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ARTE Journal - 23/05/12

Égypte : une présidentielle sans réel favori

Le 23 et le 24 mai les Égyptiens sont convoqués aux urnes pour le premier tour de la présidentielle. La Haute commission électorale a validé 12 candidatures, dont celles de plusieurs islamistes, des libéraux, mais aussi des ex-militaires et même des fidèles du régime déchu de Hosni Moubarak.

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Une élection sans réel favori
Les 50 millions d’Égyptiens appelés aux urnes n’ont pas de réel favori. Aucun des 12 candidats en lice n’a présenté un programme susceptible de résoudre les nombreuses difficultés auxquelles le pays est confronté. La jeunesse, elle, semble avoir perdu ses illusions. En tout premier lieu, les jeunes révolutionnaires qui ont risqué leur vie Place Tahrir. Ils ne sont pas parvenus à présenter leur propre candidat. Ils pourraient finalement porter une partie de leurs votes sur le vétéran nassériste Hamdeen Sabahi, également soutenu par la gauche historique, sans grand espoir toutefois de le voir s'imposer.

Cinq candidats possibles au second tour
Si personne ne dépasse la barre des 50% de suffrages dès le premier tour, cinq candidats semblent en mesure d’atteindre le deuxième tour, les 16 et 17 juin prochain. A commencer par le pédiatre Abdel Moneim Abul Futuh. Islamiste dit modéré, il a été exclu de la confrérie des Frères Musulmans après avoir contribué à l'édification de structures de soins aux abords de la place Tahrir pendant la révolution. Il aussi l'un des rares candidats à s'être mobilisé en faveur du droit des femmes et de la défense de la minorité chrétienne. Abdel Moneim Abul Futuh pourrait séduire les progressistes comme les plus radicaux. Un large éventail de partisans qui lui donne une chance réelle de l’emporter. Mais il sera concurrencé par le candidat de son ex-confrérie religieuse Mohammed Mursi. Egalement en bonne position, l’ex-général Ahmad Chafiq, le candidat du retour à l’ancien système. Il propose de diriger le pays comme le faisait Hosni Moubarak, dont il a été le dernier chef de gouvernement, ce qui pourrait rassurer les électeurs affolés par les violences des derniers mois. Dernier candidat potentiellement vainqueur : Amr Mussa, ancien ministre des Affaires étrangères et ex-secrétaire général de la Ligue arabe. II se présente comme un adversaire de l’ancien régime, sans pourtant jamais avoir remis en question l’autocratie de Moubarak.

Risques de violences après la publication des premiers résultats
L’aptitude au compromis ne semble pas être le point fort des responsables politiques égyptiens. Certains candidats ont laissé entendre qu’ils contesteraient la légitimité d’un résultat qui ne correspondrait pas à leurs attentes. Dans ce cas, de nouvelles émeutes pourraient avoir lieu, d’autant que de nombreux candidats ont été écartés du scrutin, parfois dans des conditions douteuses.

Espoirs et inquiétudes
L’élection suscite beaucoup d’inquiétude. Les élites du pays, comme les académiciens et les hommes d’affaires, craignent la victoire d’un candidat islamiste. Dans un pays, dont un quart de la population est analphabète, la misère, dont souffrent de nombreux Égyptiens, aurait constitué un thème de campagne important.

Incertitudes avant le scrutin
Difficile de dire si la victoire basculera du côté progressiste ou reviendra à un candidat islamiste. Les sondages sont peu fiables, quand ils ne sont pas tout simplement achetés et manipulés. La situation pré-électorale est d'autant plus floue que la rédaction de la nouvelle Constitution n’est toujours pas achevée. La composition de la commission chargée de la rédiger a suscité tant de polémiques qu'elle a fini par être suspendue. Et si personne ne sait vraiment quels seront les pouvoirs du nouveau président, c'est aussi parce que l’armée, qui détient actuellement les vraies clefs du pouvoir, tentera probablement de conserver ses privilèges.


Alexandra Jaenicke pour ARTE Journal

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Edité le : 22-05-12
Dernière mise à jour le : 23-05-12