(Italie, 2004, 1h40)
Avec Bud Spencer, Jun Ichikawa, Sally Ming, Zeo Ni
Hors Compétition – Piazza Grande Locarno 2004
Synopsis : Une jeune étudiant boutonneux entre par inadvertance dans un bordel qui fait également office de théâtre. Il devient le spectateur d’une représentation où, entre chorégraphies et monologues, une troupe compte les aventures hautes en couleurs de la veuve Ching, une belle et intrépide femme flibustière qui, dans la Chine du VIIIe siècle, cherche, en défiant la flotte impériale, à venger la mort de son époux bien-aimé, pirate lui aussi, mais trahi par ses employeurs issus des cercles du pouvoir. Critique : Pour une majorité du public, Ermanno Olmi reste affilié à sa Palme d’or obtenue en 1978 pour « L’Arbre aux sabots », une chronique pastorale souvent rattachée au cinéma des frères Taviani. Depuis une quinzaine d’année (et le Lion d’Or ayant récompensé « La Légende du Saint Buveur », une fable poétique où Rutger Hauer interprétait un mineur de Silésie devenu clochard céleste sous les ponts de Paris), Olmi s’attache à un cinéma formellement très ambitieux, mais où l’onirisme se substitue toujours à la contemplation, ainsi qu’à une grande fermeté morale.
Exigeants et érudits, ses films sont exempts de toute morgue professorale ou philosophique. Olmi travaille avec inspiration le rappel de l’Histoire comme miroir des fourberies contemporaines, pour mélanger les formes savantes (un art du montage composite et de la mise en abyme s’associe à une récitation instruite) et les formes populaires (le comédien Bud Spencer incarne un corsaire poète, et la mise en place d’un fait historique prend place… sur la scène d’un bordel).
La savoir se transmet par le conte, de la bouche d’un pirate à celle d’un comédien de théâtre, pour parvenir à un étudiant naïf ou un client de prostituée, quand les pirates ont pour eux de commettre leur exactions au grand jour, tandis que le pouvoir officiel les masque derrière l’application des textes de lois. Pour celui qui fait l’effort de se plonger au cœur de ce patchwork à l’esthétique aussi artisanale (les toiles de fonds, le décor de théâtre) qu’achevée (une exploitation spectaculaire et calme de la figuration de vrais navires de guerre, mais également d’amples décors naturels et insulaires), la sollicitation, intellectuelle ou sensorielle, prend soudain la forme d’un cadeau royal comme le cinéma n’en offre plus que rarement.
Julien Welter
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En chantant derrière les paravents
D’Ermanno Olmi
(Italie, 2004, 1h40)
Avec Bud Spencer, Jun Ichikawa, Sally Ming, Zeo Ni
Hors Compétition – Piazza Grande Locarno 2004
Sortie du 15 décembre 2004






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