Alors qu'il est au pouvoir depuis 2000, sa candidature crée pourtant un véritable malaise dans ce pays d’Afrique de l'ouest de 14 millions d'habitants. Normalement, selon la constitution, il n'aurait pas dû se représenter. Mais voilà : l'homme de la transition démocratique est retombé dans les vieux travers de nombreux présidents africains.
Y en a marre !
Pour les opposants sénégalais, le président Wade n'a pas le droit de se représenter. Sa candidature alimente les tensions depuis des mois et sa validation par le Conseil constitutionnel le 27 janvier dernier a provoqué des violences qui ont fait cinq morts. Face à lui, le Mouvement du 23 juin, qui regroupe opposition et société civile, poursuit sa "résistance pacifique" pour obtenir le retrait de sa candidature. Le célèbre chanteur Youssou Ndour en fait partie. Il était le candidat le plus dangereux pour le président sortant, alors le Conseil constitutionnel n'a pas validé sa candidature. Les huit candidats du M23 (le Mouvement du 23 juin) font campagne commune, mais l'unité affichée des premiers jours semble se fissurer entre les candidats.
Mais la fronde la plus virulente anti-Wade est menée par les jeunes. On les retrouve au sein du collectif de rappeurs "Y'en a marre". Plusieurs centaines d'entre eux se sont réunis samedi après-midi à Dakar. Cette jeunesse désœuvrée et fortement frappée par le chômage représente un désir de changement profond au Sénégal. Ils sont bien décidés à ne pas baisser les bras et n'accepteront jamais un troisième mandat. Pendant ce temps, le président était en campagne en Casamance, une province du sud en rébellion depuis 1982, où règne un conflit qui a fait des milliers de victimes.
Lors de sa première élection en 2000, le président Wade s'était engagé à résoudre le conflit casamançais "en 100 jours", sans aucune avancée significative sur le terrain.







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