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Mang'Actu - 12/07/06

Juin 06

Dernier Mang’Actu de la saison avec du Tezuka à foison, un tueur à gage mythique, un révolutionnaire au béret, un Maruo romantique, une Mizuno turbulente, un Toriyama sympathique, un Miki insolite et plein d’autres choses diverses et variées.
Coup d’envoi ci-dessous !

Nekomajin
Toriyama (Akira)
Glénat / 10,55 €
www.glenatmanga.com

Matou indestructible, Nekomajin occupe son temps à dormir quand il ne mendie pas quelques yen aux touristes extra-terrestres de passage. C’est aussi le roi de la baston, malheur à qui veut l’affronter…

Mondialement célèbre et multimillionnaire (en tirages et en yen), Akira Toriyama fut victime du succès phénoménal de Dragon Ball dans les années 80. Après des débuts inventifs et un charme indéniable, la série s’est installée dans une routine ennuyeuse faits d’interminables combats qui culmineront dans la saga Dragon Ball Z - la bien nommée. Moins de 10 ans après l’arrêt de la série et libéré de la pression éditoriale qui l’entourait, Toriyama nous revient avec Nekomajin, fantaisie sans prétention où l’auteur s’amuse à coup d’autocitations à parodier son propre univers. Avec ce mélange typique d’action et d’humour bon enfant, il renoue le temps de cinq histoires avec la spontanéité et la naïveté des premiers Dragon Ball de même qu’avec le graphisme rondouillard caractéristique des débuts. Même si ce one-shot se destine davantage aux nostalgiques qui pourront s’amuser ça et là des références, les non-initiés pourront quant à eux se faire une autre idée de cet auteur dont le travail, sans être génial, gagne à être réévalué.


Che
Yong Hwe (Kim)
Goshawon / 6,95 €

Biographie de l’icône révolutionnaire, el commandante Ernesto Guevara dit le « Che ».

Comment un amateur de rugby et médecin asthmatique né dans une famille de la petite bourgeoisie argentine, Ernesto Guevara est devenu la figure charismatique symbolisant à jamais le rebelle romantique mort les armes à la main pour son idéal de justice ? C’est tout l’enjeu de ce manwha qui n’échappe pas à  l’image d’Épinal que l’Histoire nous a légué, celle d’un Che au regard magnétique, béret sur la tête et héraut des miséreux. Malgré cela, Che bénéficie d’un vrai souci pédagogique de la part de Yong Hwe qui prend soin d’expliciter le contexte de Guerre froide, la prise de Cuba, le fiasco américain de la baie des Cochons ou la crise des Missiles. Même s’il n’oublie aucun épisode marquant de la vie du guérillero comme le voyage initiatique à moto du jeune Ernesto dans l’Amérique latine exsangue des années 50, Yong Hwe passe malheureusement trop vite sur d’autres points (fautes de sources ?) comme la première rencontre de Castro et du Che ou les manigances politiciennes qui ont conduit à son assassinat. Reste une bonne première approche, à prendre comme telle.

F the perfect Insider
Asada (Trawar), Mori (Hiroshi)
Soleil Manga / 7, 50 €
www.soleil-lesite.com

Promise à un brillant avenir, la surdouée Shiki Magata, a assassiné inexplicablement ses parents à l’âge de douze ans. Depuis, elle vit cloîtrée, surveillée 24 h sur 24 dans un laboratoire de recherche de pointe où son génie est mis à contribution. Mais un jour, malgré la sécurité qui l’entoure, on retrouve son corps sans vie. Le professeur Saikazawa assisté d’une ravissante élève démarre l’enquête avec pour seul indice une phrase : F the perfect Insider

Maître du polar nippon, Hiroshi Mori est couvert de prix et ses œuvres ont fait l’objet de multiples adaptations. Pas sûr que l’engouement soit le même en France avec ce poussif F the perfect Insider que l’on pourrait résumer comme le pendant cybernétique et hyper-technologique du Mystère de la chambre jaune. Ce whodunit passablement embrouillé contentera peut-être les geeks familiers du jargon informatique, mais les autres auront bien dû mal à entrer dans cette intrigue passablement ennuyeuse qui, comble de tout, se permet des digressions philosophiques verbeuses et pénétrantes dignes d’un sous-Matrix. 


