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Hors des âges et pourtant élégamment contemporain, le lycée redevient sous l’œil de Christophe Honoré le lieu de la parade mélancolique. Interview exclusive

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Actualité DVD - 02/09/09

La Belle personne

Un film de Christophe Honoré


( note Arte: 4 ) Hors des âges et pourtant élégamment contemporain, le lycée redevient sous l’œil de Christophe Honoré le lieu de la parade mélancolique.

  • Interview de Christophe Honoré (réalisateur) - partie 1 - entretien : Olivier Bombarda
  • Interview de Christophe Honoré (réalisateur) - partie 2 - entretien : Olivier Bombarda
  • Interview de Léa Seydoux (actrice) par Olivier Bombarda
  • Interviews de Grégoire Leprince-Ringuet (acteur) par Olivier Bombarda

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Synopsis : Junie (Léa Seydoux), seize ans, change de lycée en cours d’année suite à la mort de sa mère. Elle intègre une nouvelle classe dont fait partie son cousin Mathias. Il devient son ambassadeur auprès de sa bande d’amis. Junie est vite courtisée par les garçons du groupe, elle consent à devenir la fiancée du plus calme d’entre eux, Otto (Grégoire Leprince-Ringuet). Mais bientôt, elle sera confrontée au grand amour, celui de Nemours (Louis Garrel), son professeur d’italien. La passion qui naît entre eux sera vouée à l’échec. Ne voulant pas céder à ses sentiments, Junie s’obstine à refuser le bonheur, car il n’est à ses yeux qu’une illusion.


Critique : « La Belle personne » n’est pas une adaptation stricte du roman « La Princesse de Clèves » de Madame de Lafayette. Le réalisateur des « Chansons d’amour » (2007) l’a transposé lui et sa cour monarchique, dans celle d’un lycée du seizième arrondissant quelque part entre la rue de la Pompe et la station de métro Ranelagh, mais sans pour autant s’attarder à en préciser la localisation. Christophe Honoré estime venir de l’âge d’avant, lorsque les élèves de sa génération pensaient que la mode avait disparu, et il s’intéresse dans son nouveau film à une frange contemporaine de la jeunesse où il décèle apparemment un supplément d’élaboration dans le jeu amoureux et la recherche des préférences. Hors de l’établissement scolaire, sa vision de Paris est d’ailleurs subjective, construite comme un jeu de l’oie : on avance de trois cases jusqu’à l’entrée du domicile d’un ami, on recule de deux pour rejoindre le café afin d’en retrouver un autre. Professeurs et futurs bacheliers finissent souvent sur des bancs, près du bac à sable, et ce n’est pas seulement un hommage à la scène finale de « Baisers volés » (1968).

La Belle personne
(2008, France, 1h35)
Un film de Christophe Honoré
Avec Léa Seydoux, Louis Garrel, Grégoire Leprince-Ringuet…
Une Coproduction Arte France
Un DVD TF1 vidéo
De retour entre les murs du lycée, la cour en est bien une. Pas tant pour le style et la parade que pour cette façon dont les occupants du lieu cultivent une logique qui leur est propre, un peu secrète et attirante, une sorte de club où celui qui n’en fait pas partie et voudrait y entrer ne sait pas comment procéder. Là, et dans la salle de classe, Honoré excelle vraiment, lorsque sa mise en scène suit la plume jadis tenue par Madame de Lafayette : les subtilités et les incertitudes de la seconde sont relayés par la première, ils figurent un monde à part, entre anachronisme et contemporanéité. Nonobstant les carences budgétaires du système scolaire (même dans le seizième !), l’exhibition d’un électrophone en salle de classe étonne toujours, surtout lorsqu’un téléphone portable joue un rôle essentiel dans la scène suivante. L’utilisation des chansons de Nick Drake, le barde endormi de Tamworth-in-Arden, étonne encore davantage. Exploitées si souvent ailleurs et connues désormais du plus grand nombre, elles continuent d’opérer ici de manière connivente, sont à nouveau cette voix confidente de l’action amoureuse des jeunes protagonistes. Drake était autrefois un secret qu’on partage, il le redevient pour ceux que regardent Honoré : « Le lycée leur offre des possibilités de liens et de rencontres qu’ils ne connaîtront plus ensuite ». Pour lui, les adolescents irrésolus ont vraiment l’embarras du choix.

Julien Welter
  • Complément du DVD :
    "Hotel Kuntz", court-métrage de Christophe Honoré
    (2008 - 15')

> Lire l'entretien avec Christophe Honoré

Edité le : 24-03-09
Dernière mise à jour le : 02-09-09