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Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.

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03/08/11

Hanggai - Polyphonique punk - Tracks

Un reportage de Julie Terrasson (archive de mai 2011)

Avec Hanggaï, c'est bouchées doubles. Grâce à leur chant diphonique, les Mongols à crête veulent conquérir le monde à la vitesse d'un cheval au galop !

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En 2007, les six musiciens de "Hanggai" se sont donné pour mission de traduire dans un style moderne la richesse millénaire des musiques de Mongolie.

Ayant grandi à Pékin, Yiliqui, le leader du groupe, a dû réapprendre la langue de ses ancêtres et le chant diphonique, tandis que ses partenaires prenaient des cours d'instruments traditionnels du pays des yourtes.

Un grand écart quand on sait qu'il a encore cinq ans, ces néo-mongols taquinaient l'iroquoise au sein d'un groupe punk pékinois.

Mais qu'est-ce qui vous a pris les gars, la musique folklorique, c'est quand même pas un plan de carrière ?

Yiliqui : Ce qui nous intéresse, c’est d’abord la musique. Mais en fait, après avoir fondé "Hanggai", on a eu beaucoup plus d’occasions de jouer à l’étranger. On voulait faire quelque chose de plus original que le punk. Aujourd'hui en Chine, tous les musiciens veulent imiter les groupes étrangers.



En 2007, le documentaire allemand "Beijing Bubbles" raconte la scène punk et rock de Pékin. Dans une Chine où le modèle dominant est devenu l'homme d'affaires en Rolex, ces groupes partagent tous la même philosophie: "Fuck the System!"

Parmi eux, "T9", emmené par Yiliqui, passe en plein tournage d'un son rock pur et dur à la découverte de ses racines. En se souvenant des mélodies de son enfance que lui chantait son grand-père, Yiliqui laisse tomber la Tsing-Tao pour l'Airak, le lait de jument fermenté. Ni une ni deux, il apprend le khöömei, le chant diphonique qui permet de produire deux sons distincts à la fois : avec sa gorge et avec sa bouche.

"Hanggai", c'est la nature selon les Mongols. Celle des steppes qu'arpenta Gengis Khan il y a huit siècles pour construire le plus vaste empire contigu de tous les temps. Un mythe que redécouvrent avec fierté Yiliqui et ses amis, qui jusque-là ne connaissaient que le béton de Pékin. Grâce à eux, le monde entier redécouvre les joies du chant diphonique.

Edité le : 23-05-11
Dernière mise à jour le : 03-08-11