C’est à Florence, naturellement qu’a pris place (du 21 octobre au 7 janvier 2009) l’exposition "Rinascimento virtuale", entièrement consacrée à l’esthétique des mondes virtuels, Second Life pour objet, dont les plus célèbres avatars épinglés au musée d’histoire naturelle ont côtoyé aux côtés des créations du plasticien peintre et sculpteur niçois Moya (voir notre interview)- à qui une salle entière était consacrée -, des vestiges de la préhistoires. Le commissaire Mario Gerosa, auteur de trois essais sur le sujet et rédacteur en chef de la revue AD à Milan (Architectural Digest Italy) étudie et expose là un ‘phénomène culturel sans précédent’ dont l’esthétique relationnelle dépasse un graphisme ultranaïf, hyperformaliste, ou post-kitsch assumé, annonçant au delà du Web 2.0, une véritable révolution populaire en art, qu’il qualifie de Renaissance virtuelle.
Cyber-visionnaires
C'est dans le cadre du festival de la creativité sur le thème de “Visions, Voyages and Discoveries”, réunissant plus de 300 000 visiteurs que s’est inscrite, en Toscane, l’exposition mise en œuvre par Mario Gerosa : la première d’une telle envergure avec 150 exposants et 1200 œuvres reproduites sur écrans vidéo ou sur toiles géantes : une infime partie de l’iceberg si l’on considère les 14 millions d’avatars inscrits dans Second life, héritiers des trop pionniers fondateurs du « Deuxième monde » mis en œuvre par Cryo Interactive Entertainment et Canal + en 1997, ou de l’île communautaire de Banja crée quelques années plus tard par l’équipe de Chman à Lille. « Les résidents des mondes virtuels du XXIe suivent parfois la grande tradition du roman du XIXe, argumente le commissaire en préface de l’exposition, car ils sont bâtisseurs de mondes, tout comme leurs prédécesseurs. La seule différence est que les premiers étaient des visionnaires qui s'exprimaient par la littérature, les autres utilisent l'imagination visuelle, créant des mondes à regarder plutôt qu'à lire. »
Auteur d’une publication récente "Rinascimento virtuale" (Meltemi, 2008) dont s’inspire le titre de l’exposition, Gerosa est convaincu qu’une reconnaissance par la critique de ces nouvelles formes artistiques générées sur le web doit passer par le monde réel et la mise en place d’une nomenclature stylistique. Alors que le débat ne fait que commencer et en dépit d’une légitimité artistique, certaines galeries et collectionneurs auraient déjà fait l’acquisition d’œuvres estimées à près de 7000 dollars : buzz inflationniste ou flaire de collectionneur ? L’avenir nous le dira.
>> Interview de Mario Gerosa
Note sur Second life
Second life est une communauté virtuelle internationale en 3D sur le web dont les internautes créent eux même leurs personnage (avatar) et l’environnement. Il ne suffit cependant pas de détenir les moyens de production adéquates ni d’avoir un sens créatif pour créer son espace sur Second life : le prix du terrain se monnaye en Linden dollars, du nom de l’entreprise californienne Linden Lab qui l’a créé, en 2003. Cependant les contre-coups de la crise financière, ont ramené en décembre 2008 le prix du mètre carré sur second Life à 1,98 Linden $ soit 1 cent, alors qu’il atteignait un pic de 12, 06 Linden dollars soit 7 cents en janvier 2007. Plus d’une vingtaine de grandes banques et entreprises dont BNP-Paris Bas, Le crédit Agricole, IBM, Nike, Coca-cola, ont créé un siège social dans second life, au même titre que des associations comme Le cube ou La revue MCD y créent des événements. D’autres communautés telles que Habbo Hotel, Imvu, Stardoll ou Neopets, ont également bénéficié d'un engouement sur le net en 2007.L'exposition
"Rinascimento virtuale"du 21 octobre 2008 au 07 janvier 2009
au Musée d’Histoire Naturelle de l'université de Florence
Florence - Italie
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