Eric Heyer : Non l'Espagne ce n'est pas la Grèce, c'est un pays qui continue à produire et on voit bien que même si il est en récession, il a un commerce extérieur positif. L'Espagne est tout d'abord confronté à un gros problème de demande intérieur, le pays n'a plus de ressort à l'intérieur de son économie mais il arrive à produire pour l'étranger. Les perspectives de croissance sont certes faibles pour les prochaines années parce qu'il y a des programmes d'austérité à mettre en œuvre mais l'Espagne a un potentiel de croissance très largement supérieur à ce que l'on peut trouver en Grèce ou dans d'autre pays européens. La problématique n'est pas la même; c'est le système bancaire espagnol qui est à plat ventre, au cours des années 2000 les banques ont accordé énormément de prêts immobiliers et ces prêts ont provoqué une bulle immobilière qui a explosé en 2008. Actuellement on en est encore aux conséquences de l'éclatement de cette bulle immobilière. Le ménage n'avait pas été fait correctement au cours des quatre dernières années et on est toujours en train de payer cette bulle de 2008.
"Créer un nouveau mécanisme"
Quelles sont les solutions ?
Eric Heyer : Il y a deux solutions. Soit on finance et on recapitalise les banques par des mécanismes européens qui sont effectivement du ressort des états. Ce sont les états qui alimentent ces mécanismes et donc cela augmenterait la dette publique européenne. Mais en l'état actuel des choses ces mécanismes ne peuvent pas prêter directement aux banques alors il faudrait passer via l'état espagnol. L'autre possibilité est de créer un nouveau mécanisme qui a le droit de prêter directement aux banques sans création de dette publique supplémentaire. C'est un peu l'idée de l'union bancaire; c'est à dire de créer une institution qui serait constituée par l'ensemble des banques européennes et dont l'action ne viendra pas alourdir la facture pour les états.
"Jusqu'à 200 milliards d'euro"
Combien d'argent faut-il donner pour sauver l'Espagne?
Eric Heyer : On n'a pas exactement le montant complet mais les évaluations divergent entre 60 milliards au minimum et 200 milliards d'euros au maximum. On voit bien que la fourchette est très large, cela montre l'opacité du système. Quatre ans ont passé depuis l'éclatement de cette bulle immobilière et on ne sait toujours pas exactement quelle est l'exposition de l'ensemble des banques espagnoles après l'éclatement de cette bulle.






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