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Cultures Electroniques

11/05/09

Interview de Douglas Repetto

Interview menée par Anne Laforet


A l'occasion d'une séance de dorkbot Paris au Palais de Tokyo, Cultures Electroniques a rencontré Douglas Repetto , le fondateur de dorkbot. Douglas Repetto est un artiste et enseignant à l'université Columbia à New York. Il est à l'origine également du projet ArtBots, une série d'exposition à l'intersection de l'art et de la robotique, dont la dernière a eu lieu à Dublin en 2008.

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- Pouvez-vous nous raconter les débuts de dorkbot ?

Douglas Repetto : Le fait que dorkbot soit devenu une organisation mondiale est complètement accidentel. Cela n'a jamais été mon ambition. La section de New York a commencé en 2000 parce que je m'y suis installé et ne connaissais personne. Je bidouillais dans mon coin sans avoir personne à qui montrer mes productions ou avec qui en discuter. J’avais vraiment envie de partager toutes ces expériences et de rencontrer des gens étonnants et intéressants, je ne savais pas où ils étaient.
J'ai commencé à poster des invitations sur des listes de discussion en disant que j'organisais une rencontre et invitais quiconque était intéressé à venir présenter ses productions. Cette invitation était volontairement assez floue, sans mention d'art électronique, ni de hacker, ni ceci ni cela, seulement "venez et partagez ce qui vous intéresse". J’aime l’art et les artistes, mais j’aime aussi les gens qui sont tout simplement obsessionnellement passionnés par ce qu'ils font.
Je n'ai jamais imaginé que ce serait autre chose que des rencontres locales, à New York. Et dès que ça a commencé à se développer ailleurs ça a été plus facile pour moi de laisser les choses suivre leur cours. Au tout début, nous nous sommes demandés s'il fallait avoir un guide ou des règles pour dorkbot et il est devenu évident que cela n'avait aucun sens. Je vois ça actuellement comme une expérience naturelle : quelle est l'organisation la plus minimale nécessaire pour faire quelque chose de pertinent ? Je pense que dorkbot est devenu quelque chose de significatif, même si je ne sais pas exactement quelle est cette signification.
Dorkbot, c'est un slogan (« People doing strange things with electricity ») et un nom un peu bête ; personne ne sait ce que cela veut dire et chacun se l’approprie et le décline comme bon lui semble. C'est devenu une expérience en tant que telle : il n'est pas question de succès.




- Comment dorkbot s’est-il développé ? Comment voyez-vous cette évolution ?

Dorkbot s’est développé par le bouche à oreille. Londres a été le premier dorkbot après New York, en 2001, le deuxième a eu lieu à Gand. C'est peut-être un cliché maintenant mais ça a été viral. Si dorkbot a pris une telle ampleur, c’est grâce à Alex McLean et Saul Albert qui ont été les premiers - à Londres – à utiliser aussi bien la même idée, que le même nom et le même slogan. Un dorkbot est une chose, mais deux, c'est comme s'il y en avait des milliers. Dès qu'il y en a eu deux, en deux mois j'ai reçu plein d'e-mails de gens qui en avaient entendu parler. La création et la mise en place des dorkbots ont été quasi « organiques », nous n’avons pas essayé de mettre en place des stratégies. Les institutions finissent très souvent par exister seulement pour elles-mêmes, pour se maintenir, se propager.
Bien que j’essaie de minimiser mon pouvoir décisionnel au sein de dorkbot, j'ai cette image de personnage central. Que se passe-t-il si vous avez une organisation qui ne fait rien pour se préserver elle-même ? Je ne fais littéralement rien, je ne cherche pas de fonds, je ne fais pas de publicité.
Cela fait longtemps que le festival Ars Electronica nous propose chaque année de poser notre candidature pour le Prix Digital communities et nous avons toujours refusé. Sur la liste de discussion qui rassemble les organisateurs des différents dorkbot, nos avis sont très divergents ; certains pensent que ce serait super, d'autres qu'Ars Electronica est un endroit horrible, d'autres qu'un prix serait une bonne chose parce que nous avons travaillé dur, d'autres qu'un prix serait la pire des choses possibles... dorkbot va très bien globalement et nous n'avons besoin de rien.

