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Actualité Cinéma

Pour ceux qui aiment les macarons… (ou les costumes ou Michelle Pfeiffer)

Actualité Cinéma

Sortie du 4 août 2004 - 02/08/04

Le Bois lacté

(Milchwald)
De Christoph Hochhäusler
(Allemagne, 2003, 1h27)
Avec Miroslaw Baka, Horst-Günter Marx, Judith Engel, Sophie Conrad, Leo Bruckmann
Synopsis : Lea et Konstantin, deux jeunes enfants allemands sont abandonnés par Sylvia, leur jeune belle-mère, après une dispute dans une voiture, au beau milieu de la campagne polonaise. Elle essaie de les retrouver quelques minutes après, en vain. De retour chez elle, elle ment à son mari qui, mort d'inquiétude, prévient la police, effectue des battues et en désespoir de cause propose une récompense à celui qui les ramènera.

Critique : Les enfants pas sages n'iront pas au paradis : ils s'enfonceront sans fin dans le bois lacté. Lea, une petite fille difficile de huit ou neuf ans et son petit frère boudeur mais plus timoré Konstantin en font la bizarre expérience après une dispute avec leur belle-mère. Premières images au cordeau et jusqu'à la fin le jeune cinéaste ne laissera aucune ligne d'horizon, aucune route, aucune perspective au hasard dans le champ. La mise en scène encadre jusqu'au vertige les personnages, soumis à des pulsions incontrolées et encerclés de chemins inquiètants. Sylvia, excédée par les mauvais coups de Lea qui se braque contre elle, dépose les deux enfants sur le bord de la route quelque part dans la campagne polonaise où cette jeune femme allemande allait faire ses courses. La leçon se transforme bien vite en cauchemar puisqu'en revenant sur ses pas peu après elle ne retrouve pas trace des deux enfants qui se sont égarés. Elle revient chez elle, fait l'amour avec son mari de manière impromptue, puis lui ment en expliquant qu'elle ne sait rien sur la disparition des enfants. Son joli visage clôt séduit autant qu'il inquiète, ses yeux si clairs contrastant avec des pensées si sombres. Glissant dans son propre abîme, pendant que son mari cherche déséspérement les enfants tant jalousés, elle prend au fil du temps de belles poses de vampire effrayé par la lumière qui filtre sous la porte, intoxiquée par un secret trop lourd pour elle. Elle ne signale pas à son mari la présence de ses petits dans le môtel d'autoroute où ils se sont arrêtés mais en tombe malade. Lea et Konstantin recueillis sporadiquement par un Polonais débonnaire et débrouillard voyagent un peu avec lui le long de routes désaffectées. Quand, appâté à l'idée d'une récompense, il essaie de mettre la main sur les deux enfants perdus et reperdus, Lea essaie de l'empoisonner à la javel. La petite fille aux mauvaises pensées, qui disperse son venin à tout va, est à nouveau punie et abandonnée. Bien sûr la "Nuit du chasseur" ou encore le Badlands de Malick plane au-dessus de ce film, dans une intrigue renversée où les enfants ne sont plus si gentils. Mais c'est à Lodge Kerrigan et à son si sombre "Clean Shaven" que ressemble le plus ce "Bois lacté" empoisonné. Ce conte de fée à l'envers, aux couleurs vert-de-gris et bleutées, brouille les frontières du bien et du mal le long d'une ligne de fuite sans issue.

Delphine Valloire


 
Milchwald
Synopsis : En route vers la Pologne pour y faire des courses, une femme surmenée abandonne LEA (8 ans) et KONSTANTIN (7 ans), un peu trop turbulents, au bord d'une route de campagne. Elle regrette son geste et revient là où elle les a laissés, mais ils ont disparu. Revenue chez elle, dans son triste pavillon de préfabriqué, elle n'a pas le courage de dire la vérité à son mari, le père des enfants. Entre temps, Konstantin et Léa ont rencontré un Polonais qui fournit les hôtels et les restaurants en articles de toilettes. Il ne tardera pas à abuser de la confiance qu'ils ont placée en lui.

Critique : Il était une fois deux enfants qui ne s'appelaient pas Hansel et Gretel mais Konstantin et Léa ; eux aussi se retrouvent dans la forêt (polonaise) parce que leur belle-mère (Judith Engel) ne veut plus d'eux. Ce n'est pas une vraie marâtre, comme chez les frères Grimm, elle est seulement dépassée, surtout par cette petite effrontée de Léa. Depuis longtemps déjà, elle déteste cette existence qu'elle mène dans le préfabriqué d'un pavillon stérile, près de la frontière germano-polonaise ; elle avait accepté de tenir ce rôle de mère par amour pour son mari, mais ce mari, elle ne le voit plus que très tard, à la fin de longues journées de travail, quant à l'amour, il bat des ailes … Le réalisateur Christoph Hochhäusler (Munich) a tourné ce film pour clore ses études à la Hochschule für Film und Fernsehen de Munich. Son propos est de nous montrer la tristesse du monde moderne. Même ce foyer qui pourrait paraître idyllique, tout ce confort d'une petite vie rangée en bordure des exploitations de lignite à ciel ouvert du Brandebourg, ce luxe presque, ne console pas de l'indifférence et du silence qui se sont installés dans le couple. Quant à Konstantin et Léa, ils font, eux aussi, l'expérience du manque de sensibilité des adultes pendant leur odyssée à travers la forêt polonaise et les relais autoroutiers. Le cinéaste utilise la trame de Hansel et Gretel avec intelligence et circonspection pour adapter une version totalement renouvelée de ce conte sur la quête d'affection et d'amour. Pour les protagonistes de cette histoire, la sombre mélodie des cordes plaquée sur les paysages ne présage rien de bon, malgré la chaleur estivale et la verdure luxuriante. Les deux enfants luttent sans crainte et ont encore la route pour issue mais la fin de leur pitoyable belle-mère s'annonce mal.
Martin Rosefeldt
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Le Bois lacté
(Milchwald)
De Christoph Hochhäusler
(Allemagne, 2003, 1h27)
Avec Miroslaw Baka, Horst-Günter Marx, Judith Engel, Sophie Conrad, Leo Bruckmann
Sortie du 4 août 2004

Edité le : 02-08-04
Dernière mise à jour le : 02-08-04