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Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.

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09/02/12

Fred Wesley - Ça trombone énormément ! - Tracks

Un reportage de Paul Rambali

Notes longues, courtes, puissantes ou légères, c'est ça le funk !
James Brown avait tout pour lui : une voix d'or, un déhanché d'enfer et de jolis pulls moulants. Mais surtout, le godfather of funk avait la plus parfaite des sections rythmiques, the JB's. Avec à leur tête le génie du trombone Fred Wesley.

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Le funk est venu à moi naturellement. C'est pas inné pour tout le monde, alors maintenant, je l'enseigne !

Aujourd’hui, Fred Wesley enseigne le funk à l’Université de Mobile, en Alabama où il est né. Son père dirigeait un orchestre de jazz : il imposa le trombone à son fils. En 1960, à 17 ans, Fred signe son premier job de musicien : une tournée avec les Kings of Rhythm d’Ike Turner, accompagné de Tina et de ses Ikettes.



Sur la route, Fred croise un certain… James Brown.  En 68, le roi du funk le recrute dans le super-orchestre qui va faire sa gloire. Outre Fred, on y retrouve le jeune bassiste Bootsy Collins, le saxophoniste Maceo Parker, Lyn Collins la "Mama feelgood" de James et le chanteur qui deviendra son maître de cérémonie sur scène : Bobby Byrd.

En un coup de trombone, Fred devient le directeur musical des JB's, l’orchestre de James Brown.

À partir de 70, outre les classiques de James, les JB's accouchent d’une série de tubes instrumentaux qui feront, 15 ans plus tard, le bonheur des rappeurs. Fred collabore aussi avec James aux BO de deux des joyaux de la blaxploitation : "L'Exécuteur Noir" et "Black Caesar".
 
Pourtant, tout n'est pas rose dans le paradis funk. Perfectionniste, James Brown se révèle aussi… tyrannique !

"Ah oui, je crois qu'on peut dire que j'en avais marre. Il voulait que je copie des gens, que je me charge de virer les gens du groupe… Je pouvais pas faire ça. Du coup, je pensais qu'à me barrer !"

C’est Bootsy Collins qui montre la porte de sortie à Fred. En 76, il lui présente le chef d'une secte étrange : George Clinton, prophète du funk intersidéral.

"Bootsy avait le rythme et George Clinton avait le concept : ils disaient que leur groupe avait atterri sur Terre depuis un point de l’espace pour nous sauver de notre manque de funk ! Et Bootsy avait toutes les sortes de rythmes et de lignes de basse qui allaient avec ça. C’était super funky !" Fred Wesley

Fred embarque Maceo Parker et reste cinq ans avec Clinton à la tête de sa nouvelle formation, les Horny Horns, "les cuivres en chaleur". Derrière ses airs de clown déjanté, Clinton réussit son pari de faire passer le courant funk au public blanc.

Aujourd'hui, Fred Wesley dispense des cours de funk, de Berkeley aux master classes qu'il donne dans le monde entier, comme ici à Paris.
 
Derrière lui, 60 élèves et ses vieux compères Maceo Parker et Pee Wee Ellis qui reprennent ses vieux tubes. George Clinton en avait fait sa devise : "le funk est sa propre récompense !"



Liens

Cadreur : Diego Monet
Ingénieur du son : Bruno Banqui

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vendredi, 10 février 2012 à 01:35
Pas de rediffusion
(France, 2012, 52mn)
ARTE F

Edité le : 01-02-12
Dernière mise à jour le : 09-02-12