Au niveau local, c'est différent ; certains font des dossiers de subventions... A New York, nous n'avons jamais eu d'argent. Certains interviennent au palais de Tokyo, certains dans leurs maisons. Les situations sont tellement diverses qu'utiliser le même nom est presque dénué de sens. Les gens se déplacent dans différentes villes et font diverses expériences mais il y a cette idée d'assister à l'instanciation d'une même chose.
Quand quelqu'un m'écrit en disant : "j'aimerais créer un dorkbot", je dis toujours oui. Même dans une petite ville, ce serait fantastique. Ils essaient et généralement ça ne marche pas ; quelquefois c'est juste quelqu'un qui ne sait pas comment organiser les rencontres ; ça ne pose pas de problèmes d'échouer. Et deux ans après, quelqu'un dans la même ville y arrive. Si dorkbot cessait de m'intéresser, je m'arrêterais et laisserais quelqu'un s'en occuper. C'est toujours l'idée de ne pas tenter de protéger une identité, comme, par exemple, écrire dorkbot en minuscules comme je le fais, ou DorkBot, comme l'écrivent certains. Dans ma vie personnelle, je suis très intéressé par ce genre de choses, mais j'ai réalisé qu'il n'y avait rien à protéger.
C'est l'expérience de chacun localement qui fait la valeur de dorkbot, et cela n'a rien à voir avec la pression sociale que nous ressentons pour réussir et mettre en place quelque chose de prestigieux, qui va durer. Pas de prestige, pas d'argent, pas de subventions, pas de pressions pour homogénéiser le tout, et ça marche !



- Suivez-vous ce qui se passe dans chaque dorkbot ?

Je suis abonné à toutes les listes de discussion. Nous offrons aux gens gratuitement de l'espace sur le site web de dorkbot et des listes de diffusion (pour annoncer les rencontres et discuter). Je suis donc ce qui se passe, qui fait quoi, et de temps en temps je participe à la conversation. Par exemple, en ce moment, à Portland, où il s'agit plutôt de workshop de geeks, on discute pour essayer d'avoir plus d'artistes qui prennent part. Les organisateurs de dorkbot sont très divers, il n'y a pas nécessairement de culture commune. Les questions comme celles d'Ars Electronica me rendent un peu nerveux parce que je prends la mesure des opinions très différentes de tous les organisateurs de dorkbot : il nous faut alors négocier. Il n'y a pas de processus de prise de décisions en commun.




- D'autres réseaux d'artistes et de créateurs numériques existent, comme celui d'Upgrade!

dorkbot et Upgrade! sont assez similaires. A mon avis, Upgrade! est plutôt la version professionnelle de dorkbot. Je parlais récemment avec la fondatrice d'Upgrade!, Yael Kanarek, et nous comparions les publics. Nous sommes tombés d'accord qu'Upgrade! a l'air plus ciblé, plus utile. A dorkbot viennent aussi des professionnels, commissaires d'exposition ou artistes, mais également des tas de gens bizarres et un peu fous. Pour moi, c'est très bien, mais il n'y a pas nécessairement de cohésion dans les rencontres. Il peut y avoir de très mauvaises présentations. Il n'y a rien à perdre à dorkbot. Personne n'a inventé l'idée de gens se rencontrant pour partager, il y a juste des manières différentes de s'organiser, ou non.




- Pensez-vous que les dorkbot reflètent la diversité des villes où les rencontres ont lieu ou bien seulement les conditions matérielles, les situations des différents organisateurs ?

Un peu des deux. Dans chaque ville, il y a une sorte de pression culturelle sur la façon d'organiser les choses, pour que ce soit cool, mais la personnalité des différents organisateurs est importante. En terme de contenu, je dirais que les villes ont une large part d'influence. A Londres, il y a des tas d'expériences folles. A San Francisco, il y a beaucoup plus de choses liées au sexe, à la nourriture et au feu, à New York, aux arts numériques. Pourtant, j'essaie de diversifier les travaux montrés, même si personne n'a la place d'avoir un grand atelier rempli de choses dingues. Dans certains lieux, notamment en Amérique du Sud, c'est plus politique, et ils préconisent l'open source.
A moins que l'on cherche à le tuer, un événement comme dorkbot grandit et se répand inexorablement. Quelquefois les gens pensent qu'ils prennent des décisions de manière structurée ou précise, mais en réalité cela arriverait de toutes façons, comme une expérience avec une bactérie par exemple.




- Pensez-vous que l'on assiste à une massification du bricolage technologique, comme par exemple avec le magazine américain MAKE ?

Le web a certainement permis à des tas de gens d'avoir accès à des informations sur la manière de faire telle ou telle chose. Et certains outils et technologies sont devenus moins chers et plus accessibles. Il y a eu plusieurs phases. Ce que nous voyons maintenant est une sorte de "bricolage physique" alors que peut-être pendant une bonne partie des années 90, tout se passait avec le web, les ordinateurs ; c'était plutôt du "bricolage en ligne" et électronique. Le web a été quelque chose d'irrésistible, il est apparu de nulle part pour la plupart des gens ; c'est une rencontre qu'ils ont faite alors qu'ils étaient à l'université et dans laquelle ils se sont impliqués. Ce qui est en ligne est devenu plus normal et donc moins sexy. Les gens qui se passionnaient ont pris du recul et se sont mis à construire des choses physiques. C'est possible d'aller de l'un à l'autre de manière fluide, comme le fait la nouvelle génération. Je connais beaucoup d'exemples de ce type.



