Taille du texte: + -
Accueil > Monde > ARTE Journal

ARTE Journal

Le journal de l'actualité européenne

> > France : La conférence sociale

ARTE Journal - 11/07/12

La conférence sociale

La grande messe sociale


"Opération de communication par excellence" : c'est en ces termes que Christian Jacob, le Président du groupe UMP à l'Assemblée, a qualifié la conférence sociale du gouvernement.

Previous imageNext image
Deux jours de discussions, 350 personnes invitées, François Hollande aime le dialogue social car il veut résoudre la crise par le dialogue et le compromis avec les partenaires sociaux. Tel un grand prêtre, le président veut "Introduire la culture de négociation" en France et la graver dans le marbre de notre Constitution. Bon, vous l'avez compris, François Hollande veut encore une fois montrer la rupture avec Nicolas Sarkozy qui voulait contourner les corps intermédiaires et agir dans l'urgence. Réfléchir pour mieux agir - cela pourrait être la maxime fétiche de ce grand raout social.

Des mots et des actes
Le but principal de cette réunion est de faire repartir économiquement le pays avec les recettes des socialistes. La première journée de débats, organisés en sept tables rondes et axés sur les principaux défis à relever en cette période de crise - emploi, redressement économique, protection sociale - ont permis de dresser des "constats". Mais après la synthèse, gouvernement, syndicats et patronat sont entrés dans le dur des propositions aujourd'hui.

Protection sociale
L'une des pistes explorées, à travers la réforme du financement de la protection sociale, est d'alléger les charges des entreprises en transférant une partie du coût sur la CSG.
Le gouvernement qui a déjà affirmé son opposition à toute hausse de la TVA et a décidé de revenir sur la TVA sociale, n'exclut pas une hausse de la CSG, dont l'assiette outre les salaires repose aussi sur les revenus du capital.
A droite, on tire a boulets rouges : l'ancien ministre UMP Laurent Wauquiez a qualifié de "criminelle" une augmentation de la CSG. Pour l'ancien ministre du Travail, Xavier Bertrand, ce serait une "erreur sans pareil". A ses yeux, la conférence sociale a pour "vocation" de "faire avaler la pilule" de cette augmentation de la CSG.

La liste de Hollande
Cette seconde journée a lancé les premiers chantiers de réformes sociales, avec en tête l'emploi, les licenciements boursiers et des retraites, qui feront l'objet de négociations rapides entre partenaires sociaux.

  • Une "négociation" aura lieu en septembre sur le contrat de génération - idée phare du candidat François Hollande destinée à créer un tutorat junior/senior -- avec pour objectif leur mise en place en 2013.
  • Une réforme des licenciements économiques dits "boursiers" est envisagée La CGT demande leur redéfinition par une loi tandis que le Medef espère éviter toute législation.
  • Le consensus est plus grand sur la limitation des rémunérations des dirigeants dans le privé: le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a fait état de "convergences" pour limiter, voire interdire certains salaires "excessifs".
  • Enfin, une négociation sur la qualité de vie au travail et l'égalité professionnelle s'ouvrira le 21 septembre. Elle abordera notamment la question du temps partiel, le plus souvent subi par les femmes.

L'ensemble de ces décisions devrait être confirmé mardi après-midi par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, qui présentera la synthèse des deux jours de travaux de cette conférence sociale.

Marc-Antoine Valverde pour ARTE Journal

Interview de Baptiste Talbot (CGT)


Les syndicats sont bien sûr les invités de choix de cette conférence sociale. Autour de la table ils essaient de pousser le gouvernement à prendre des mesures favorables aux salariés. Baptiste Talbot pour la CGT a particpé aux tables rondes sur la fonction publique. Il répond aux questions d'ARTE Journal :


Marc-Antoine Valverde pour ARTE Journal : qu'est ce qui a changé avec François Hollande ?



Transcription
Il y a la volonté affichée avant de prendre des décisions qu'il y a un vrai dialogue social. Ce qui n'était pas toujours le cas dans la période précédente. Il y a eu soit des mesures unilatérales sans dialogue sociale, ou des mesures prises sans que l'on puisse intervenir sur le contenu. Ça c'est l'état d'esprit général, on trouve plutôt bien qu'il y ait le temps qui soit pris pour restaurer un dialogue serein avec les organisations syndicales.


Concrètement qu'est-ce que vous voulez ?



Transcription
Nous il y a un certains nombres de mesures symboliques et fortes que nous attendions. La suppression du jour de carence pour les fonctionnaires. Un dégel du point d'indice on avait des propositions en chiffrage, mais on voulait que le gouvernement fasse une annonce au moins sur le principe du dégel du point d'indice. Sur ca on sort aujourd'hui sans réponse, ni sur le jour de carence ni sur le point d'indice.


Vous êtes satisfait de cette réunion ?



Transcription
Sur le secteur privé il y a un certain nombre d'annonces qui ont été faites sur lesquelles la CGT pour un certain nombre porte une appréciation positive. S'agissant de la table ronde sur le service public et fonction publique on a quand même un calendrier de négociation. On a quand même obtenu l'abrogation de mesures que nous combattions sous Sarkozy. On a un calendrier de négociation sur des sujets importants sur lesquels nous voulons discuter. Mais on attendait des mesures fortes marquant le changement, en particulier sur les questions de rémunération ou du jour de carence pour les fonctionnaires. On n'a pas aujourd'hui de concret de ce point de vue. En vérité il y a un véritable carcan financier. Qui est mis en place au niveau des finances publiques.et nous on pense que si on veut changer de politique sur certains nombre de sujet il va falloir mettre les moyens.


Vous préférez négocier avec un gouvernement de gauche ou ce n'est pas forcément plus facile ?



Transcription
Nous on veut négocier avec un gouvernement qui met les moyens pour obtenir des résultats, qui répond aux attentes des salariés. On a aujourd'hui un calendrier, on a des déclarations de bonnes intentions, on a une grosse inquiétude sur les moyens qui vont permettre de changer la donne.et on reste à ce stade sur notre faim en terme de mesures concrètes.

Y aura-t-il des suppressions d'emplois dans la fonction publique ?



Transcription
Le gouvernement a été très clair : il y aura 60000 créations d'emplois dans les secteurs prioritaires. Mais a effectif totaux constant ce qui suppose des suppressions de postes dans les ministères non prioritaire. Nous une de nos crainte c'est que l'on supprime des emplois dans des ministères qui ont beaucoup souffert ces dernières années. L'autre problème est sur le financement de la sécurité sociale, sur les hôpitaux, sur les collectivités locales car il y a une véritable politique d'austérité et dans ces deux secteurs on va avoir une situation tendue sur l'emploi.

Le gouvernement parle d'augmenter la CSG.



Transcription
Nous sommes très dubitatifs sur ces sujets-là. Nous nous sommes favorables à ce que la protection sociale reste financée par le travail et par l'emploi.

à voir aussi :

Edité le : 10-07-12
Dernière mise à jour le : 11-07-12