(France, 2004, 1h47)
Avec François Cluzet, Karin Viard, Bernard Giraudeau et Anne Brochet…
Synopsis : Ben (François Cluzet), un auteur de polars, a tenté sa chance dans le milieu parisien de l’édition, voilà quelques années. Aujourd’hui, il s’est fait une raison et enseigne dans le sud de la France. Mais un jour, il croise Brice Kantor (Bernard Giraudeau), une vieille connaissance et surtout un auteur à succès. La vie de Brice n’est pas insouciante pour autant, et son opiniâtreté l’incite à proposer à Ben un étrange marché : le débarrasser de sa femme, qui lui cause des soucis financiers, et publier l’un des manuscrits de Ben sous le nom plus vendeur de Brice, ce qui permettrait à l’un de revenir, en quelque sorte, sur le devant de la scène, et à l’autre d’en finir avec le syndrome de la page blanche. Ben accepte, mais rien ne se passe comme prévu…Critique : Auteur parcimonieux (il n’avait pas donné de ses nouvelles depuis son coup d’essai sur la format long, l’énergique « Karnaval », avec Sylvie Testud en 1999), Thomas Vincent se confronte au genre du film noir, en précisant sa volonté de l’inscrire dans un contexte social très contemporain. Cette démarche fait le lien entre cette adaptation d’une série noire de Donald Westlake et son premier long métrage, et n’est pas si éloignée de la thématique d’un film marquant de l’année passée, « Elle est des nôtres » de Siegrid Alnoy, qui observait l’ascension et la prise de confiance d’une intérimaire timide, dès lors qu’elle commettait un meurtre.
Le postulat de Thomas Vincent est analogue : la place à laquelle rêve Ben passe par la nécessité de marcher sur des cadavres et le meurtre constitue un rite de passage, qui lui permettra d’accéder à un stade supérieur et plus envié. Misant l’essentiel sur les comédiens, Thomas Vincent parvient à construire un équilibre efficace entre la gravité du sujet et l’ironie attendue envers les errements carriéristes et cannibales de la société moderne, en opposant notamment le jeu rentré de François Cluzet au charisme emporté de Bernard Giraudeau, ponctué de la folie rentrée du personnage de Karin Viard. Ce trio de bonne tenue compense le caractère un peu bancal d’un scénario ambitieux et très écrit, qui cherche à exposer toutes les nuances que peut revêtir pareil récit noir, jusqu’à se déliter quelque peu ou à tirer en longueur et en explicitation dans sa deuxième partie.
Julien Welter
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Je suis un assassin
De Thomas Vincent
(France, 2004, 1h47)
Avec François Cluzet, Karin Viard, Bernard Giraudeau et Anne Brochet…
Sortie du 11 août 2004






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