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Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.

> Tracks du 3 juin 2010 > Dance Machine

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Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.

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04/06/10

Tracks - Dance Machine - Vive la nouvelle chair!

Un reportage de Carine Roy

Avant de rencontrer l'artiste parisien Michaël Sellam, le robot Quatro rangeait des bonbons dans des boîtes. Depuis, il se prend pour Kool Herc, l'inventeur du scratch, en version dix mille tours minutes.


Scratch de Michaël Sellam, 2007.

"La machine monstre est équipée d'une tête de lecture spéciale qui amplifie le son produit par les attaques frénétiques du métal sur le disque. Attaques impossibles à suivre à l'oeil nu.
Les variations de positions et d'accélérations sont orchestrées par un logiciel spécifiquement conçu pour le projet. La puissante décharge des passages de la pointe métallique sur la surface du vinyl produit une série de lignes d’érosion en enlevant de la matière sur les microsillons. Les mutations et transformations du disque sont le résultat unique et direct de la séance de travail, la trace brute de la performance. Le disque - dont le choix est arbitraire - n'est remplacé que lorsqu'il atteint la limite de la rupture, jusqu'à saturation."

À 35 ans - et bien qu'il ne cesse d'explorer d'autres champs d'investigations tels la sculpture, la photographie ou la vidéo - le très prolifique Michaël Sellam n'en est pas à son premier détournement de machines. Reprogrammés, il veut faire des robots les John Zorn de demain.

Comme dans Black Metal Forever, véritable "messe noire mécanique",Michaël Sellam fait jouer à une nacelle élévatrice haute de seize mètres une mélodie bien épaisse. Les sons, émis par les mouvements de la grue, sont récupérés par cinq capteurs, amplifiés et mixés en direct.  

Michaël Sellam : Moi ce qui m'intéressait beaucoup avec la texture de la nacelle, c'est qu'elle fonctionne véritablement comme une sorte de peau, comme un épiderme un peu meurtri en fait. Il y a une référence évidente aux films de science fiction, comme "Alien", donc à l'univers de Giger ou à des formes qui sont entre l'organique et le mécanique.


Black Metal Forever de Michaël Sellam, 2010.



Près de cinquante ans après sa sortie en salle, l'artiste Peter William Holden ressort les parapluies pour un remake de Chantons sous la Pluie version robotique. Dans son ballet automatisé, les ombrelles se prennent pour Gene Kelly.

Invité au Festival Exit de Créteil pour la première fois, le plasticien anglais Peter William Holden est le Maurice Béjart des automates. Il y présente ses  machines à danser comme ici Arabesque : une armada de jambes et de bras carburant à l'air comprimé.



Pour Peter, le déclic remonte à 84. Cette année-là, il est l'assistant de Jim Whiting. Considéré par Jean Tinguely, l'inventeur des sculptures mécaniques, comme son digne successeur, Jim est le créateur des automates qui peuplent le vidéoclip Rockit de Herbie Hancock.

Dans les années 30, Busby Berkeley, ancien lieutenant dans l'artillerie américaine met à profit son goût pour l'ordre et la cadence au service d'Hollywood. En inventant la prise de vue verticale, le réalisateur révolutionne la comédie musicale et donne son nom à cette manière de tourner : la "plongée Busby". Soixante-dix ans plus tard, Peter William Holden remplace les muscles par un coup de piston. 


Après des études de physique et d'acoustique architecturale, Aurélien Bory devient jongleur puis se lance dans la mise en scène. Pour sa dernière création intitulée Sans Objet, le robot soudeur de deux tonnes devient danseur. Grâce à ses multiples articulations, il peut joindre n'importe quel point de l'espace. Une performance qui en a fait l'ouvrier modèle de l'industrie automobile aux débuts des années 70.

Aurélien Bory : Rapprocher sur scène un bras articulé avec des acteurs, c'était l'idée de travailler aussi à partir du corps. Le corps, chez moi, l'acteur c'est un corps en mouvement et ce robot c'est un corps, ce bras articulé six axes, c'est un corps en mouvement. Donc, quelque part, ils parlent le même langage et j'ai essayé de les rapprocher. Je voulais que la machine soit avant les danseurs, c'est-à-dire qu'elle soit active et que les acteurs, ils suivent, qu'ils soient passifs.

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mardi, 8 juin 2010 à 05:00
Pas de rediffusion
(France, 2010, 52mn)
ARTE F

Edité le : 25-05-10
Dernière mise à jour le : 04-06-10