Adieu Midori
Q-ta Minami
Sakka / 9,95 €
www.sakka.info/

Yukô vit une relation compliquée avec le beau Yukata. Elle est attachée à lui, mais il reste distant, vivant avec elle sans s’empêcher ouvertement de papillonner à droite et à gauche. Chargée d’un job peu passionnant dans une entreprise, elle décide sous les conseils de son petit ami de travailler dans un bar à hôtesse pour arrondir ses fins de mois et se rapprocher de lui… Sans succès.

« Je suis une solidaire… Ca m’emmerde de passer des coups de fil, d’écrire… Je peux très bien me passer d’amis. J’ai juste besoin d’avoir un mec ». En une page, Q-ta Midori résume toutes les contradictions et le trouble de son héroïne partagée entre son désir d’indépendance et cet amour qui la rend vulnérable et soumise. Entre la vérité du cœur et celle du corps, Yukô ne peut choisir consciente pourtant que la situation la conduit vers une impasse l’empêchant de s’épanouir complètement. Cette première œuvre longue de Q-ta Minami n’a pas encore la perfection et la finesse du récit de Jeux d’enfants, mais on remarque déjà son talent pour camper le portrait réaliste et ondoyant d’une jeune femme d’aujourd’hui, intérimaire de l’amour, qui aspire encore à rencontrer un prince charmant qui n’existe pas. Une histoire universelle sur l’amour à sens unique dans laquelle les lectrices françaises pourront certainement se retrouver. Un beau gallot d’essai.


Pure Trance
Mizuno (Junko)
IMHO / 14,95 €
www.imho.fr

Dans un monde où l’humanité survit sous terre en se gavant de pilules, les Pure Trance, Kaori, une valeureuse infirmière se dévoue corps et âme pour soigner ses malades. Mais la directrice de l’hôpital, perverse sadique et droguée, prend un malin plaisir à la martyriser et à la torturer. Après moult humiliations, Kaori décide de fuir cet enfer en rejoignant la surface tandis que des infirmières artificielles la prennent en chasse...
Pauvre Kaori, attachée, frappée, découpée (d’un petit coup de tronçonneuse vite fait) … Avant de s’attaquer aux contes de fée, Junko Mizuno a conçu ce conte défait, post-apocalyptique, destiné à illustrer les livrets d’une série de CD techno. L’univers ambivalent de la dessinatrice élevée à la culture bis est déjà là, s’amusant à associer les contraires, l’innocence et la violence, le mignon et l’horrible, dans une veine beaucoup plus dure que ses œuvres ultérieures Hansel et Gretel, Cinderalla, La Petite Sirène (tous parus chez IMHO). Réalisé en noir et blanc, Pure Trance renvoie au style des vieux shôjo des années 50 mais baigne dans une sexualité trouble et exacerbée qui s’incarne à travers un bataillon de plantureuses poupées Russ (Meyer) déphasées et vicieuses habillées en nuisette et bikini, une floppée de monstres visqueux, de peluches inquiétantes et de créatures bizarres… Grâce à des petites fiches décalées en bas de chaque page, Mizuno prend soin de présenter doctement et d’un air badin tous les personnages, substances et objets qu’elle a inventé, histoire de bien guider le lecteur dans cet univers frénétique et fou qui ferait rougir Mike Diana lui-même.


Intermezzo t.1 (Série en 4 volumes)
Miki (Tori)
IMHO / 10,95 €
www.imho.fr

Un personnage impavide, libraire de son état, vit des aventures aux frontières du rationnel sous forme de série de gags en une planche.

S’il est connu en France par quelques initiés pour être le scénariste de Patlabor WXIII, l’un des séquelles de Patlabor, la série culte qui popularisa le genre mecha (robot) au Japon, Tori Miki œuvre aussi dans un registre totalement différent en tant que critique, chercheur en BD et dessinateur minimaliste à l’humour dirait-on… «maximaliste». Pour s’en faire une idée, IMHO nous présente cette série de strips récompensés par le Bunshun Manga Award et initialement parus dans un magazine critique de médias en 1995. Sans dialogues, sans textes, sans onomatopées et utilisant un découpage invariable en gaufrier de 9 cases, Intermezzo est un manga qui se nourrit de contraintes pour mieux rompre la mécanique traditionnelle du gag. En fait, l’auteur s’amuse sans arrêt à déstabiliser nos habitudes de lecteurs en jouant l’art du contre-pied grâce à une utilisation subtile de l’ellipse, cet espace entre deux cases qui fait l’essence même de la BD. Miki se livre ainsi à un exercice de style et d’humour haut de gamme aussi expérimental qu’audacieux, tant est si bien qu’on est parfois déconcerté par ses chutes aussi bizarres qu’inattendues. Il n’y a d’ailleurs qu’à voir cette histoire crétine à souhait, où le héros renifle sa chaussette, l’allume, la fume, avant que d’autres personnages se mettent à faire de même avec leur vêtement pour se faire une idée de l’esprit nonsensique de ce Trondheim nippon particulièrement inventif. A découvrir.


