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Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.

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Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.

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2008.11.28 - 00.05 : tracks - 05/12/08

Green Touring

Chaque année, les groupes en tournée polluent l’atmosphère avec leur jets, et des cohortes de fans saccagent l’environnement. Jusqu’ici, le développement durable ne faisait pas partie du vocabulaire de l’industrie musicale. Enfin, une contre-attaque s’organise.

Les salles de concert : 125 000 tonnes de CO2 !
Les bus de tournée : 5 000 tonnes de CO2 !
Le transport du matériel : 13 000 tonnes de CO2 !
La couverture médiatique : 7000 tonnes de CO2 !
Le déplacement des fans : 231 000 tonnes de CO2 !

Le bilan n’a rien de reluisant : l’industrie musicale est hautement toxique pour l’environnement. La génération easy-jet sillonne l’Europe pour se rendre aux concerts, et fait la fête en se moquant du lendemain. Un beau jour, cet homme en a eu assez. Will Moore veut réformer le système de l’intérieur. Le chef de marketing de Virgin Records est l’un des principaux décideurs du business musical britannique. Autrefois, il accompagnait les Stones et Janet Jackson dans leur jet. Jusqu’au jour où il a pris conscience de la fragilité de la planète et a tout plaqué.

Will Moore : "Quand on travaille pour une maison de disque, on passe son temps dans les avions, on traverse l'Atlantique toutes les deux semaines. Quand on suit des groupes en tournée, que l'on fait de la promotion pour la presse, on est témoins de comportements vraiment absurdes, d'un gaspillage inefficace. J'ai fait une tournée de promotion avec une artiste qui exigeait qu'il y ait 100 roses blanches dans toutes les pièces ou elle donnait une interview ou faisait de promotion. Sans roses, pas d'interview. Je trouvais que c'était un gaspillage inutile. J'ai quitté les maisons de disques pour fonder ma propre agence de conseil."

Aujourd’hui, Will Moore incarne la conscience écologique de la scène musicale britannique. Il conseille les groupes, les organisateurs de tournées et de festivals sur la manière de travailler dans le respect de l’environnement. Sa plus grande victoire il la remporte avec un contrat mis au point à l’adresse des groupes. Cette charte écologique permet aux artistes de contraindre les organisateurs de tournées à davantage de respect de l’environnement.

Will Moore : "Notre manifeste : “Nos artistes sont conscients de l'impact négatif des tournées sur l'environnement et qu'ils souhaitent faire tout ce qu'ils peuvent pour réduire cet impact“. En pratique, ont demande aux salles de concerts ou à l'organisateur de sélectionner des salles qui respectent des normes écologiques, où les lumières, le chauffage et la climatisation sont utilisées à bon escient. On demande aussi aux groupes de préférer les véhicules hybrides ou à faible consommation."


Radiohead demande une étude sur dommages environnementaux causées par sa tournée.
L’évolution des mentalités touche peu à peu les artistes. Radiohead, par exemple, a demandé une étude sur les dommages environnementaux causées par sa tournée aux Etats-Unis, et en a publié les résultats. D’autres groupes, pourtant férus de tournées, se rallient au mouvement. Avec 200 concerts par an, le groupe américain Guster compte parmi les gros conducteurs des nomades du rock. Depuis peu, leurs bus roulent au carburant bio.

Les déplacements des groupes et des fans ne sont pas les seuls en cause. La pollution vient aussi des concerts en eux-mêmes. Les festivals produisent régulièrement de gigantesques montagnes de déchets. Le festival de Glastonbury, l’événements rock le plus célèbre et le plus ancien d’Angletterre, rassemble chaque année près de 170 000 fans. Si l’événement monstre passe aujourd’hui pour le festival le moins polluant du monde malgré son ampleur, c’est grâce à son organisateur, Michael Eavis. L’écolo de la première heure a donné l’exemple dès 1970, en s’engageant pour la sauvegarde de la planète sous l’impulsion de ses premiers festivaliers : les hippies.

Entre temps, Michael Eavis verse la totalité des recettes du festival à des organisations écologique telles que Greenpeace. Et pour aller au bout de la démarche, les 2000 tonnes de déchets produites par les festivaliers sont minutieusement triées par quelque 3000 bénévoles avant être recyclées.

Aujourd’hui, le festival de Glastonbury fait figure de modèle « vert » aux yeux du monde entier. A présent, l’évolution des mentalités doit dépasser le cadre de l’événement live. Will Moore a bon espoir. Pour lui, il est évident que le message écologique ne saurait trouver de média plus efficace et plus agréable que la musique.

Will Moore : "Je trouve que la musique est particulièrement intéressante parce qu'elle est un extraordinaire moyen de communication. C'est une industrie assez modeste mais elle existe, elle est partout. Les artistes avec lesquels nous travaillons, les artistes en général ont des opportunités considérables, ils ont même la responsabilité de profiter de leur notoriété pour faire passer des messages positifs."

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samedi, 29 novembre 2008 à 03:00
Pas de rediffusion
(Allemagne, 2008, 52mn)
WDR

Edité le : 25-11-08
Dernière mise à jour le : 05-12-08