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Un thriller diabolique inédit en France

Un meurtre atroce, une brigade criminelle qui multiplie les fausses pistes, une famille sous le choc, un homme politique en campagne impliqué malgré lui...

> Interview du créateur de la série

Un thriller diabolique inédit en France

Un meurtre atroce, une brigade criminelle qui multiplie les fausses pistes, une famille sous le choc, un homme politique en campagne impliqué malgré lui...

Un thriller diabolique inédit en France

12/07/12

Interview de Søren Sveistrup, le créateur de la série

The Killing, la série danoise qui prend aux tripes, revient pour une deuxième saison avec un concept inchangé : un meurtre atroce et une enquête menée par Sarah Lund, inspectrice aussi douée que marginale. Explications de son créateur Søren Sveistrup.

Après une première saison qui courait sur vingt épisodes, a-t-il été difficile d’imaginer une nouvelle enquête totalement inédite ?
Dans un certain sens, oui. Mais j’éprouvais en même temps le besoin impérieux de savoir ce qui allait arriver à Sarah Lund. L’approche consistant à la laisser sombrer dans la dépression et la précarité dans son commissariat de province me paraissait trop vague. Elle est dotée d’une forte personnalité et je voulais savoir si elle saurait trouver sa voie, envisager un come-back et se confronter à un nouveau défi. Mais ce qui m’attirait surtout, c’était son côté sombre et mystérieux, ces ténèbres dans lesquelles elle baigne. Je présume que je reste, envers et contre tout, un fan invétéré du film noir.

La première victime d’une guerre, c’est toujours la vérité.

Les deux saisons de The Killing sont l'occasion d'une exploration en profondeur de la société danoise. C'était votre objectif ?
Absolument. Mais il n’y a pas que le Danemark qui m’intéresse ! J’essaie en fait d’être le plus universel possible en parlant de la société et de la culture occidentales. La guerre, le terrorisme et les peurs qu'il suscite sont des thèmes essentiels de notre époque. De surcroît, ils constituent un excellent ressort pour alimenter une enquête criminelle. Il y a un dicton qui dit "La première victime d’une guerre, c’est toujours la vérité" [il s'agit en fait d'une citation de Rudyard Kipling, NDLT] et j’avais envie de développer cette thèse. Une histoire policière se devrait toujours d’explorer la réalité dans laquelle nous vivons. Si elle omet de le faire, elle n’est pas pertinente.

C’est pourquoi les décideurs politiques jouent un rôle aussi primordial dans les deux saisons ?
Les représentants politiques sont dotés d’un pouvoir important dans une démocratie. Ils exercent une responsabilité évidente par rapport à leur pays et à leurs électeurs. Mais, parfois, le pouvoir corrompt et place celui qui l'exerce en contradiction avec la démocratie. Ce qui m’intéresse, c’est la lutte de l’individu qui doit se positionner entre idéalisme et corruption. Jour après jour, les politiques doivent se demander si telle ou telle décision est la bonne et quelle raison les amène à la prendre. Par ailleurs, l'univers politique est un monde d’ambition et d’imposture – un intéressant champ de bataille avec tout un éventail d’agendas secrets.

Comment caractériseriez-vous Sarah Lund ? En quoi est-elle différente ?
Elle n’est pas tout à fait "de ce monde". Une part d’elle aspire à être simplement normale, mais elle ne l’est pas. C’est une femme solitaire à son corps défendant. Sur le plan professionnel, elle est exceptionnellement douée, mais elle est socialement plutôt marginale. Sarah Lund est "en contact" avec le côté sombre de la nature humaine, dotée de la capacité de deviner et de ressentir elle-même les cruautés infligées par le criminel. Elle a un talent particulier pour s’abstraire de ce qui l’entoure et se consacrer uniquement à l'enquête en cours. Mais ce don peut aussi lui être fatal. Car qui est capable de regarder au fond de l’abîme risque d’en recevoir l’écho.

Avez-vous accordé à Sarah Lund des traits qui viendraient de vous ?
Je crois que oui. Je suis parfois entêté et grognon, presqu’absent. Je n’aime pas du tout être le point de mire. Quand j’écris un scénario, je suis vraiment le nez dans le guidon.

Est-ce que Sarah Lund sera un jour heureuse dans sa vie privée ?
J’espère bien ! En tout cas, elle l’aura mérité. Mais elle vit dans un monde dont les sentiments sont absents et sa personnalité ne lui facilite pas les choses. Je croise les doigts pour elle.
Propos recueillis par Sigrid Strohmann
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(Forbrydelsen) ~ Série de Søren Sveistrup ~ Réalisation : Kristoffer Nyholm, Hans Fabian Wullenweber, Charlotte Sieling (Danemark, 2009, 10x55mn, VF) ~ Avec : Sofie Gråbøl (Sarah Lund), Nicolas Bro (Thomas Buch), Charlotte Guldberg (Karina Munk Jørgensen), Preben Kristensen (Carsten Plough), Ken Vedsegaard (Jens Peter Raben), Stine Praetorius (Louise Raben), Flemming Enevold (Torsten Jarnvig), Morten Suurballe (Lennart Brix), Mikael Birkkjaer (Ulrik Strange), Carsten Bjomlund (Christian Søgaard) ~ Image: Rasmus Arrildt ~ Musique: Frans Bak ~ Production: Danmarks Radio

Edité le : 10-08-11
Dernière mise à jour le : 12-07-12