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ARTE Journal - 10/04/12

Espoir dans le sud, peur dans le nord

Deux semaines après avoir pris le pouvoir à Bamako par un coup d'État, les militaires maliens, sous pression des pays voisins, ont décidé de le rendre aux civils. La priorité des nouvelles autorités sera de tenter de pacifier le nord-malien tombé aux mains de rebelles touareg et islamistes.

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Vendredi soir, le capitaine Amadou Haya Sanogo, chef de la junte qui avait renversé le 22 mars le président Amadou Toumani Touré, accusé "d'incompétence" dans sa gestion de la situation dans le Nord, a annoncé le transfert du pouvoir aux civils. Le plan prévoit la désignation d'un président de la République et d'un Premier ministre de transition jusqu'à la tenue d'élections présidentielle et législatives. Après avoir imposé le 2 avril un embargo diplomatique, économique et financier "total" à la junte, la Cédéao, a décidé la levée "immédiate" de ses sanctions, juste après l'accord qui prévoit également l’amnistie pour les auteurs du coup d'Etat et promet la protection au président renversé Amadou Toumani Touré.

Des élection déjà compromises


Conformément à la constitution malienne, le poste de chef de l'Etat intérimaire sera  occupé par le président de l'Assemblé nationale. Celui-ci aura 40 jours maximum pour organiser des élections. Mais comment imaginer la tenue d'un scrutin aussi important alors que les troubles perdurent dans toute la moitié nord du pays ? Les trois capitales administratives de Kidal, Gao et Tombouctou sont contrôlées depuis une semaine par les rebelles touareg, les groupes islamistes armés et d'autres groupes armés.

Les islamistes font leur nid 

 
La proclamation d'indépendance vendredi par le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg), unanimement rejetée en Afrique et dans le reste du monde, ajoute à la confusion. Cette proclamation unilatérale ressemble plus à un effet d'annonce qu'à une réalité sur le terrain. En effet le MNLA semble avoir été marginalisé par les islamistes du mouvement Ansar Dine (Défenseurs de l'islam) appuyé par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), dont trois des principaux chefs ont été vus à Tombouctou.

Menace d'intervention


La Cédéao a menacé vendredi de recourir à la force pour préserver "l'intégrité territoriale" du Mali après la déclaration d'indépendance du MNLA. Elle a rappelé "à tous les groupes armés du Nord du Mali" que ce pays est "un et indivisible" et qu'elle "usera de tous les moyens, y compris le recours à la force, pour assurer l'intégrité territoriale du Mali". L'organisation ouest-africaine - 15 membres, dont le Mali - envisage d'y envoyer une force militaire de 2.000 à 3.000 hommes. Les chefs d'état-major des armées de la Cédéao ont élaboré un "mandat" pour cette force, qui reste à être approuvée par les chefs d'Etat.

D. Wanner pour ARTE Journal (avec AFP)

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Edité le : 07-04-12
Dernière mise à jour le : 10-04-12