04/02/04
La soirée thématique
Dimanche 15 février 2004 20.45> 00.50 Thema : Secrets et tabous
Enfants cachés, mésalliances, comportements douteux… : ARTE ausculte les secrets et les non-dits familiaux. Une "Thema" nourrie d'histoires, car derrière un secret, il y a toujours une histoire. Et des histoires de famille, tout le monde en a. Avec le poignant Music box, de Costa-Gavras.
20.45 Music box
Film de Constantin Costa-Gravas (États-Unis, 1989, 2h03mn, VF)
Mike Laszlo, hongrois naturalisé américain, est soupçonné d'avoir été un tortionnaire nazi. Il demande à sa fille, brillante avocate, de le blanchir… Un très bon Costa-Gavras (Ours d'or à Berlin), avec Jessica Lange et Armin Müeller-Stahl.
Pour plus d'information sur le film
22.45 Tu n’es pas un ange
Documentaire de Marie Dumora (France, 1999, 1h05mn)
Production : Quark
"Qui sont mes parents ? Pourquoi m'a-t-on abandonné ?" : deux employés de la DDASS de Strasbourg répondent chaque jour à ces questions. Une tâche difficile qu'ils remplissent avec tact et habileté. Ce documentaire saisit avec justesse, sans pathétique superflu, le drame que vivent les pupilles de la nation.
Jean-Jacques Ott et Francis Streicher, employés de l'administration de la DDASS (Direction départementale de l'action sanitaire et sociale) de la région de Strasbourg, ont la mission délicate de recevoir des personnes abandonnées à leur naissance. Elles viennent ici consulter le dossier dans lequel l'administration a consigné tout ce qu'on sait de leur histoire : le nom de leur mère, le procès verbal rédigé lors de l'abandon, les étapes de leur placement ou de leur adoption. En levant le secret de leur origine, l'administration permet à ces enfants de l'Assistance publique devenus adultes de se réapproprier une part de leur identité occultée. C’est souvent l’unique occasion pour eux de retrouver le chaînon manquant de leur histoire énigmatique.
Les anges de l'administration
Dans des petits bureaux impersonnels se déroulent des scènes dignes de la tragédie antique : Jean-Jacques Ott et Francis Streicher font office d'oracle, ils renseignent, quand ils le peuvent, des personnes démunies de généalogie. Celles-ci n'ont pour tout héritage que de simples dossiers en guise d'album de famille, avec, selon les cas, un nom, un lieu de naissance, une profession, les motifs de l’abandon, mais parfois pas le moindre indice. Certains veulent connaître leur passé, d'autres retrouver leur famille ; parfois viennent aussi des mères éplorées à la recherche de leur enfant. Tous profitent de l'accueil bienveillant de Jean-Jacques Ott et de Francis Streicher qui accompagnent avec beaucoup de tact les étapes de la révélation. Mais l'administration est souvent confrontée à des cas de conscience : doit-on révéler des secrets de vingt, trente ou quarante ans, si c'est pour venir en aide à des adultes en mal de vivre ?
23.50 Family Secret
Documentaire de Pola Rapaport (France, 1999, 1h)
Coproduction : Blinding Light, ARTE France, Morgane Production (Rediffusion du 20 février 2000)
Un frère et une sœur se retrouvent après avoir vécu quarante ans dans l’ignorance l’un de l’autre. Entre eux : la figure du père disparu, énigmatique. Une histoire très émouvante, mise en scène de façon très personnelle.
Tout commence par une lettre postée à Bucarest et adressée à la mère de la réalisatrice, à Staten Island (New York). Pierre Radulescu-Banu est à la recherche de la famille de Lionel Rapaport, psychiatre d'origine roumaine ayant vécu à Paris dans les années 30 et 40 avant d'émigrer aux États-Unis. Est-elle sa femme ? Peut-elle lui donner des informations sur la famille ? À la fois intriguée et troublée, Pola, la fille cadette, répond. Pourquoi cherche-t-il des informations sur son père, décédé en 1972 ? La seconde lettre de Pierre ne se fait pas attendre : "C'était mon père ; vous êtes ma demi-sœur…"
Pierre et Pola
À partir du moment où ils comprennent que leurs vies sont "liées", Pola et Pierre n'aspirent qu'à une chose : se rencontrer. Le film les suit dans leur voyage à la rencontre l’un de l’autre et dans la reconstitution, pièce par pièce, de leur histoire. Au centre, il y a la figure du père, mort avec son secret. Un père que Pierre n’a jamais connu et que Pola découvre sous un nouveau jour. Pourquoi n'a-t-il jamais rien raconté de sa vie à Paris ? Comment expliquer que cet homme si droit ait abandonné Pierre et sa mère en 1945 ? Qui était-il, en définitive ? Peu à peu, Pierre et Pola comblent les vides. À New York d'abord, puis à Bucarest et enfin à Paris (la ville que Lionel a le plus aimé et où toutes les histoires se croisent), le frère et la sœur confrontent leurs souvenirs. Ils se lisent des lettres, se montrent des photos, découvrent leurs univers respectifs... Autant de moments chargés d'une très grande émotion. "Être contactée par Pierre, c'était comme trouver la clé d'un trésor caché, explique la réalisatrice. Pierre était comme la réincarnation du père qui m'avait tant manqué depuis vingt-cinq ans. Ce que j'avais gagné, c'était un parent aussi proche qu'on peu l'être. Surtout, l'un à travers l'autre, nous en sommes venus à comprendre des aspects de nous-mêmes." Et s'il apparaît que le mystère entourant la figure paternelle ne pourra jamais être complètement levé, chacun peut désormais accepter la part d'ombre.
ARTE Magazine
Edité le : 28-04-04
Dernière mise à jour le : 04-02-04