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Actualité Cinéma

Pour ceux qui aiment les macarons… (ou les costumes ou Michelle Pfeiffer)

Actualité Cinéma

04/09/02

La Cage

Sortie cinéma du 4 septembre 2002;

La Cage
D’Alain Raoust
(France, 2002, 1h41)
Avec Caroline Ducey, Roger Souza…
Compétition

Synopsis
Anne n’a que vingt-cinq ans, mais elle vient pourtant de passer sept années en prison pour un meurtre commis alors qu’elle était encore mineure. Si elle se trouve aujourd’hui libre vis-à-vis de la législation pénale, elle n’en est pas moins sanglée à son dramatique passé. Avare de mots et farouchement indépendante, elle sait qu’il lui faut accomplir par elle-même sa « deuxième » libération : elle a la conviction qu’elle doit parvenir physiquement jusqu’aux racine du drame afin de tenter de l’exorciser. Là-bas, il y a des montagnes à franchir, et surtout un homme à affronter.

Critique
Ce premier film d’Alain Raoust, auteur remarqué pour son travail sur le format court (en particulier pour « Muette est la girouette » en 1995), marie intelligemment la patience et le laconisme liés au parcours énigmatique de son héroïne à une mise en scène qui se déploie dans la durée et l’attente, un dispositif qui permet à l’histoire de trouver le moment opportun pour bifurquer. Livrant peu d’éléments au début, tout comme le visage d’Anne (Caroline Ducey) demeure fermé pendant la première moitié du film, le film se nourrit de ses rencontres et afin de révéler son personnage avec un souci d’authenticité qui ne doit jamais se faire artificiel ou grossier, sans pour autant paraître prude : Tout d’abord par deux dialogues secs entre Anne et une juge puis un patron, affirmant sa détermination à assumer ce qu’elle est. Deux autres dialogues suivent ensuite, l’un avec sa mère et l’autre avec un vieil homme que la jeune femme croise sur son chemin, précisant alors cette détermination, mais avec moins de violence et plus d’émotion. Entre temps, le chemin physiquement parcouru (de la plaine à la montagne) s’est mis au diapason de l’effort humain et comportemental accompli par l’héroïne. Basé sur l’expression faciale et les silences parlants où la sensation et l’affect priment sur l’explication intellectuelle, « La Cage » doit énormément à son actrice principale Caroline Ducey (aperçue dans « Romance » de Catherine Breillat et « Carrément à l’Ouest » de Jacques Doillon), qui épaule remarquablement un réalisateur dont le sens de l’économie ne rime jamais avec la demi-mesure.

Julien Welter

Edité le : 20-04-04
Dernière mise à jour le : 04-09-02