Joze Slatnar raconte : "Jusqu'au bout, j'ai crû en l'Etat de droit croate. Je ne pensais pas qu'ils démoliraient ma maison. Les autorités croates m'ont délivré tous les documents nécessaires à la construction. Si je ne les avais pas reçus, je n'aurais jamais commencé à construire." Comme ses deux voisines et des milliers de propriétaires dont les maisons ont été démolies, Joze Slatnar a le sentiment d'avoir été trompé par l'état. Des années durant, les autorités lui ont fait croire qu'il était en règle.
Magdalena Tomazeviæ explique : "Quand les excavatrices sont arrivées, je n'ai pas eu le courage d'assister à la démolition de notre maison. Des voisins m'ont appelée au téléphone. J'ai dû leur confirmer que leurs maisons avaient également été détruites." Dans la circonscription de Marcana, près de 270 maisons ont déjà été démolies. Et ce n'est pas fini. D'après les autorités, il n'y a jamais eu de permis de construire officiel. Après la guerre, la situation juridique dans l'ex-Yougoslavie était très floue, tant pour les maîtres d'ouvrage que pour les autorités. Résultat : aujourd'hui, le maire doit gérer 2000 constructions sauvages.
Marijan Kostešiæ, maire de Marcana, dit : "A l'époque, il existait une foule de lois qui n'avaient aucun lien entre elles : la loi cadastrale, les plans de construction, le droit de séjour pour les étrangers et beaucoup d'autres encore. C'est pourquoi, les personnes concernées se sentent dans leur droit. Pendant toutes ces années, elles résidaient légalement ici et ont payé les charges municipales comme l'enlèvement des ordures."
L'application rigoureuse des lois sur l'aménagement du territoire et la construction s'accompagne de strictes mesures de protection de l'environnement. Kata Gojeviæ est du Ministère croate de la construction et de l'environnement : "La plupart des experts estiment que la côte croate est l'une des plus belles de méditerranée. Elle a gardé son aspect d'origine et est restée intacte sur le plan écologique."
Joze Slatna a porté plainte pour la démolition de sa maison. Mais il est peu probable que le tribunal de Zagreb lui donne gain de cause. En dernier recours il saisira la Cour européenne.






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