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09/12/05

Le Débat (France)

  • CARTE D’IDENTITÉ

Titre : Le Débat
Date de naissance : 1980
Directeur de la publication : Pierre Nora
Périodicité : bimestrielle
Domaines couverts : histoire, politique, société
Lectorat : cultivé, de gauche
Positionnement politique : gauche réformiste,
social-démocrate
Tirage : 6000 ex.
Adresse : Gallimard, 5, rue Bottin, F-75006 Paris
Tél. : 00 33 [0]1 49 54 42 00


  • ARTICLE

Entretien avec Pascal Lamy.
Titre : « Le modèle français vu d’Europe ».
Le Débat, numéro 134,  mars - avril 2005.


  • FICHE DE LECTURE

Dans cet entretien, Pascal Lamy, ancien commissaire européen au commerce aujourd’hui à la tête de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), livre sa vision du modèle social français face à l’Europe d’aujourd’hui. Au cœur du système français se situe l’État centralisé et hiérarchisé, qui intervient dans tous les pans de la vie sociale des Français, notamment à travers une conception extensive de la notion de service public. L’État comme garant de la justice et de la cohésion sociale, par des politiques fortes de redistribution et d’indemnisation; l’État comme élément essentiel de l’identité nationale. Et pour Lamy, la singularité du modèle social français se trouve également dans le désir de conservation mais aussi de projection de ces valeurs vers l’extérieur.

Mais « l’idée que l’Europe est une grande France » a vécu, et la volonté d’imposer l’État social à la française aux partenaires européens s’est avérée, au fil des progrès de l’intégration et des élargissements de l’Union, largement illusoire sinon illégitime. À l’intérieur comme en Europe, le modèle français traverse aujourd’hui  une passe difficile : manque de culture du compromis, méfiance de la bureaucratie française à l’égard de la supranationalité, rôle limité des partenaires sociaux  ... Dans le sillage de la construction du marché unique, on a observé une transformation de l’économie française. Mais un fossé s’est creusé entre la France et l’Europe  si bien qu’aujourd’hui  une large partie de l’opinion française se méfie de l’Europe, perçue comme un « cheval de Troie de la mondialisation » et une force destructrice d’un système social encore généreux. Entre ceux qui dénoncent l’Europe ultra-libérale et ceux qui pensent qu’elle se doit d’être un « bouclier » contre la mondialisation, Lamy opte pour une position modérée : l’Europe n’est ni l’enfer, ni le salut, mais « un levier de maîtrise de la mondialisation ».

Pour l’ancien Commissaire français au commerce, « une harmonisation de préférences collectives sur la base de valeurs qui sont des valeurs européennes, est une entreprise indispensable », dans laquelle la France a un rôle à jouer. La défense du service public ou la mise en valeur du rôle des agriculteurs dans l’aménagement de l’espace rural sont des causes légitimes. Mais cet apport français au projet social européen doit s’accompagner de plus dialogue, plus de compromis, et d’une meilleure compréhension des différences nationales.

Amandine Crespy

POUR ALLER PLUS LOIN


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Regards croisés n° 2,
L’Europe sociale malmenée
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Edité le : 09-12-05
Dernière mise à jour le : 09-12-05