I.L
Tezuka (Osamu)
Sakka / 11,95 €
www.sakka.info/

Cinéaste has-been, Daisaku se voit confier une étonnante mission de la part du comte Alucard, celle de mettre en scène le réel pour lui instiller à nouveau du merveilleux et de la magie. Pour cela, une créature malléable et polymorphe nommée I.L. lui est confiée.

Réalisée entre 69 et 70, I.L est une œuvre assez bizarre de Tezuka, à prendre comme une ébauche des productions à venir. Les histoires ayant été spécifiquement écrites pour se lire indépendamment les unes des autres, l’auteur y teste ses idées, les bonnes comme les mauvaises, sans réels soucis de cohérence d’une nouvelle à l’autre. Il faut donc lire I.L comme un « work in progress » du Dieu du manga qui, sous nos yeux, tâtonne et se cherche hésitant souvent sur le ton à adopter. Comme s’il craignait de déconcerter son public en s’aventurant trop loin dans la noirceur du gekiga, il passe du regard comique distancié à un registre tragique sans jamais vraiment choisir. Si certains thèmes, situations ou personnages de la période dite « adulte » de sa carrière sont déjà là, (on retrouve une vague cousine de Barbara hippie désoeuvrée et un fort ancrage à l’actualité politique et culturelle de l’époque), on reste cependant globalement déçu par I.L. D’autant que Tezuka ne prend jamais la peine d’exploiter un élément qui aurait pu être passionnant mais qui reste désespérément à l’état embryonnaire: la relation entre I.L. et son pygmalion, Daisaku,. Pour l’anecdote, signalons que le nom I.L devait être à l’origine « I.LL » pour « I’ll » ou « I will » en anglais. Une coquille de l’éditeur passant par là, on conserva le nom obscur de cette mini-série pour en signifier toute son étrangeté. Un coup du comte Alucard ?

Best 13 of Golgo 13 – le choix des lecteurs
Saito Takao
Glénat / 20 €

Un terroriste à abattre, un mafioso à assassiner, un groupuscule indépendantiste à décimer ?? Faites le 13 pour … Golgo 13.

D’abord les chiffres : 1325 pages, 20 euros, près de 2 Kg ! Il n’en faut pas moins pour découvrir l’un des héros fétiches de la popculture nippone dont les aventures cumulant plus de 30 000 pages se sont écoulées à 200 millions d’exemplaires depuis sa création en 1968 ! Résultat d’un sondage effectué par l’éditeur, ce pavé propose une compilation des histoires préférées par les lecteurs de la série et commentées par quelques personnalités de l’art et des médias japonais. Personnage impassible, version sombre et extrême (orientale) de James Bond, Golgo 13 est un tueur à gage, froid comme une machine, une sorte de rônin des temps modernes impénétrable travaillant seul et exécutant sa besogne en échange de quelques millions de yen. Pas d’idéologie chez lui, l’homme robot n’a aucune morale apparente et on en vient à se demander ce qui fascine tant les Japonais chez cet anti-héros. Est-ce le magnétisme de son regard qui en fait un tombeur de ses dames (qu’il assassine parfois dans la foulée), son assurance ou bien un assemblage de tout cela, qui en fait l’image ultime du «mâle» à la japonaise ? Reprenant souvent une construction similaire qui s’achève immanquablement par le meurtre de la « cible », les histoires valent beaucoup par leur exotisme surannée qui nous transporte aux quatre coins de la planète, des casinos de la Côte d’azur à la moiteur de la jungle cambodgienne, des forêts d’Alaska à la pampa d’Amérique centrale... Tel S.A.S, Golgo 13 traverse sans sourciller l’actualité politique et géopolitique de son temps des derniers soubresauts de la Guerre froide au monde éclaté et complexe né de la chute des blocs. On ne sait pas si ce héros deviendra culte en France mais on ne peut que saluer cette initiative éditoriale audacieuse qui permet de découvrir à moindre frais l’un des grands classiques du manga !

Tezuka. Histoires pour tous t.1
(Anthologie en 20 tomes)
Tezuka (Osamu)
Delcourt-Akata / 7, 95 €

Nouvelles collections consacrées aux oeuvres courtes de Tezuka.

