L’intrigue
Pour son avant-dernier film réalisé en Allemagne, Ernst Lubitsch se lance dans une satire au vitriol du pouvoir, dans une contrée d’Orient imaginaire. Le roi éthiopien Samlak (Paul Wegener) offre sa fille Makeda en mariage au puissant pharaon Aménès (Emil Jannings) pour sceller la paix entre leurs pays. Mais le calcul diplomatique va se transformer en intrigue amoureuse. Au lieu de s’éprendre de Makeda, le vieux pharaon s’intéresse à sa belle esclave Theonis, qui de son côté est depuis longtemps amoureuse du jeune Egyptien Ramphis. Déçu, Samlak part en guerre contre Amenes. Le pharaon est blessé, on le croit mort, et pourtant... Les amours de Theonis et de Ramphis seront de courte durée…
La version
Longtemps, le film n’était visible que dans sa version raccourcie en noir et blanc, jusqu’à ce que le Bundesarchiv-Filmarchiv et le Filmmuseum de Munich confie sa restauration numérique à une société spécialisée, Alpha-Omega digital. Le travail se fait à partir de deux copies nitrate colorisées, l’une provenant du Gosfilmofond, les archives nationales russes, l’autre d’un musée américain, le George-Eastman-House. Des fragments retrouvés et des intertitres rendent à présent compréhensibles les ellipses de l’intrigue. Mais surtout, les couleurs d’origine qui participent de l’effet monumental du film, ont été restaurées. La musique originale, conservée à la Akademie der Künste de Berlin, a été retravaillée et enregistrée par l’orchestre du WDR.
Extrait d’une critique de l’époque
« Un grand film. Devant le cinéma Ufapalast du quartier Zoo, des files entières d’automobiles. Dans la salle, le tout Berlin s’est massé, intellectuels et notables. Depuis son voyage en Amérique, le film de Lubitsch attire encore plus les foules. Malgré les prix pratiqués ! Lentement, l’intrigue se met en place, à renfort de passages légers, même s’ils ne révolutionnent pas exactement l’humour cinématographique. Mais vers le deuxième acte, tous les grands moyens du cinéma, sans oublier ceux de l’art, imposent le suspense. L’empire d’un pharaon, une époque non datée. Tous ces décors bigarrés ne sont que le prétexte à une histoire d’amour. Une esclave grecque va devenir reine. C’est la fin d’un règne, la guerre ravage le pays. Les scènes de masses sont d’un effet saisissant. Lorsque l’armée éthiopienne donne la charge aux Egyptiens, les applaudissements du public éclipsent la musique. Les scène de foule, les décors somptueux et la musique convergent pour faire naître des images percutantes, qui sauront conquérir le public du monde entier. »
(Source : Berliner Lokal-Anzeiger, n° 125, 15 mars 1922)
La musique
Cliquez pour écouter un extrait du premier acte :






Envoyer à un ami
RSS
Facebook
Twitter