- MAKE, FLOSS (Free Libre Open Source Software), c'est-à-dire les logiciels libres et ouverts, open hardware, une démarche proche autour des ordinateurs et matériels, etc, participent à un phénomène de masse de prise en mains d'outils dans lequel dorkbot s'inscrit. Qu'en pensez-vous ?

C'est le résultat de la combinaison de plusieurs facteurs. Par exemple, les "hobbyists" (amateurs) aux Etats-Unis, comme ceux qui construisent des trains miniatures, se retrouvent régulièrement pour se montrer leurs trouvailles. Les gens qui font des modèles de train utilisent des arduinos [une sorte de circuit imprimé à bricoler soi-même, à moindre coût] ou d'autres types de contrôles numériques. C'est le web et l'influence des technologies. Tout ça est devenu si accessible que divers groupes de hobbyists (ceux qui font voler des avions miniatures...) se rassemblent autour des technologies plutôt qu'autour de thèmes spécifiques (les avions ou le net art ou autres). Les ateliers ne sont généralement pas regroupés autour d'un intérêt mais plutôt liés à un outil ou une technologie. Quelqu'un veut faire un train contrôlable à distance, et quelqu'un d'autre une installation de net art ; et ils peuvent utiliser le même type de technologies. Et c'est une des raisons pour lesquelles je suis favorable à une ouverture la plus large possible.

Je souhaite que ces différentes communautés se rencontrent, elles ont beaucoup en commun. Inévitablement, elles vont avoir des divergences, mais si c'est possible de les faire travailler ensemble, ça ouvre un espace plus vaste pour des expériences intéressantes.
Aux Etats-Unis en particulier, et de plus en plus en Europe selon moi, il y a une polarisation très forte, une grande pression à choisir son camp et y rester. Que ce soit à droite ou à gauche, il y a la façon correcte de penser. Cela peut être difficile d'avoir une conversation, on est considéré comme un traître si l'on cherche le dialogue. Une fois que les gens travaillent ensemble dans un atelier, une relation peut se former, et tout se règle ainsi : travailler ensemble plutôt qu'écrire un manifeste.
Une démarche comme celle du magazine MAKE est très intéressante : lorsqu'on se rend à la Maker Faire [un rassemblement de bricodeurs où chacun peut avoir un stand pour montrer et vendre sa production] , on rencontre des gens issus de communautés très différentes qui seraient très suspicieuses les unes les autres et qui s'amusent bien ensemble. Cela ne peut être que bien selon moi.



- Il semble qu'il y ait en général plus d'hommes que de femmes qui présentent leurs travaux à dorkbot. Est-ce que c'est seulement parce qu'il y a plus de garçons que de filles qui développent ce genre de projets ?

Je ne pense pas qu'il y ait plus de garçons que de filles, mais il y a incontestablement un préjugé favorable aux hommes, bien que des femmes organisent dorkbot de part le monde. Mais généralement, en ce qui concerne l'art, les hommes le font et les femmes sont plus présentes dans l'administration.
A New York, j'essaie toujours d'avoir au moins une présentation par une femme, sur les trois qui ont lieu chaque fois. Notre public est composé à égalité d'hommes et de femmes. Les volontaires sont pratiquement toujours des hommes mais toutes les femmes que j'ai invitées ont accepté. En fait, si on n'y regarde de plus près, il y a autant de femmes que d'hommes qui font des choses intéressantes.
Dans certains lieux toutefois, ce qui est montré à dorkbot est plutôt macho. Avec le slogan "people doing strange things with electricity", certaines personnes ont à l'esprit l'image de Tesla et ses éclairs. Ce n'était pas prémédité de ma part parce que ce n'est pas ma pratique. Si je pouvais revenir en arrière, j'enlèverais peut-être le terme électricité, je dirais juste "people doing strange things". L'électricité semble arbitraire, on ne peut rien faire sans électricité, mais cela évoque quelque chose plutôt masculin, des choses qui explosent et tout ça. Ce n'était pas mon intention mais c'est comme cela que les gens le lisent.


- Vous avez également un projet intitulé ArtBots. A-t-il un lien avec dorkbot ?