Alors que les grandes séries de Tezuka sont globalement toutes publiées ou en voie de l’être, Akata inaugure cette nouvelle collection consacrée spécifiquement aux œuvres courtes du Dieu du manga. Cette anthologie thématique donne l’occasion de découvrir un nouvel aspect de sa carrière protéiforme, mais mérite surtout le détour pour sa valeur documentaire car Tezuka sans jamais le dire y parle de lui et revient plus spécialement sur les traumatisantes années de guerre qui ont forgé son humanisme viscéral. Sous la forme de contes ou de souvenirs semi autobiographiques, Tezuka nous raconte ces orphelins livrés à eux-mêmes dans un Japon en ruine, ces enfants déplacés à la campagne ou travaillant dans les usines d’armement sous la pression d’adultes tyranniques. Seul dérivatif pour ces personnages, le rêve, la nature et surtout le dessin qui deviendra pour Tezuka une forme de défense et d’insoumission à une époque où faire du manga était interdit et jugé antipatriotique. A travers ses histoires simples et linéaires, Tezuka retranscrit cette époque trouble avec le génie qu’on lui connaît et un indécrottable optimisme qui, paradoxalement, rend d’autant plus émouvant ce premier volume.

Vampyre t.1 (série en deux tomes)
Maruo (Suehiro)
Le Lézard Noir / 19€

Mystérieuse vampire au visage ravagé, la « femme chameau » se cherche un disciple et transforme le lycéen Môri en être assoiffé de sang. La nuit tombée, tandis qu’un jeune pyromane sévit et que des adolescents s’adonnent à la luxure, il erre dans les méandres de la ville en quête de proies et va croiser le regard de la belle Luna.

Si certains aiment à situer l’âge d’or de Maruo au début des années 80, on aurait tort de passer sur ses œuvres récentes où son génie nauséeux toujours intact, prend une nouvelle direction en s’ancrant dans la réalité concrète et identifiable du Japon contemporain. Personnifiant la mauvaise conscience d’une société malade d’elle-même et de son hypocrisie, le vampire de Maruo est une figure grotesque dans une humanité qui ne l’est pas moins. Modernisé, débarrassé de certains motifs tape-à-l’œil (il n’a plus peur de la croix et n’a plus les dents aiguisées), il passe de victime à bourreau s’attaquant à des lycéens sniffant du toluène et à des filles vénales monnayant leur dessous pour étancher les fantasmes d’adultes dégoulinants. Aux visions de cauchemars coutumières et à la sexualité morbide, Maruo ajoute donc une dimension sociale moins vague que dans ses premiers mangas en puisant dans des faits-divers sordides de l’actualité. Mais surtout il y mêle un zeste de romantisme inédit à travers le couple formé par Môri et la timide Luna. Le style graphique de Maruo paré de trames évolue lui aussi et joue davantage sur la profondeur et les ombres sublimant des décors de terrains vagues pour en faire des paysages mortuaires à la Arnold Böcklin. A noter que si le titre de l’édition française fait référence au film de Dreyer Vampyr, le titre originel « Le vampire qui rit » semble être une allusion à L’Homme qui rit. Ce muet traumatisant et fantomatique de Paul Leni de 1927 inspiré d’un récit de Victor Hugo racontait lui aussi le calvaire enduré par un homme défiguré par un sourire carnassier. Sauf que cette fois-ci, c’est au tour du monstre de prendre sa revanche…

*

Restons avec Maruo et au Lézard Noir pour mentionner la sortie de la bande originale tirée du dessin animé Midori lui-même adapté du manga La jeune fille au Camélias (paru l’an dernier chez IMHO). La mélodie délicieusement inquiétante composée par J. A. Saezer est à l’image des œuvres de cet artiste inclassable, balançant entre exagération grotesque et envolée lyrique et se pose comme la bande-son idoine pour plonger dans la lecture des œuvres de l’inclassable Maruo. Le CD est présenté sous la forme d’un élégant digipack accompagné d’une pertinente traduction en français et anglais, histoire de profiter pleinement de la prose imagée du maître de l’effroi.  (Lézard Noir, 13 €).

