On achève bien les Grecs
"J'attends le moment où je vais me noyer. J'ai l'impression d'être comme sur le Titanic, et que de toute manière, je vais tomber dans la mer."
Ce cri de désespoir, c'est une manifestante grecque qui l'a poussé lors de la journée de grève générale que vient de connaître le pays aujourd'hui. Pour les salariés, les retraités, les chômeurs, le plan d'austérité imposé par l'Union européenne et le Fonds monétaire international est un véritable calvaire. La pilule est dure à avaler pour ceux qui ne vivent qu'avec de petits revenus ou de faibles pensions. Pour obtenir un nouveau prêt de 130 milliards d'euros, les Grecs vont devoir se serrer la ceinture au dernier cran. Le salaire minimum va être diminué de 22% soit à peine un peu plus de 500 euros brut. Les retraites vont être réduites et 15 000 emplois publics vont être supprimés.
La corruption, la gabegie, la mauvaise gestion, les inégalités sociales, la fraude fiscale, un budget de l'armée colossal, les riches qui ne paient pas d'impôts et la crise financière ont fait échouer la Grèce sur les rivages de la Méditerranée. Il faudrait un Hercule pour redresser le pays, c'est un banquier Lucas Papademos, le Premier ministre grec qui s'est mis au travail en se pliant aux injonctions des banquiers européens et du monde. La rue en grève ne voulait pas de l'austérité, le gouvernement d'union nationale a dit oui.
Sauve qui peut
Trois des quatre ministres du parti d'extrême droite grec -Laos- s'opposant aux nouvelles mesures d'austérité demandées par les créanciers du pays, ont présenté leur démission à Lucas Papademos.
Ces démissions sont intervenues deux heures après que le chef du parti Georges Karatzaféris ait indiqué qu'il n'allait pas voter le nouveau plan de rigueur.
Formé en novembre, le gouvernement de Lucas Papademos comprend deux autres partis, les socialistes du Pasok qui sont majoritaires et la droite de la Nouvelle-Démocratie.
Malgré la défection du Laos, le plan des mesures de rigueur, dont le détail n'a pas encore été publié, pourrait être voté au parlement dans la nuit de dimanche à lundi. Demain les Grecs redescendront dans la rue pour la seconde journée de grève générale car la guerre contre l'austérité aura bien lieu.







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