La douleur peut être brûlante, perçante, martelante, déchirante ou encore lancinante. Elle déclenche une véritable explosion de sensations pour le moins désagréables. La fonction première de la douleur est préventive. Les récepteurs de la douleur de notre organisme sont appelés nocicepteurs. Lorsqu'ils sont stimulés, ils réagissent aussitôt. En l’espace de quelques millièmes de seconde, ils transmettent, par l’intermédiaire des nerfs, un stimulus douloureux au cerveau. L’information est traitée par les différents centres nerveux du cerveau. La personne prend alors conscience de la douleur. C’est en ce sens que la douleur apporte une protection. Lorsque l’on touche par exemple une plaque chauffante, on ressent une douleur et on retire aussitôt la main.
Mais il arrive parfois que cette fonction disparaisse. En cas de douleur chronique, cette fonction est perturbée, la douleur est pratiquement devenue un phénomène indépendant. Les cellules nerveuses envoient sans cesse des signaux alors qu’il n’y a pas de stimulus. Il se crée alors ce que l’on appelle une mémoire de la douleur, le patient finit par ressentir cette douleur en permanence.
La dimension psychique de la douleur
La douleur a une dimension non seulement physique, mais aussi psychique. Dans certains cas, elle rend la personne plus forte et l’aide à s’émanciper. Mais elle peut aussi déclencher d’autres symptômes qui n’ont rien à voir avec la maladie d’origine. Ceci peut renforcer la douleur et même la rendre indépendante de sa composante physique. Pour cette raison, il est de première importance que les patients souffrant de douleurs chroniques soient suivis psychologiquement, car celles-ci déclenchent souvent des dépressions.
Une multitude de facteurs subjectifs, comme le stress, agissent sur la douleur et la sensation de douleur. Face à ce phénomène, les médecins et l’entourage du malade sont souvent impuissants. La situation s’avère particulièrement difficile lorsque les victimes de douleurs chroniques sont des enfants. Les enfants ont du mal à se représenter la douleur. Pourtant, ils souffrent autant que les adultes. Il leur faut, eux aussi, apprendre à gérer leurs souffrances. Pour cela, il est indispensable que leurs parents sachent reconnaître les premiers symptômes d’une maladie douloureuse. Par manque d’information, de nombreux parents essaient de combattre les douleurs de leur enfant en utilisant des médicaments un peu au hasard. Parfois ces douleurs ne sont pas prises au sérieux.
Aucune espoir de guérisonPour la plupart des patients atteints de douleurs chroniques, il n’y a, malheureusement, aucun espoir de guérison. L'objectif des médecins est d’arriver à soulager la douleur et à améliorer la qualité de vie des patients. Il est quasiment impossible de guérir les douleurs chroniques car les modifications neuronales sont beaucoup trop importantes.
Des méthodes alternatives comme la neurostimulation électrique transcutanée peuvent aider à soulager les patients. Cette méthode active les mécanismes internes d’inhibition de la douleur. Des électrodes placées sur la peau excitent les neurones qui inhibent la douleur. Mais cette thérapie ne remplace en rien les médicaments. Beaucoup de médecins rechignent, par principe, à prescrire des médicaments opiacés à leurs patients car ceux-ci souffrent, aujourd’hui encore, d’une mauvaise réputation.
La morphine et les opiacés n’agissent pas que sur le système nerveux central. En plus de leur effet antalgique, les opiacés peuvent avoir quelques effets secondaires qui vont d’une simple fatigue à des problèmes de constipation. Le médecin et le patient doivent donc peser ensemble le pour et le contre avant de commencer tout traitement. Les spécialistes comme Burkhard Schappert déplorent, malgré tout, que trop peu de patients soient traités avec des antalgiques efficaces: "Lorsqu’on compare le nombre de patients souffrant de douleurs chroniques au nombre d’antalgiques prescrits, on voit bien que de nombreuses personnes sont mal prises en charge, tout ça parce que nous n’utilisons pas les traitements adéquats."
Les patients ne doivent pas avoir honte de parler de leur maladie. Il est indispensable de se montrer honnête, car l’analyse subjective de la douleur est une condition essentielle au succès du traitement. Un environnement familial chaleureux et aimant est également déterminant dans la réussite du traitement. Les marques de solidarité et le soutien de la famille peuvent aider à éloigner la douleur.
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HIPPOCRATE - Magazine de santé
Mercredi 27 septembre à 12h05
Rediffusion du 25 octobre 2005
Rédactrice en chef : Heidemarie Petters Une coproduction ZDF -ARTE G.E.I.E.






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