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Actualité Cinéma

Pour ceux qui aiment les macarons… (ou les costumes ou Michelle Pfeiffer)

Actualité Cinéma

Sortie le 16 février 2005 - 15/02/05

Le Promeneur du Champ de Mars

de Robert Guédiguian
(France, 2005, 1h57)
Avec Michel Bouquet, Jalil Lespert, Philippe Fretun, Anne Cantineau…
Coproduction ARTE
Compétition Berlinale 2005

Interview avec Robert Guédiguian
réalisée par Olivier Bombarda

Partie 1
Partie 2

Interview avec Jalil Lespert
réalisée par Olivier Bombarda et Lionel Jullien

Partie 1
Partie 2
Partie 3
Partie 4


Synopsis : La fin d’un règne, celui du Président socialiste François Mitterrand qui livre son dernier combat face à la maladie. Un jeune journaliste tente de lui arracher des certitudes sur la vie…

Critique : Depuis quelques années, Robert Guédiguian était intéressé par l’idée de travailler à la réalisation d’un projet quelque peu différent pour lui, de « sortir de son théâtre » habituel près de Marseille qui l’avait amené à concrétiser une douzaines d’œuvres pour le cinéma, le public lui conférant dès lors l’étiquette plutôt collante de « cinéaste du Midi ».
Ainsi Guédiguian restait persuadé qu’il lui faudrait un jour aborder un projet « risqué » par le biais d’un producteur qui l’invite à arpenter des sentiers inexplorés. C’est un ami de longue date, le producteur Frank Le Witta qui comble aujourd’hui les ambitions de Guédiguian en lui offrant l’adaptation du livre (sulfureux) de Georges-Marc Benamou, « Le Dernier Mitterrand » (Plon, 1997). Le journaliste-écrivain participa dès l’origine en association avec Gilles Taurand, à l’écriture de ce scénario tiré de son ouvrage autobiographique.
Alors que la parution de ce dernier avait valu à son auteur les foudres des proches de François Mitterrand (Mazarine Pingeot le considère « diffamatoire et odieux », Pierre Bergé, « une trahison totale et absolue »…), Frank Le Witta énonça très rapidement à la presse le projet de produire un film « volontairement pas scandaleux » sans forcément calmer les inquiétudes d’un Roger Hanin ou encore d'un Michel Charasse qui exigeaient, en amont, de ne pas y figurer.
Finalement, « Le Promeneur du Champ de Mars » respecte scrupuleusement les intentions courtoises de ses auteurs tout en en affichant de nouvelles. Le premier des partis pris de Guédiguian fut de se dégager le plus souvent possible des événements factuels, d’éviter à tout prix une reconstitution historique, hormis certaines séquences précises comme le fameux discours de Liévin. La représentation de l’entourage de François Mitterrand est aussi quasi inexistante et le réalisateur privilégie sans cesse l’austérité de décors vides plutôt que l’aspect baroque des salles et bureaux de l’Elysée. Concentré presque exclusivement sur la relation « maître-élève » entre le Président et le personnage fictif d’Antoine Moreau (Jalil Lespert), Guédiguian trouve ainsi un moyen précautionneux pour parer à toute critique et dévélopper un discours bien plus universel. Là, dans la posture mitterrandienne, Michel Bouquet ne suscite jamais de véritable confusion avec l’homme historique malgré une ressemblance physique souvent troublante surlignée d'un simple chapeau et manteau noir. En revanche, l’acteur et son réalisateur se sont appropriés pleinement la figure du Roi (au sens presque Shakespearien), un monarque affaiblit qui refuse de se laisser dominer par la maladie. Fier, l’illustre lance un défi perpétuel à son sort inévitable qui s’accélère et y trouve une certaine liberté. Face au déclin du maître, Moreau tente d’en obtenir les dernières réponses au « rêve égalitaire », subit sans intermédiaires l’échec lié à la transmission tout en supportant le joug d’une véritable vampirisation, celle d’un homme plus expérimenté, plus habile, plus intelligent que lui. Et si le spectateur ressent en définitive, comme Jalil Lespert dans le film, une désespérance concrète face aux lueurs de la décadence à l’ombre portée de ce François Mitterrand symbolique, Guédiguian aura bel et bien atteint le but qu'il s'est fixé: en tant qu’homme de gauche, reposer dans l’urgence et inlassablement la même question pour connaître enfin l’alternative au capitalisme mondialisé.

Olivier Bombarda

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Le Promeneur du Champ de Mars
de Robert Guédiguian
(France, 2005, 1h57)
Avec Michel Bouquet, Jalil Lespert, Philippe Fretun, Anne Cantineau…
Une coproduction ARTE
Sortie le 16 février 2005
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Edité le : 15-02-05
Dernière mise à jour le : 15-02-05