De Jacques Doillon
(France, 1990, 1h30)
Avec Richard Anconina, Gérald Thomassin, Clotilde Courau
un DVD MK2
Un DVD MK2, disponible individuellement ou au sein du coffret MK2 regroupant la collection Jacques Doillon, qui inclut « Les Doigts dans la tête », « Un Sac de billes », « La Drôlesse », « La Vie de famille », « La Fille de quinze ans », « Le Jeune Werther », « Petit frères » et « Ponette »
Synopsis : Jeune adolescent désorienté issu d’un quartier HLM de la ville de Sète, Marc (Gérald Thomassin) braque une parfumerie pour payer son voyage à Montpellier, où il vient de découvrir qu’il a une sœur aînée (Clotilde Courau). Sous la menace d’un revolver, il oblige un policier (Richard Anconina), qui le connaît bien et tente fréquemment de dialoguer avec lui, à le mener jusqu’à la jeune fille, en promettant à son « otage » de se livrer ensuite à la police.
Critique : Réalisé voilà quinze ans, « Le Petit criminel » se regarde aujourd’hui comme un film d’avant l’époque où le cinéma français se mit à utiliser la jeunesse des banlieues comme un prétexte spectaculaire du cinéma de genre (« Nid de guêpes », avec Benoît Magimel, et le récent « Banlieue 13 », produit par Luc Besson) ou pour servir un pseudo brûlot destiné à mettre en avant un style voyant, creux et jouant sur la mode d’alors (l’incroyablement surestimé « La Haine » de Mathieu Kassovitz). A la fin des années 1980, le regard sur la banlieue prenait la forme, autrement plus audacieuse, du cinéma de Jean-Claude Brisseau (« De bruit et de fureur ») ou de celui de Jacques Doillon. Tourné en cinémascope, un format inhabituel pour une fiction qualifié de « réaliste », « Le Petit criminel » utilise ce cadre large et horizontal pour accentuer le malaise, en filmant des lieux justement exiguës, verticaux ou clos (les cages d’escalier des tristes immeubles HLM, le véhicule où se déroule une majeure partie du film et où sont mis en situation les trois personnages principaux, le policier, Marc et sa sœur). La tension, propre au cinéma de Doillon, trouve donc ici un cadre d’expression idéal, qui en décuple la puissance. Mais le cadre fixe du scope, et un dépouillement qui se rapporte presque au film noir (notamment par le biais de l’entêtante musique du jazzman Lee Konitz), restreignent les débordements hystériques ou bavards, qu’on a souvent reproché à Doillon, pour privilégier l’économie du polar.
Les bonus : Le cinéma de Jacques Doillon ayant été tellement représenté par ses thèmes les plus reconnaissables (adolescentes, altercations passionnelles, comportement à fleur de peau), la partie bonus du DVD fait intervenir de manière judicieuses quelques personnes qui, par leur situation, nuancent le travail du réalisateur, une démarche reprise pour l’ensemble des films du coffret DVD MK2. William Lubtchansky, le chef-opérateur de Jacques Rivette, qui a travaillé sur « Le Petit criminel », apporte sa vision plus précise et détaillée de la méthode de Doillon. Camille Taboulay, ancienne critique des Cahiers du cinéma, livre quant à elle une lettre publiée dans la revue, qui porte un regard sur le film se différenciant remarquablement des habituelles analyses stéréotypées concernant le cinéaste. En vidéo également, Doillon évoque sa rencontre avec Gerald Thomassin, non-professionnel venu de La Courneuve qui, malgré son César du meilleur jeune espoir, refusa de jouer le jeu et s’éloigna du cinéma dominant pour revenir jouer, dix ans plus tard, dans des œuvres libres et indépendantes comme « Louise, take two ».
Julien Welter
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Coffrets Jacques Doillon (MK2)
Coffret Doillon Enfance 12-18 ans (5 DVD): « Les Doigts dans la tête », « Le Jeune Werther », « Le petit criminel », « Petit frères » et « La Fille de quinze ans »
Coffret Doillon Enfance 4-11 ans (4 DVD): « Un Sac de billes », « La Drôlesse », « La Vie de famille » et « Ponette »
Bonus : Commentaires de Jacques Doillon • Entretiens avec les comédiens et les équipes des films • Bandes-Annonces de la collection Jacques Doillon
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