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Actualité Cinéma

Pour ceux qui aiment les macarons… (ou les costumes ou Michelle Pfeiffer)

Actualité Cinéma

01/05/02

Femme Fatale

Sortie du 01 mai 2002

FEMME FATALE

De Brian De Palma
(France - USA, 2002, 1h55)
Avec Antonio Banderas, Rebecca Romijn-Stamos et Gregg Henry

Synopsis: Après un hold-up sanglant commis durant le festival international du film à Cannes, une aventurière aussi sculpturale que dénuée de scrupule compte bien se faire oublier. Elle usurpe l'identité d'une jeune femme qui est son sosie, et entame une nouvelle vie sous des allures très respectables. Cependant sa nature perverse reprend le dessus, tandis qu'un photographe désœuvré enquête sur son passé et que ses anciens complices la recherchent avidement.

Critique: Après un film de science-fiction ésotérique ("Mission to Mars") qui a conduit à une grande perplexité jusqu'à ses fans les plus irréductibles, Brian De Palma a choisi de s'exiler à Paris. Est-ce un hasard si ce statut de paria volontaire l'a conduit à explorer à nouveau la veine la plus décriée de son cinéma ? C'est en effet de "Body Double" (1984) ou de "L'Esprit de Caïn" (1992), deux films plus ou moins aux limites du fantastique et parmi les moins vus et les moins appréciés de son auteur, que "Femme Fatale" semble se rapprocher. Heureusement, ce n'est pas seulement la dimension surnaturelle de son cinéma que le cinéaste a choisi de réactiver, après des films peu portés sur le déséquilibre baroque comme "L'impasse", mais aussi une certaine esthétique du mauvais goût, que De Palma a souvent manié de façon jouissive au temps de "Phantom of the Paradise" ou "Pulsions". Le casting de "Femme Fatale "est une première indication, dominé qu'il est par Rebecca Romijn-Stamos (aperçue récemment dans le risible remake de "Rollerball") qui se délecte de son emploi de blonde ultra vulgaire et Antonio Banderas, inénarrable en paparazzi motard, le cheveu gras et rabattu en arrière. Le sujet est un deuxième indice, lui qui prend pour point de départ une rocambolesque histoire de double pour exploser en un kaléidoscope d'idées où le grotesque le dispute à l'humour le plus débridé. Il n'est pas sûr, comme ce fut le cas pour "Body Double", que tout le monde goûte avec délectation cet exercice masochiste et satirique, qui lorgne autant du côté du téléfilm érotique pour chaîne câblée que du clin d'œil iconoclaste et déviant au maître Hitchcock. Mais après la maîtrise un peu hautaine d'un bel objet inutile comme "Snake Eyes" (1998, avec Nicolas Cage), on est content de voir que Brian De Palma s'en est retourné à un cinéma impur et turbulent.

Julien Welter

Edité le : 20-04-04
Dernière mise à jour le : 01-05-02