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Cinéma TRASH - 09/09/12

La 4ème édition du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg

(Du 11 au 18 septembre 2011 aux cinémas Star)


Palmarès et impressions du 4e Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg.

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Longs métrages

Le jury de la quatrième édition du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg, le FEFFS, présidé par George A. Romero, a décerné son tout premier Prix international à « The Woman » de l’Américain Lucky McKee. Ce même film a été plébiscité par les spectateurs, il repart donc également avec le Prix du public. Le Méliès d’argent, prix couronnant la compétition européenne, est allé à « Hideaways » de la Française Agnès Merlet.  Mention spéciale du jury pour « Vampire » de Shunji Iwai. Les autres membres du jury étaient l'auteur de comics Ben Templesmith et l’historien et critique de cinéma Jean-Baptiste Thoret.

Courts métrages

Le Prix international (décerné par un jury local) est allé à « Bear » de Nash Edgerton et le Méliès d’argent à « La femme à cordes » de Vladimir Mavounia-Kouka (co-production ARTE). Le public et le jury jeune se sont rejoints sur «  The Legend of Beaver Dam » de Jerome Sable.

Européen, hier, aujourd’hui et demain

D’année en année, le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg prend de l’envergure. Six films en compétition lors de la première édition, sept la seconde, neuf la troisième. Et onze la quatrième, dont sept européens : au départ ils l’étaient tous, mais cette année la compétition s’est ouverte à l’international, et le Poulpe d’Or, prix des débuts remplacé l’an passé par le Méliès d’argent, a ainsi refait son apparition. Signalons au passage que le FEFFS, 9e membre affilié à la Fédération Européenne des Festivals du Film Fantastique, s’est tout de suite distingué : le premier film sélectionné par Strasbourg, « Buried » de Rodrigo Cortés a directement décroché le Méliès d’or 2010 ! Parenthèse fermée, revenons-en à cette compétition internationale qui mène à la question de l’intitulé du festival : restera-t-il « Européen » ? Ou deviendra-t-il le Festival International du Film Fantastique de Strasbourg ? Pour Daniel Cohen, son directeur artistique, il n’y a pas lieu de changer. Il explique que, d’une part le titre « Festival International du Film Fantastique » est, en France, une marque déposée et que d’autre part, le FEFFS communique sous ce nom depuis maintenant quatre ans : l'abandonner serait prendre le risque de perdre une partie des acquis pour lesquels l’équipe a travaillé si dur, sans compter que l’ancrage européen reste majoritaire. Par ailleurs, pas question de s’interdire la sélection de films venus de plus loin. Les pointilleux devront s’en accommoder !

La compétition

Le fait que le premier Prix international soit allé à « The Woman » de Lucky McKee aidera à faire passer la pilule : l’ovation qui lui a été réservé le soir de la cérémonie de clôture n’en finissait plus... La femme du titre est une créature primitive capturée par un père de famille « civilisé » : la situation de départ, les choix de mise en scène, la « morale », tout est tellement sur le fil, si dangereusement près de sombrer dans le ridicule que ça en devient terriblement excitant. On espère que « The Woman » aura droit à une sortie en salle. « Vampire » de Shunji Iwai est également intrigant. Jean-Baptiste Thoret l’a souligné au moment de lui remettre une mention spéciale, sa filiation avec le « Martin » de Romero n’est pas le moindre de ses charmes. Ce jeune homme qui se prend pour un vampire (qui est un vampire ?) reste attachant malgré ses exactions, le film, lui, s’enlise dans sa durée et son incapacité à finir une bonne fois pour toute, mais ce n'est pas si grave. « Kill list » de Ben Weathley manque aussi son final, mais de manière plus spectaculaire : dommage car tout le travail de mise en place et de progression avançait terriblement bien avant ce sabotage… « Hideaways » d’Agnès Merlet : encore un film qui commence bien et qui s’égare un peu, ou plutôt qui s’essouffle. Mais cette réaction au syndrome « Twillight » reste néanmoins séduisante. « Le petit Poucet », réalisé par Marina de Van pour la collection de contes initiée par ARTE (diffusion de cet opus-ci début 2012) fait également partie des films qui sortent du lot : ce n’est pas toujours complètement maîtrisé, notamment au niveau de la direction d’acteur, le propos est peut-être un peu trop appuyé, mais là comme dans « The Woman », il y a des prises de risque qui rendent l’entreprise hautement estimable –et puis l’ogre Denis Lavant est formidable. On a déjà dit la sympathie qu’on éprouvait pour le « Saint » de Dick Maas à l’occasion de son passage au NIFFF. « Stake Land » de Jim Mickle, autre film déjà multi programmé en festivals, reste toujours aussi anecdotique ; dans la veine « épidémie », on lui préfère le naturalisme désordonné et l’humour de « Harold’s Going Stiff » de Keith Wright. « Kidnappés » de Miguel Angel Vivas est fidèle à son titre : protagonistes et spectateurs se retrouvent pareillement otages d’un exercice de style au final assez pénible –mais quelque part, c’est le but alors tout va bien, non ? Exsangue : tel est le premier qualificatif venu à l’esprit au sortir de « Livide » du tandem Alexandre Bustillo, Julien Maury. Comment tant de références, de citations peuvent aboutir à un tel vide ? Cela dit, le public était plutôt réceptif et puis visuellement ça se tient tout à fait. Un joli squelette. Cette pente descendante s’achève avec « Kalevet » d'Aharon Keshales et Navot Papushado, annoncé comme le premier film d’horreur Israélien : si la façon dont les réalisateurs traitent leurs personnages et agencent leur récit n’était pas si cynique et désinvolte, on serrait juste embarrassé par ce bête jeu de massacre en forêt, mais en l’état c’est franchement déplaisant -malgré le plaisir qu'il y a toujours à retrouver le comédien Lior Ashkenazi au générique.

Fin et suite

Tout ce que « Kalevet » rate, le film de clôture, « Tucker & Dale fightent le mal » d'Eli Craig, le réussit… Drôle, généreuse et terriblement futée, cette comédie montre les ravages que peuvent produire les préjugés entre, par exemple, bouseux et étudiants friqués. C’est aussi sanglant que réjouissant ! Une belle manière de terminer ces presque dix jours de festivités où il y avait également, on n’en a pas parlé, des séances de minuit, des séances spéciales, des rétrospectives (toute la série des Zombies de George Romero, un hommage à Tod Browning et un focus sur les Krimis adaptés dEdgar Wallace), des concerts, des rencontres, des expositions, etc. Mais voilà, c'est terminé... Ceci dit, la cinquième édition s’annonce sous les meilleurs auspices : la Ville de Strasbourg semble vouloir apporter son soutien au développement du festival et, surtout, le public est désormais fidèle à ce rendez-vous. Alors à l'année prochaine !

  • NB : En attendant la prochaine édition, le festival s'est associé avec le Musée d'Art Moderne et Contemporain de Strasbourg et les cinémas Star pour une programmation spéciale dans le cadre de l'exposition "L'Europe des esprits" (du 8 octobre 2011 au 12 février 2012).


à consulter aussi

 

Remerciements particuliers à Consuelo Holtzer, Tamara Lotz et Hugues Barbier pour les traductions, ainsi qu'à Daniel Cohen et à tous les épatants bénévoles du FEFFS.


Jenny Ulrich

Edité le : 12-09-11
Dernière mise à jour le : 09-09-12