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Berlinale 2012 - 18/02/12

Jake a dit #10

Le journal de la Berlinale par Jake Gyllenhaal (ou presque)


Comme l'avait prédit notre bien-aimé président du jury Mike Leigh, il y a eu du pain sur la planche hier soir, pendant les délibérations. La fatigue aidant, le ton est monté très vite, car ce n'était évidemment pas facile de rendre sa copie sans défendre ses petits préférés. Juste avant, Dieter est venu nous rendre une visite pour nous raconter quelques histoires savoureuses de déliberations - crêpages de chignon ou empoignades célèbres. "En dix ans de direction de la Berlinale, j'en ai vu, des jurés hystériques et des présidents pas contents. Certains ont failli littéralement s'étriper, comme ce juré qui a tenté d'en étrangler un autre avec le cordon de son accréditation. Mais je ne vous donnerai aucun nom", nous a-t-il confié, un sourire malicieux au coin des lèvres. "Allez, bonne délibération, meine lieben Freunde !"

Maintenant que la messe est dite, que tout le monde connaît les résultats, et commence sans doute à débattre sur la pertinence du retour des Taviani en ces temps post-Berlusconi, ou du port de la jupette romaine dans les films d'auteur, je ne vais pas revenir sur nos échanges d'hier soir. Laissons cela à la postérité. C'est toujours bien mieux de garder un peu de mystère, et de ne pas révéler qui a tiré les cheveux de qui, et qui a failli se prendre un demi à moitié rempli de Berliner Kindl en pleine face. Advienne que pourra, nous avons effectué notre travail avec passion, intégrité et courage, et s'il fallait le refaire, on signerait tous une seconde fois.

Quant à moi, j'ai eu froid, chaud, j'arrive enfin à prononcer les mots Wienerschnitzel et Nahrungsmittelunverträglichkeit (qui veut dire intolérance alimentaire), j'ai fait des cauchemars à base de co-productions philippino-austro-indonésiennes... Et j'ai été finalement très heureux d'écrire ce journal pour la Berlinale, souvent rédigé tard le soir, en pyjama, étendu par terre sur le tapis persan de ma suite du Ritz.

En parlant de tapis, celui qui commence à être sérieusement élimé par les centaines, que dis-je, les milliers de talons de douze et de chaussures vernies qui l'ont foulé depuis dix jours, c'est bien le tapis rouge du Berlinale Palast. Nous allons y tirer notre dernière révérence ce soir à l'ultime soirée de gala de cette année, la cérémonie de clotûre, qui sera, je l'éspère, à l'image de cette très belle édition du festival. So long, et à bientôt.

Votre (presque) Jake

Edité le : 09-02-12
Dernière mise à jour le : 18-02-12