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Hors des âges et pourtant élégamment contemporain, le lycée redevient sous l’œil de Christophe Honoré le lieu de la parade mélancolique. Interview exclusive

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Actualité DVD - 24/03/09

La Solelad

Un film de Jaime Rosales


( note Arte: 3 ) Une œuvre contemporaine bâtie en blocs imposants de mélancolie ibère.

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Synopsis : Récit croisés de deux destins urbains : Adela a décidé de commencer une nouvelle vie. Elle quitte sa petite ville de province pour s’installer à Madrid avec son bébé. Malgré les difficultés qu’implique un tel changement, elle trouve un travail et noue de nouvelles amitiés. C’est alors qu’un évènement dramatique brise sa vie. Antonia est propriétaire d’un petit supermarché à Madrid. Elle mène une vie tranquille, entourée de son compagnon et de ses trois filles. La paix familiale se disloque lorsque sa fille aînée lui demande de l’argent pour s’acheter un appartement.

La Solelad
Un film de Jaime Rosales
(2007, Espagne, 2h15)
Avec Sonia Almarcha, Petra Martinez, Miriam Correa, Nuria Mencia…
Un film BODEGA films

Critique : Depuis son premier long métrage, le très estimé « Les Heures du jour » (2003), Jaime Rosales est présenté comme le champion de la mélancolie ibère et laconique, ainsi que le porteur à lui tout seul du renouveau du cinéma d’auteur de son pays. Une tâche écrasante qu’il contrebalance par son nouveau projet, tout aussi terrassant de déréliction moderne figurée par les poses interdites des protagonistes, embarrassés ou littéralement cloués par leur tristesse.

Rosales a nourrit « La Solelad » (la solitude) des principaux sujets de discorde espagnols, voire de ses traumatismes : l’exode rural toujours d’actualité, les attentats survenus à Madrid ou encore la présence récurrente des enfants trentenaires dans l’appartement familial. Il nourrit un regard impitoyable mais pas forcément moraliste sur l’argent, qui sape évidemment les relations et détruit lentement mais sûrement le frêle équilibre domestique. La particularité de sa mise en scène consiste en l’utilisation renouvelée du split screen (ou polyvision selon le terme favorisé par Jaime Rosales) qui sépare les actions et les gens. Mais plus que le scindement, c’est l’idée de la distance qui est ici en jeu, lorsque le morcellement de l’écran en son milieu éloigne encore davantage chaque protagoniste au lieu de rassembler les gestes de chacun au sein d’un même format scope.

Le dispositif formel ne bride pas l’indéniable crédibilité des situations, par ailleurs revendiquée et semble-t-il longuement travaillée. A ce titre, la disparition soudaine d’un des personnage principaux parvient même à inviter le spectateur à se dire, dans ce moment où il devrait être pour le moins interdit : « oui, sans doute, lorsqu’on trépasse, ça doit ressembler la plupart du temps à ça, à un après-midi calme, entre deux tâches domestiques, au son diffus de la rue qui provient de la fenêtre entrebâillée ». Pour réussir cela, il faut être plus qu’un formaliste secondé par un bon cadreur. Cette construction qu’on peut juger artificielle révèle d’ailleurs sa légitimité et sa teneur incontestable, au fur et à mesure d’un film dont la durée est finalement le meilleur allié.

Julien Welter

  • Les compléments du DVD :
    - 5 scènes coupées (13m.) avec commentaire de Jaime Rosales
    - Entretien avec Jaime Rosales (30 m.)
    - Entretiens avec l'équipe du film (34 m.)
    - Bande-annonce


Edité le : 24-03-09
Dernière mise à jour le : 24-03-09