C'est un peu dommage que les deux partagent la partie "bot". dorkbot était le premier, et puis j'ai eu envie d'organiser une exposition d'art robotique, ArtBots. Nous envoyons un appel à projets qui dit simplement : "Si vous pensez que c'est à la fois de l'art et un robot, alors envoyez-le nous". A chaque exposition, j'invite plusieurs personnes de différents champs à regarder la centaine de projets que nous recevons et à choisir les plus intéressants et les plus divers. Le plus important n'est pas d'opter pour les meilleurs. Nous sélectionnons l'art combiné avec la robotique, quel que soit le sens donné à ces deux termes par ceux qui nous envoient leurs projets. Cela peut donner des choses très différentes. Nous avons souvent des gens qui se plaignent, disant que ce n'est pas de l'art - ce qui est très commun pour l'art électronique en général - que c'est juste de la technologie, blablabla....
D'autre part, des gens disent que ce n'est pas de la robotique, ou que c'est trop simple ou que ce n'est pas autonome... Pour moi, c'est merveilleux ; c'est juste essayer de voir la variété des pratiques, et puis de communiquer avec ceux qui ne s'identifient pas en tant qu'artistes professionnels. Il y a tellement de pression culturelle par rapport au fait d'être artiste, d'avoir du succès. On est supposé faire du grand art, des déclarations grandioses à propos de ce que l'on fait. J'aime l'excellence mais j'aime aussi l'idée que faire des choses de manière créative est une activité normale. C'est incroyablement contraignant de devoir être une rockstar, être dans un musée, et les gens finissent par renoncer. C'est comme les jeunes qui détestent leurs leçons de piano parce que leurs mères veulent qu'ils deviennent des concertistes au lieu d'apprécier de jouer de la musique comme une activité humaine normale.
Pour moi, il s'agit d'essayer de trouver des gens qui de toutes façons font des choses et de les inviter à participer, même s'ils n'ont jamais montré leurs œuvres dans une galerie auparavant ou s'ils ne savent pas comment écrire des déclarations d'intention artistique.
Les expositions ArtBots ne durent que 3 jours, tout le monde est là ensemble, s'aidant et parlant. Il s'agit de montrer à sa communauté ce que l'on a fait, sauf que dans ce cas la communauté est internationale. Installer son travail, parler, rester là pendant la durée de l'exposition est bien moins anonyme qu'installer une œuvre avant que le public ne vienne.


- Pouvez-vous nous parler de votre propre travail artistique ?

Je suis en premier lieu un artiste. J'ai étudié principalement la musique, jouant dans des groupes de rock. En grandissant, je n'ai pas été en contact avec la musique classique, ni aucune forme de musique expérimentale, je ne connaissais que le rock'n'roll en fait. En allant à l'université, j'ai fréquenté ce monde incroyable, j'ai commencé à faire de la composition contemporaine, cela m'a permis de m'intéresser de près aux systèmes, aux processus...
J'étais dans une école de musique qui avait de très bons programmes mais ce n'était pas le lieu pour de la performance expérimentale. C'est ainsi que j'ai commencé à utiliser les ordinateurs car je me suis rendu compte que l'ordinateur permet toutes sortes d'expérimentations sonores, et naturellement je me suis mis à vouloir écrire mon propre logiciel, construire mon propre matériel. Au bout d'un moment, je me suis rendu compte que les idées que j'avais n'avaient pas toujours de sens exprimées en tant que sons ou musique.
C'était difficile, car j'en savais beaucoup sur le son et la musique mais pas tant sur les arts visuels ou la sculpture. Mais, petit à petit, j'ai gagné confiance en moi, et maintenant j'ai d'abord les idées et ensuite je trouve la meilleure manière de les réaliser.
dorkbot et ArtBots sont tous les deux des poursuites égoïstes. Avec dorkbot, je voulais être entouré de gens, et ArtBots, c'est parce que c'est difficile de montrer des œuvres physiques kinétiques ; elles tombent en panne. Avec ArtBots, j'ai essayé d'établir un forum pour montrer des œuvres très difficiles à exposer autrement. C'est pourquoi les gens viennent et restent pendant trois jours parce que tout casse, il faut réparer.
D'une certaine façon, le cliché de l'art électronique est que cela ne marche pas, mais je crois qu'en partie c'est faute de comprendre la nature des œuvres. Ce n'est peut-être pas une mauvaise chose de ne pas pouvoir juste installer un dispositif et le mettre en route pour deux mois. Quelle sorte de machine peut-on espérer voir marcher toujours ? Les ordinateurs plantent, chaque semaine au moins, et c'est une machine plutôt sophistiquée.
Je passe la plupart du temps à poursuivre mon propre travail artistique, mais c'est important aussi d'organiser des trucs, de montrer des œuvres d'autres personnes, de les aider. J'ai beaucoup de chance d'enseigner à l'université Columbia, parce qu'on y soutient mes autres activités, le site web, les listes de discussion, etc. J'ai la possibilité de faire tout ça, c'est exceptionnel.

Edité le : 21-04-09
Dernière mise à jour le : 11-05-09