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03/10/06

La dépression

La dépression est une maladie grave qui peut frapper n’importe qui. Grâce à un diagnostic précoce et à un traitement adapté, les patients dépressifs peuvent retrouver goût à la vie.

Symptômes et évolution
Les causes de la dépression sont aussi multiples que ses manifestations. La maladie évolue généralement par phases de plusieurs mois, voire de plusieurs années, dont le dépressif a le plus grand mal à se sortir sans aide extérieure. Etats de tristesse ou d’apathie, troubles physiques tels que l’insomnie ou la paralysie presque totale d’un ou de plusieurs membres, l’éventail des symptômes est large. Nombre de dépressifs souffrent aussi de troubles digestifs, ou n’ont plus d’appétit et perdent rapidement du poids.
La dépression se manifeste de manière organique dans le cerveau. La baisse de moral, la fatigue, le sentiment de culpabilité et tous les autres symptômes psychiques sont dus à une altération de la communication entre les neurones du cerveau. Les neurotransmetteurs permettent de transmettre l’information d’une cellule nerveuse à l’autre. Chez les personnes dépressives, il y a un déficit en neurotransmetteurs, principalement en sérotonine et en noradrénaline. La cause reste encore inconnue.


Formes de dépression
On parle de dépression unipolaire lorsque le patient est uniquement dépressif. Mais de nombreux patients souffrent de troubles bipolaires. Les périodes de prostration et de mélancolie alternent avec des phases d’euphorie. On parle alors d’épisodes maniaco-dépressifs. Lors des longues phases dépressives qui suivent les épisodes maniaques, il y a un gros risque que les patients baissent les bras et ne trouvent plus aucun sens à leur vie.
Une autre forme de dépression très courante, c’est celle du patient âgé. Elle touche principalement les personnes atteignant l’âge de la retraite. Avec la perte de leur emploi, certains se retrouvent souvent au fond du gouffre.
Les femmes sont deux fois plus touchées par la dépression que les hommes. Il est vrai qu’elles acceptent plus facilement de parler de leurs problèmes. Elles sont donc plus fréquemment diagnostiquées comme dépressives. Mais cette différence s’explique aussi en partie par un dérèglement hormonal, notamment au moment de la ménopause. Les traitements médicamenteux permettent de diminuer les symptômes.

La dépression reste encore mal dépistée
Le centre hospitalier René Dubos de Pontoise, en région parisienne, fait partie de "l’alliance européenne contre la dépression", un programme de lutte contre cette terrible maladie. 16 états européens sont représentés au sein de cette alliance. Les besoins sont criants. Selon une étude effectuée à l’échelle européenne, environ 7 % des Européens souffriraient de maladies dépressives nécessitant un traitement.

La dépression nuit plus que toute autre maladie à la qualité de vie du patient. Elle conduit dans de nombreux cas au suicide. Environ un tiers des personnes souffrant de dépression majeure tentent de mettre fin à leurs jours. C’est la raison pour laquelle l’alliance contre la dépression a mis en place un numéro d’urgence pour les patients suicidaires. Le fort taux de suicide est révélateur de carences en matière de diagnostic et de traitement de la dépression. Cela s’explique par l’attitude pessimiste et apathique des patients eux-mêmes, mais aussi par le manque de connaissances des médecins.

Le regard de la société
Encore faut-il que les personnes dépressives acceptent de se rendre chez le médecin. Le regard de la société sur la dépression pose aujourd’hui encore un sérieux problème. Elle est souvent assimilée à un "laisser aller".

Un exemple célèbre : le peintre Vincent van Gogh. Il semblerait qu’il ait souffert de dépression dès l’enfance. En 1890, il vient s’installer à Auvers-sur-Oise, sous la surveillance du médecin et amateur d’art Paul Gachet. Ce dernier ne parvient pas à le libérer de sa dépression qui ne cesse d’empirer. Le 27 juillet 1890, van Gogh se tire un coup de revolver dans la poitrine. Il succombera 2 jours plus tard des suites de ses blessures. Il est enterré à Auvers-sur-Oise, aux côtés de son frère Theo.

Les personnes souffrant de dépression ont souvent une perception modifiée du monde qui les entoure. Les pensées négatives prédominent. Cela peut se manifester de différentes manières. Certains patients souffrent de fatigue extrême. D’autres développent un comportement agressif, comme cela a été le cas pour le magasinier Marc Goerigk, victime de harcèlement sur son lieu de travail: "Je ramenais tout mon stress à la maison. Ma femme me faisait souvent remarquer que je lui répondais de manière virulente et que j’étais devenu agressif. Quand j’y repense, je n’ai rien vu venir. Mais ça a été un tournant décisif pour moi. J’ai compris que j’avais besoin d’aide." Marc présentait les symptômes classiques de la maladie, comme des troubles du sommeil, un réveil précoce, une perte d’appétit, une baisse de la libido et un manque de tonus.


Thérapies
Les stratégies de lutte contre la dépression varient en fonction de la gravité de la situation. Les gens ont souvent besoin de faire un séjour prolongé à l’hôpital avant de pouvoir reprendre pied dans la vie de tous les jours. Il faut redonner aux patients le goût de vivre et parfois, aussi, les libérer de leur agressivité.

Seuls 10 % des personnes dépressives reçoivent un traitement vraiment adapté. Parmi les thérapies les plus reconnues, on trouve les thérapies comportementales, les psychothérapies et les thérapies de relaxation. Mais ce ne sont que des traitements auxiliares. Les médicaments restent le principal traitement de la dépression. Chez les personnes dépressives, il y a un déficit en neurotransmetteurs, principalement en sérotonine et en noradrénaline. Les médicaments tels que les antidépresseurs permettent d’augmenter les apports de neurotransmetteurs au cerveau. Le cerveau fonctionne à nouveau correctement et les symptômes de la maladie finissent par disparaître. Les antidépresseurs permettent de stabiliser l’état du patient pendant plusieurs années. Il se peut même que le patient ne retombe jamais malade. Mais certaines personnes doivent vivre avec cette maladie toute leur vie. On estime que cela concerne au maximum 15 % des patients.

Chez les personnes dépressives, la pensée et les actes sont souvent étroitement liés. Les dépressifs sont souvent une charge pour leur entourage. Ils en sont du moins persuadés. Il est donc essentiel que les patients prennent conscience de leurs idées noires et apprennent à les maîtriser. A l’aide d’un système de biofeedback, fonctionnant de la même façon qu’un détecteur de mensonges, il est possible de mesurer certaines réactions corporelles du patient que peuvent induire des changements d’humeur ou des sentiments douloureux. On mesure notamment la tension artérielle et la transpiration du patient. Ce dernier visualise les informations directement sur l’écran d’ordinateur.

La plupart des gens ont du mal à imaginer qu’une maladie psychique puisse être aussi grave qu’une maladie physique. De nombreux dépressifs n’osent pas consulter un spécialiste. Les groupes de soutien peuvent donc s’avérer un excellent compromis lorsque les patients sont trop intimidés pour s’adresser à un médecin. Ici, les malades réalisent qu’ils ne sont pas les seuls dans cette situation, que d’autres personnes traversent les mêmes épreuves qu’eux.


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HIPPOCRATE - Magazine de santé
Mardi 10 octobre 2006 à 14h00
Rediffusion du 08 novembre 2005
Rédactrice en chef : Heidemarie Petters Une coproduction ZDF -ARTE G.E.I.E.

Edité le : 03-11-05
Dernière mise à jour le : 03-10-06