Certaines écoles du bouddhisme fusionnent avec des cultes traditionnels, et de nombreux principes bouddhistes sont intégrés dans les traditions religieuses populaires.
Le bouddhisme part du karma, loi morale qui enseigne que tous les êtres sont soumis au cycle éternel de la naissance, de la mort et de la réincarnation jusqu'à ce que toutes les souffrances soient surmontées, que toute culpabilité et tout désir aient disparu. Au début, le bouddhisme est considéré comme une variante du taoïsme. Par la suite, les taoïstes pratiquent comme les bouddhistes la médiation, et se dotent ainsi d'un vocabulaire de termes transcendants. Le bouddhisme connaît des débuts difficiles en Chine, car il est l'émanation d'une culture étrangère et préconise le célibat, étant une religion de moines. Il exclut ainsi d'avoir une descendance pouvant pratiquer le culte des ancêtres.
La tradition du mahayana compense cependant cet inconvénient avec sa doctrine des bodhisattvas, ces êtres éveillés qui renvoient à plus tard leur nirvana pour aider les autres, font du bien dans cette vie et assurent une bonne réincarnation dans une nouvelle vie (et qui peuvent devenir des figures salvatrices comme Guanyin, déesse de la compassion). On peut également transférer ses propres mérites moraux aux parents disparus pour faciliter leur réincarnation.
Le nombre d'adeptes du bouddhiste augmente fortement pendant la dynastie des Tang (618–907), qui commence par encourager fortement le bouddhisme. Les monastères deviennent très riches grâce aux impôts qui leur sont versés et à l'exonération fiscale qui leur est accordée. Ceci déplaît aux fonctionnaires d'obédience confucéenne, et en 845 a lieu la plus grande vague de persécution des bouddhistes en Chine : plus de 40 000 autels et 4600 temples sont détruits, plus de 260 000 moines et nonnes sont forcés de retourner à l'état laïc et voient leurs biens confisqués.
Il subsiste cependant certaines écoles bouddhistes, et notamment celle de la "Terre pure", qui enseigne que la réincarnation se fera dans une sorte de paradis; c'est ce qu'on appelle le bouddhisme chan (zen en japonais), "l'illumination fulgurante" provoquée par des effets de choc comme des coups de bâton et la méditation, et qui professe l'omniprésence de la "nature de Bouddha", ou le lamaïsme originaire du Tibet. Au cours des siècles suivants, certaines de ces écoles exercent pendant de brèves périodes une influence officielle, et les sectes des "Turbans rouges" fomentent des révoltes au 14ème siècle. Le peuple continue aujourd'hui encore de respecter et d'apprécier les nombreux temples et lieux de culte des écoles bouddhistes.
Edité le : 22-04-04
Dernière mise à jour le : 27-06-08