 

Voici venu la fin tant attendue de la dernière grande fresque manga d’Otomo. Illustrée dans un style réaliste proche d’Akira par Takumi Nagayasu, Mother Sarah spécule sur un avenir sombre post-apocalyptique où la terre ravagée est devenue un gigantesque désert aride battu par les vents. Alors que les hommes ont la possibilité de revenir sur terre, Mother Sarah part à la recherche de ses enfants et tente de semer les graines de l’espoir. Mais que peut-elle face à la violence, au chaos et à la folie autodestructrice de l’Homme ? Si ce dernier tome anti-militariste s’achève un peu précipitamment, on ne peut qu’en conseiller la lecture à l’amateur de science-fiction. (Delcourt, 13,95 €)

A lire aussi la suite des aventures destroy de Bambi (tome 2 chez IMHO, 12,95 €), kamikaze girl aux cheveux assortis au flingue rose fluo née sous le pinceau peu recommandable de Atsushi Kaneko. Un survivant d’un massacre s’entiche de la belle fuyarde psychotique, alors que le catcheur Platinum Mask, sosie de SuperSanto, se retrouve prisonnier de Gabba King et de ses sbires. On aime ou on déteste mais voilà tout simplement LE manga le plus rock’n’roll du moment, à lire en écoutant à fond Guitar Wolf.

Auteur d’une trilogie horrifique essentielle, Spirale (Tonkam), Junji Ito nous revient avec une histoire d’invasion de créatures aquatiques carnivores dotées de pattes d’insectes. Poissons, requins et baleines débarquent donc sur terre et créent la panique !  Héros dépassé, héroïne qui hurle, chercheur fou, ce manga estival délirant surfe avec l’esprit des B-movies d’antan. C’est toujours aussi superbement illustré et en prime, Ito nous glisse un petit hommage bienvenu à la scène de la douche dans Psychose ! Ca s’appelle Gyo et c’est chez Tonkam (un tome paru sur deux, 9 euros). Anecdotique mais idéal pour la plage.

On comprend un peu mieux les hallucinations dont souffre le héros de Homonculus qui, en se cachant un œil, a la faculté de visualiser les traumatismes inconscients enfouis par certaine personne. Notre SDF va-t-il donc se reconvertir en super psychanalyste ? La suite nous le dira. Attention, ce troisième tome est à réserver aux lecteurs avertis (chez Tonkam, 7,50 €)

C’est une des séries fétiches de Jean-David Morvan (voir notre interview). Coq de combat tome 15 vient tout juste de paraître. L’orphelin parricide part s’entraîner auprès d’un vieux maître dans les montagnes chinoises pour tenter de maîtriser son énergie mentale, le « chi ». Après des débuts difficiles, le disciple fait de spectaculaire progrès… Une série originale autour de la pratique des arts martiaux et mettant en scène un anti-héros controversé qu’on aime à détester. (Delcourt-Akata, 7,50 €)

Et pas moins de quatre Tezuka pour terminer avec l’avant dernier volume de la réédition luxe de Bouddha qui vient de sortir chez Tonkam (tome 7, 12 €), l’un des grands classiques du maître ; le tome 2 de Dororo, hallucinante saga sur la croisade sanglante que mène le pantin Hyakikimaru pour récupérer ses membres et redevenir un homme (chez Delcourt). Cette série de Tezuka est paraît-il celle qui est la plus appréciée du public nippon. Malgré le dessin rondouillard et enfantin, on est surpris par la violence de cette série. Dans ce volume, on découvre le passé traumatisant du petit Dororo. Un choc !

A la fin de Saphir, Tezuka concluait sur le traditionnel « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ». Or voilà que des comploteurs viennent de kidnapper le dauphin. Le roi décide illico de faire passer sa fille pour le futur roi. Telle mère, telle fille, voilà Princesse Violetta contrainte de se travestir en homme et de jouer de l’épée comme Tyrone Power ! Si l’on accepte le prologue (très) naïf, on se laisse bercer par le charme rétro et disneyien de cette série qui n’apporte cependant pas grand-chose de neuf par rapport à la série d’origine. Les enfants de Saphir, one-shot chez Soleil Manga pour 6,95 €.

Enfin, L’arbre au soleil, dont le tome 6 vient de paraître chez Tonkam (9€). Les relations se tendent entre tous les protagonistes, Heusken s’attire des inimitiés de toute part en se comportant en occidental arrogant jusqu’à perpétrer un acte inqualifiable à l’encontre de la dulcinée de Manjirô. Les relations Orient-Occident, l’amour, la haine, la trahison et la raison d’Etat du Japon de la deuxième moitié du XIXè vus par un Tezuka au top. Ca se dévore et c’est plus que jamais indispensable.

C’est tout pour ce mois-ci,
Bonnes lectures et bon été,
Mata ne !
Nicolas « Golgo » Trespallé

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# 20 - Juin 06
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Edité le : 27-06-06
Dernière mise à jour le : 12-07-06