Bristol : petite ville du sud-ouest de l’Angleterre connue pour la traite des esclaves, le Concorde, Wallace et Gromit et le trip-hop. Mais le produit d’exportation le plus connu de la ville est un fantôme : Banksy. Et celui-ci vient de retourner discrètement dans sa ville natale. En l’espace d’une nuit, Banksy, superstar du street-art, a installé ses travaux au musée de la ville de Bristol. Une véritable opération commando artistique qui s’est préparée dans le plus grand secret. Même le personnel du musée n’était pas informé. Du pur Banksy.
Dans les années 80, Inkie, un artiste de street-art a été vice champion du monde de graffiti. Il a travaillé avec Banksy. Mais sur l’identité de Banksy, il reste muet comme une tombe. Jusque dans les années 90, les deux compères bombent ensemble les murs de Bristol. Certaines de leurs œuvres communes sont toujours visibles. Plus tard, ils se séparent pour divergence de points de vue artistiques. Inkie : « Quand Banksy a commencé à utiliser les pochoirs, c'était très mal vu par les grapheurs. C'était comme si on ne savait pas se servir d'une bombe de peinture. Mais quand on réfléchit, cela permettait en dix secondes d'exécuter un dessin très détaillé qui nous demandait trois ou quatre heures. Alors que nous, on se faisait arrêter, Banksy travaillait beaucoup plus vite et échappait aux policiers ».
Très vite, Banksy se sent à l’étroit à Bristol. A Londres, New York ou en Palestine, ses pochoirs fleurissent sur les murs du monde entier. Le curateur Robert Birse a été le premier à reconnaître la valeur de ces graffitis. Il y a neuf ans, Robert est encore étudiant en art quand il décide d’exposer le travail de Banksy dans une galerie. « Ce qui nous a beaucoup surpris, ce n'est pas seulement le succès de l'exposition, mais la variété des visiteurs. Il y avait des gens de tous les âges, de celui des mes grands parents jusqu'aux adolescents et aux enfants, des gens de tous les milieux, des gens qui n'étaient pas forcément des passionnés des arts ou même des graffitis. L'humour et l'intelligence de Banksy plaisent à un public très large ».
"Une œuvre d’art vaut ce que les gens sont prêts à payer pour la regarder ou ne pas la regarder."Pour voir le maître au travail, il faut aller sur Youtube. Ses œuvres sont désormais visibles dans les plus grands musées, du Louvre au Musée d’histoire naturelle de Londres. Banksy va les accrocher lui-même, incognito, pendant les heures d’ouverture. Aujourd’hui, Banksy est à la fois ultra tendance et l’homme le plus recherché d’Angleterre. Même les élus de la ville de Bristol sont passés dans le camp des fans de Banksy. Il n’y a pas si longtemps, les œuvres de Banksy étaient encore effacées au karcher. Aujourd’hui, les rares travaux qui restent sont jalousement protégés. La mairie de Bristol envisage même de les conserver sous des plaques de plexiglas. Et cela pour une raison très précise : quand les touristes viennent visiter la ville, ils voient aussi l'art de la rue.Banksy
Son livre est un best-seller en Angleterre, et ses œuvres coûtent jusqu’à 300 000 livres (328 000 euros). « L'impact de ce qu'on appelle “l'effet Banksy“, explique Inkie, c'est qu'avant lui, les gens ne prenaient pas les graffitis très au sérieux. Quand une agence de pub vous commandait une image, ils vous proposaient 50 euros. Aujourd'hui, on peut exiger les honoraires d'un illustrateur pour faire un graffiti. On bénéficie d'une certaine reconnaissance ».
"Je ne me fais aucune illusion. Mon succès n'est dû qu'à l'indigence des productions des autres artistes de graffitis. Ce qu'ils font est généralement nul, prétentieux, insignifiant et futile. Moi, je ne suis comme ça que le weekend."Car en semaine, il travaille. L’été dernier, plus de 300 000 visiteurs sont venus admirer les œuvres de Banksy à Bristol. Certains ont fait la queue pendant 8 heures.Banksy
Liens
Livre
Wall and Piece (2005)Banksy
Editeur : Random House
Video
A voir également
Se déployant dans les espaces d’exposition, sur la façade et dans le jardin de la Fondation Cartier, l’exposition Né dans la rue met en lumière l’extraordinaire vitalité d’un mouvement artistique qui a pris son essor dans les rues de New York au début des années 1970 et qui est rapidement devenu un phénomène mondial. Solidement ancré dans le paysage culturel, le graffiti traverse aujourd’hui les domaines des arts plastiques, du design et de la publicité.
Né dans la rue
à la Fondation Cartier à Paris
du 7 juillet au 10 janvier 2010














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3 commentaire(s)
Ou est le review ? | Pierre
17.11.2009 - 12h28
ben, pareil ! c'est incompréhensible de ne pas pouvoir voir ou revoir l'émission sur Internet. On est en 2009 ! on se réveille... allez...
Ou est le review ? II | Elise
05.11.2009 - 19h00
Moi aussi je veus le voir !
ou est le review? | Math
02.11.2009 - 14h15
je veux voir l'épisode sur Banksy et apparemment il n'est pas en ligne sur le site!! pourquoi?
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