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Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.

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27/12/11

KMFDM - Kill Mother Fucking Depeche Mode - Tracks

Un reportage de Marion Desmaret

Ils sont l'ADN de Marilyn Manson et Trent Reznor. KMFDM, cinq consonnes pour faire sonner l'indus.

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Au milieu des années 80, alors que leurs collègues de musique industrielle s'échinent à tabasser les fûts de chantiers et à faire hurler les perceuses électriques, KMFDM fait passer son rock à l'ère digitale et invente l'electro-indus.
 
Vingt-sept ans et 17 albums plus tard, ce groupe dont le nom signifie "Pas de pitié pour la majorité" est cité comme une référence par Trent Reznor et l'abominable Marilyn Manson !
 
Sascha Konietzko: Je trouvais la musique dans le genre post-punk très emmerdante. J'avais envie de rythmes dynamiques et efficaces, très électroniques et funky. Le côté dance dans KMFDM est arrivé très tôt. Cette partie de mes influences vient de trucs comme ABBA.


Comme ABBA, le nom "KMFDM" est un acronyme. Et comme les Suédois disco, les Allemands qui ont fait sortir l'indus de son ghetto raffolent des rythmes binaires. Mais le son des KMFDM, lui, se veut violent comme un tapis de bombes.

Fils d'un marchand d'art et d'une antiquaire, Sascha Konietzko naît à Hambourg en 61, près du Star Club où les Beatles font leurs débuts. Dix ans plus tard, en pleine explosion glam rock, il s'achète sa première basse. Après quelques années de gammes, il se convertit au punk.



A Paris, Sascha monte la fusée KMFDM tout en enchaînant les petits boulots. Durant cinq ans, le groupe se fait un nom à force de tourner en Allemagne de l'Ouest. Et puis en 89, c'est la surprise : KMFDM est invité par le label Wax Trax à jouer en première partie de la tournée américaine de Ministry. En déboulant à Chicago, il signe un contrat avec le label pionnier de l'electro-rock. Outre Ministry, le groupe croise Front 242 et les Young Gods, mais aussi la sulfureuse muse de John Waters devenue reine de la club-music : l'énorme Divine.
 
Sascha Konietzko: J'étais assis dans le bureau et j'ai demandé : "Alors, ça en est où ? Vous vendez des CDs de KMFDM ?" Et ils m'ont répondu : "On en vend un paquet !" "Combien vous en avez vendu ?", "Oh, environ 84 000 !" "Merde !" En Allemagne, si on pouvait vendre 500 albums on était déjà contents. Alors là… 84 000 albums. Je me suis dit : "Je vais rester ici, c'est trop top !"


Au début des nineties, le groupe de Sascha a la baraka. Surfant sur la vague du metal-indus tout en gardant un pied dans la dance, KMFDM grimpe jusqu'à la dixième place du Billboard américain et vend près de 2 millions de singles. Boosté par l'apparition d'un de leurs clips dans "Beavis & Butthead" et par le passage d'un de leur morceau dans "Beverly Hills", KMFDM fait de l'ombre à Ministry.


 
En 99, c'est la Berezina : les voilà cités par la presse tabloïde comme la référence des tueurs de Columbine. Ces derniers avaient fait concorder la date du massacre avec celle de la sortie de l'album du groupe : "Adios" ! Mauvais jeu de mot mais réel adieu...

Sascha Konietzko: On jouait avec le feu. Ce scandale autour de la tuerie de Columbine m'a foutu une sacrée claque. Parce que d'un coup, toutes les slogans qui faisaient partie de KMFDM ont été isolés et examinés au microscope. Et évidemment, quand tu prends les choses hors de leur contexte, tu peux leur faire dire ce que tu veux. On a été banni des radios pendant des années.





Cadreur: Célia Londos
Ingénieur du son : Bruno Banqui

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mardi, 27 décembre 2011 à 05:00
Pas de rediffusion
(France, 2011, 52mn)
ARTE F

Edité le : 06-12-11
Dernière mise à jour le : 27-12-11