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JOURNAL DE LA CULTURE - 27/09/06

La rentrée littéraire 2006

La France a ses traditions que la raison n'a pas. Si l'on considère la rentrée littéraire en termes quantitatifs, on peut dire qu'elle a sacrément pris du poids cette année. De mi août jusqu'à fin septembre, pas moins de 683 nouveaux romans se bousculent au portillon ! Un record. 475 romans français, 208 étrangers, 97 premiers romans. Pourquoi tant de livres ? Les dessous de la rentrée littéraire en 4 mots clés.

Voir le reportage (real video - 3mn33)

B comme Beaujolais
La rentrée littéraire, c'est un peu comme une rengaine. Après la trêve estivale, on n'a, ni le temps, ni l'argent, pour lire. Mais peu importe : septembre, c'est le mois des livres. Et vous n'y échapperez pas !

Eric Naulleau, éditeur à l' Esprit des Péninsules : « C'est un phénomène presque exclusivement français, ça n'existe pas dans d'autres pays et c'est une spécialité, presque aussi catastrophique que le beaujolais nouveau, à paris plage, à la fête de la musique et ce que je ne m'explique pas, c'est l'obstination des Français à vouloir exporter ces spécialités catastrophiques."

D comme Déjà-vu
A partir de juin, c'est déjà l'embouteillage. Libraires et critiques croulent sous les titres. Avec près de 700 ouvrages, impossible d'être exhaustif. Du coup, tout le monde suit le troupeau. Et au final, ce sont toujours les mêmes noms qui reviennent.
Alors pour éviter la routine, rien de tel qu'un auteur qui fait polémique. Pour la rentrée 2006, l'heureuse élue est ... Christine Angot. Et dire qu'on commençait déjà à s'ennuyer…

F comme Film
Cette année, un ouvrage sur sept est un premier roman. Malheureusement, très peu d'auteurs en publieront un second. Il leur faut jouer des coudes, dans une course souvent perdue d'avance.

Eric Naulleau, éditeur à l' Esprit des Péninsules : "C'est comme un film à gros budget et à costumes, vous avez des centaines de figurants qui ne sont là que pour mettre en valeur la dizaine de vedettes. Si vous êtes un écrivain, à fortiori un écrivain débutant, tout dépend si vous voulez faire partie des figurants, après tout, c'est une manière d'être dans le film mais sachez que vous ne serez jamais même pas un second rôle, vous ne serez jamais qu'une silhouette."

G comme Goncourt
Quelques titres phares, mais surtout de nombreux ouvrages voués au pilon. En réalité, la rentrée littéraire profite avant tout aux maisons d'édition.

Eric Naulleau, éditeur à l' Esprit des Péninsules : "Il s'agit d'alimenter les caisses des éditeurs, vous savez que le système littéraire repose sur un système de cavalerie, d'avance de l'argent qui est faite par les libraires aux éditeurs et puis il y a un phénomène aussi très français que sont les prix littéraires."

Des prix littéraires comme l'inoxydable prix Goncourt. A peine les livres sortis, que la première sélection est déjà sur toutes les lèvres. François Vallejo, les frères d'Arvor, Nancy Houston, et surtout Jonathan Littel avec « Les bienveillantes » : l'auteur s'y glisse dans la peau d'un SS.
A l'heure de la littérature allégée, l'écrivain américain nous livre un premier roman de 900 pages. Il l'a écrit en français, et en quatre mois. Une performance intellectuelle et physique. Et surtout, LA surprise de la rentrée littéraire. Il était temps !
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Le Journal de la culture
Lundi 18 septembre 2006

Edité le : 27-09-06
Dernière mise à jour le : 27-09-06