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Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.

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Cinema - 16/09/11

La saga Creation Records

Dans les années 1990, Creation Records était le label le plus important de l’univers. Les groupes qui étaient sous contrat chez lui, notamment The Jesus and Mary Chain, My Bloody Valentine, Primal Scream et Oasis ont changé la face du rock’n roll.  Mais Creation, ce n’était pas qu’un label, c’était aussi un véritable feuilleton dans le monde de la pop : drames déchirants, drogues à gogo, fêtes interminables, tubes à la chaîne, une faillite évitée de peu, puis une résurrection sous forme de label indépendant qui finira par engranger des millions… Le documentaire « Upside Down » retrace l’histoire mouvementée de Creation Records.

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La web-série "Svengali"

Alan McGee, le patron du label Creation, fait figure de magicien de l’industrie du disque britannique. C’est lui qui a découvert Primal Scream, My Bloody Valentine et Oasis. Ce n’est pas une légende vivante, c’est le rock’n roll incarné. Un paradoxe ambulant. Il a gagné des millions avec son label indépendant et a inscrit la musique de ses artistes dans le mainstream. Comment ? Le documentaire « Upside Down » nous le révèle et Alan Mc Gee dévoile la clé pour le moins surprenante de son succès.
 
Alan McGee
Je sais ce que je veux faire dans la vie depuis mes onze ans. J’ai vu Marc Bolan et T. Rex sur scène. Au début, je n’y connaissais rien. Je me suis renseigné, j’ai commencé à faire mes propres compilations, je me suis intéressé au pressage et à la commercialisation des disques. J’ai appris sur le tas : à l’âge de 24 ou 25 ans, je me débrouillais déjà pas mal, à 30 ans, j’étais devenu bon et à 34, vraiment bon. Il faut s’accrocher, et à la fin, on y arrive.
 
La saga de Creation Records est unique. Plus qu’un simple label, c’est une véritable religion. Il ne s’agit pas de suivre les tendances de la culture jeune, mais de les détecter, de se les approprier et d’en faire ressortir le meilleur. A la fin des années 1980, le label réalise l’un de ses plus beaux coups musicaux avec Acid House. Le patron du label et les musiciens s’adonnent à l’hédonisme débridé de la culture club et avalent les pilules d’ecstasy comme des bonbons. Puis le label ose l’impensable : le métissage du rock et de la house, et donne ainsi naissance à un son qui deviendra l’emblème de toute une génération. Musique et vie se rejoignent et ne font plus qu’un. « Loaded », le tube de Primal Scream, célèbre la culture de la fête et Creation devient le synonyme de « never ending party ». Mais Creation, c’est aussi une histoire d’amitié. Ceux qui y travaillent sont souvent de bons copains d’Alan McGee. Lui et Bobby Gillespie, le chanteur de Primal Scream, se connaissent depuis le bac à sable.
 
Alan McGee
J’avais un rêve et il m’a aidé à le réaliser. C’est lui qui est à l’origine de Primal Scream, The Jesus and Mary Chain et The Teenage Fanclub. C’est peut-être moi qui ai découvert Oasis, My Bloody Valentine et Ride, mais sans Gillespie, je n’y serais jamais arrivé.
 
L’année 1991 est un bon millésime pour la pop. En plus de Primal Scream, My Bloody Valentine sort aussi un album. C’est « Loveless ». Mais le périple du groupe, qui écume les studios pendant des mois, laisse des traces. Creation se retrouve au bord de la faillite et doit revendre la moitié de ses parts à la Major Sony. Reste que « Loveless » est toujours considéré comme la dernière grande innovation en matière de rock n’ roll. Et c’est un peu grâce à celui qui s’est autoproclamé « President of pop ».
 
J’ai vendu mon âme au diable.

Alan McGee
Je ne prétends pas avoir plus de talent que les autres simplement parce que certains de mes groupes ont vendu beaucoup de disques. Ce qui s’est passé, c’est que j’ai su cerner le mainstream et ses goûts musicaux. Je ne suis pas un adepte de ces tendances, mais il se trouve que bizarrement, le fou que je suis est parvenu à les influencer.
 
Le rêve fou de cet original venu d’Ecosse ? Faire signer le plus grand groupe au monde sous son label. C’est chose faite avec Oasis, et Creation se hisse au rang de maître absolu de l’industrie musicale. L’explication que fournit Alan McGee est très laconique.
 
Alan McGee
J’ai vendu mon âme au diable.
K : Pourquoi ?
Alan : C’était une nuit de 1991. J’étais sous l’emprise de la drogue et j’ai vendu mon âme au diable.
K : Et alors tu as découvert…
Alan : Non, des années plus tard, j’ai gagné des millions. J’ai donc vendu mon âme au diable.
 
Après Oasis et son succès planétaire, les choses commencent à se gâter pour Creation Records. De plus en plus, Sony dicte sa loi. Le documentaire « Upside Down » de Danny O’Connor en parle également. Mais le réalisateur ne s’est pas contenté de faire un film sur le label : il participe au mythe et met le doigt sur l’essence même de Creation Records.
 
Danny O’Connor
Je crois que si l’épopée de Creation s’est achevée en 1999, juste avant le nouveau millénaire, ce n’est pas un hasard. Le rock n’roll est né dans les années 50 avec Elvis et a vécu une belle vie pendant 50 ans. Bien sûr, le rock existe encore, mais Creation, c’était l’outsider absolu, et d’une certaine façon, le dernier label vraiment rock.
 
Mais parfois, ceux que l’on croyait disparus renaissent de leurs cendres. Pour Alan McGee, l’époque de Creation est révolue, mais cela ne l’empêche pas de poursuivre son chemin. Depuis, il a découvert les Hives et Glasvegas. Le rock n’roll n’est pas mort.

Bonus web : interview avec Alan McGee




Trackslist

Upside Down – The Jesus & Marychain
Loaded – Primal Scream
To here knows when – My bloody Valentine
Wonderwall – Oasis

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mardi, 20 septembre 2011 à 05:00
Pas de rediffusion
(Allemagne, 2011, 52mn)
BR

Edité le : 07-09-11
Dernière mise à jour le : 16-09-11