27/06/08
La religion populaire
C'est un syncrétisme d'animisme, de chamanisme, de croyances très anciennes dans des dieux, et surtout d'éléments du taoïsme et du bouddhisme. L'élite confucianiste tolérait la religion populaire, mais la méprisait généralement.
La plupart des Chinois ne se considèrent pas alors comme taoïstes, bouddhistes ou confucianistes, ces termes caractérisant surtout les prêtres, les moines ou les fonctionnaires, mais comme adeptes d'une "religion des dieux". Cette religion associe les principes confucéens (comme la piété filiale) avec les principes taoïstes (notamment celui d'une bonne préparation à la mort après une longue vie) et les idéaux bouddhistes (comme la récompense des bonnes actions) et compte d'innombrables dieux ou héros confucéens, taoïstes et bouddhistes divinisés qui sont vénérés.
Dans la religion populaire, les péchés contre l'ordre cosmique ou l'homme sont sanctionnés par des maladies sur terre ou des punitions dans des enfers hiérarchisés. Cette religion n'est pas uniquement pratiquée dans les temples communautaires, mais aussi dans les maisons : ainsi, on fait appel à un praticien du fengshui pour s'assurer que la maison s'harmonise avec les forces naturelles, et les femmes font des offrandes à la "Mère du Lit" afin que leurs enfants soient bien portants.
Les prêtres de la religion populaire, "Maîtres des arts magiques", chassent les démons et fêtent avec les fidèles de nombreuses fêtes tout au long de l'année. Dans les temples, souvent d'anciens lieux de culte taoïstes ou bouddhistes, ils adressent la plupart du temps leurs prières aux dieux locaux auxquels ils font des offrandes. L'empereur a certaines compétences en la matière : si les dieux de la pluie ne font pas fait pleuvoir ou si des divinités se révèlent corrompues, le fils du ciel peut les dégrader ou les supprimer.
La disparition de l'empire frappe inégalement les religions et doctrines philosophiques. Les rénovateurs républicains ferment d'innombrables lieux de culte de la religion populaire, mais respectent le confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme. Les communistes, par contre, répriment de façon de plus en plus énergique toute "superstition", bien que la liberté de religion soit inscrite dans la Constitution, transforment les temples en entrepôts, prisons ou casernes. La société industrielle, qui entraîne la disparition des grandes familles, détruit aussi le culte des ancêtres.
Récemment, Pékin a relâché quelque peu la pression sur les cultes traditionnels; les Chinois de l'étranger y consacrent beaucoup d'argent, et c'est surtout le taoïsme qui connaît actuellement un certain regain en Chine.
Edité le : 22-04-04
Dernière mise à jour le : 27-06-08