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Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.

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Art - 14/06/12

Jeremy Deller

Avec « Joy in People », sa dernière exposition en date, le Britannique se découvre une fibre philanthropique.

Il est l’homme dont le Royaume-Uni est fier. Avec ses installations et ses mises en scène, Jeremy Deller est devenue une star. On ne peut pas dire qu’il soit un artiste précoce. Il a d’abord étudié l’histoire de l’art, a longtemps habité chez ses parents. D’ailleurs il a reconstitué sa chambre d’adolescent et l’a exposée. On a pu l’admirer jusqu’au 12 mai dans une galerie londonienne, la Hayward Gallery – en même temps que sa toute première exposition qu’il avait précisément mise en scène dans cette chambre d’ado.
 
Jeremy Deller
« Jusqu’à mes 31 ans, j’ai habité chez mes parents. Il fallait que je sois plein d’égards. Mais un jour, ils étaient partis en vacance, en 1993 je crois, j’ai installé une exposition chez nous ».
 
De la chambre d’enfant au Prix Turner et à sa grande exposition de Londres, le parcours a été long et difficile. Jeremy Deller n’est pas un peintre classique, il ne peint pas, il met des tableaux en scène. Avec des acteurs et des figurants. Il reconstitue avec la plus grande fidélité des scènes historiques, par exemple le conflit sanglant entre les mineurs et legouvernement britannique en 1984, puis il s’empare de sa caméra.
  
Jeremy Deller
« J’ai vu cette bataille à la télévision, quand j’étais jeune homme, et cela ne m’est plus sorti de la tête. Plus tard, j’ai pensé qu’il fallait creuser cela et en faire une œuvre d’art ».
 
Le fait que les mineurs d’autrefois jouent dans ce tableau le rôle des policiers, revivant ainsi les évènements d’un point de vue différent, témoigne de la complexité de son art. Les œuvres de Jeremy Deller ne sont faciles qu’en apparence : pour en saisir tout le sens, il faut y regarder de plus près. Elles ne sont pas le fruit d’un savoir-faire technique mais d’une mise en abyme par l’artiste qui resitue le contexte.
 
Jeremy Deller
« Je ne suis pas un artiste au sens classique du terme : je ne peins pas avec un pinceau. Je préfère faire des choses que les gens trouvent sans doute un peu étranges. Ce n’est pas de la peinture, ce ne sont pas des sculptures, c’est autre chose. Je fais ce que je sens le mieux à un moment donné ».
 
Qu’il prie les fans de Manic Street Preachers de lui transmettre leurs poèmes ou dessins pour en faire une installation, qu’il tourne un film sur les fans de Depeche Mode en sillonnant les Etats-Unis à bord d’un pick-up de l’armée US endommagé lors de combats à Bagdad – en définitive, le succès de Deller, c’est aussi celui de ses « assistants ». Avec « Joy in People », sa dernière exposition en date, ce Britannique se découvre une fibre philanthropique.
Jeremy Deller
« J’aime les gens. Aujourd’hui, je suis juste un peu désabusé, mais je les aime ! C’est vrai qu’ils ont le don de m’énerver. Vous voyez, je me souviens de Sartre : mon travail consiste à trouver un lieu où l’autre n’est pas l’enfer ».
 

Liens :


Exposition :

 « Joy in People », Hayward Gallery, Londres.

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mercredi, 27 juin 2012 à 04:00
Pas de rediffusion
(Allemagne, 2012, 52mn)
WDR

Edité le : 12-06-12
Dernière mise à jour le : 14-06-12