Deutsch

Taille du texte: + -
Accueil > Echappées culturelles > Metropolis > > Quentin Meillassoux

Metropolis

Metropolis, Le magazine culturel hebdomadaire d'ARTE

Metropolis

18.02.06 - 01.05 : metropolis

Quentin Meillassoux

« Après la finitude » est un essai philosophique, le premier livre de Quentin Meillassoux, enseignant à l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm.

a lire aussi

« Après la finitude » est préfacé par Alain Badiou. Quentin Meillassoux publie en même temps – et dans la même perspective philosophique - dans la revue « Critique » « Deuil à venir, Dieu à venir ». Ces deux textes viennent en prélude à un ouvrage qui développera les mêmes thèmes de manière plus ample. Pour Quentin Meillassoux, l’obstacle évident à l'espérance d’un dieu à venir, c’est ce monde pour l’heure sans Dieu, et obéissant semble-t-il pour jamais à des lois physiques incapables de permettre une telle émergence surnaturelle. Mais si ces lois de la nature n’étaient pas nécessaires, s’il n’est pas sûr qu’elles existent toujours, d’autres lois, plus clémentes, pourraient s’y substituer pour, sans l’aide d’un dieu, faire enfin naître un dieu.

Quentin Meillassoux :"Dois-je désespérer du monde si je suis athée, dois-je désespérer de Dieu si je suis croyant ? Ce dilemme, en fait, il a à voir avec le rapport des vivants et des morts... Et je n’ai trouvé de soutien ni dans la religion ni dans l’athéisme. Au lieu que l’espérance messianique s’appuie sur un Dieu actuellement présent dont la justice est infondable pour espérer l’avènement d’une justice future, je propose que l’exigence messianique espère l’émergence même du divin comme cette justice excédentaire des possibilités du monde physique."

Alain Badiou :"Quentin Meillassoux a cette particularité saisissante de faire une thèse qui, au lieu d’être une thèse d’histoire de la philosophie, sur un créneau porteur dans un petit coin, est une proposition philosophique extraordinaire, totale, rigoureuse et provocante, un véritable système de métaphysique, une chose dont on n’avait vraiment plus tellement l’habitude, et ce système de métaphysique qui soutient que tout est absolument contingent, absolument livré aux hasards essentiels culmine dans une thèse extraordinaire qui est la promesse de la résurrection des morts, mais une promesse de la résurrection des morts entièrement laïcisée et dépourvue de tout destin religieux."

..........................................
Livre
Après la finitude. Essai sur la nécessité de la contingence
de Quentin Meillassoux
au Seuil dans la collection „L’ordre philosophique“
La critique empiriste des prétentions universelles de la pensée humaine est-elle réellement fondée ? On sait que c'est le problème de Kant. Mais Quentin Meillassoux montre avec une force étonnante qu'une autre compréhension de cette critique, restée en quelque sorte dissimulée, bien que plus «naturelle», aboutit à un partage des ambitions de la pensée très différent de celui proposé par Kant. Il établit en effet qu'une seule chose est absolument nécessaire : que les lois de la nature soient contingentes.
Ce noeud entièrement nouveau entre les modalités contraires installe la pensée dans un tout autre rapport à l'expérience du monde, un rapport qui défait simultanément les prétentions «nécessitantes» de la métaphysique classique, et le partage «critique» entre l'empirique et le transcendantal.
Cette remarquable «critique de la Critique» est ici introduite sans fioritures, coupant vers l'essentiel dans un style particulièrement clair et démonstratif. Elle autorise à nouveau que le destin de la pensée soit l'Absolu, et non la «finitude» dans laquelle nous nous complaisons en laissant la morale, ou le «retour du religieux», servir de fictif supplément d'âme.

..........................................
Metropolis
Samedi 18 février 2006 à 01h05
Rediffusion le 19 février à 18h05
Rédaction : Online Production
..........................................

Edité le : 03-03-06
Dernière mise à jour le : 03-03-06


+ de Echappées culturelles