

Extrait vidéo
Présentation du film
Ce triple statut, Virginie Barré a même choisi de l’affirmer haut et fort. Une volonté de « décloisonner » inscrite dans ses derniers travaux, à commencer par sa série d’illustrations de femmes des années 1930 en action (« Simples dames », 2005), ou dans ses bandes dessinées dont l’une, précisément, est baptisée « Liberté, égalité, maternité ». Cette volonté se manifeste aussi dans le titre de ses dernières expositions et de certains travaux qui portent le nom de ses filles. Une inspiration qui paraît bien éloignée de celle des œuvres qui ont précédé sa maternité dans lesquelles le cinéma d’Hitchcock ou celui de Kubrick et l’univers du polar étaient ses principales sources.
Dans les œuvres de Virginie Barré, la mise en scène est primordiale : ce qui prévaut n’est pas ce qu’elles racontent mais le « climax » qu’elles inspirent. Le spectateur y voit des personnages inertes – apparemment morts ou victimes d’accidents – le visage presque toujours caché, des marques de sang, des membres désarticulés… Ces scènes qui oscillent entre rêves angoissants et scènes emblématiques du polar, provoquent à la fois angoisse, fou rire et plaisir d’imaginer son propre scénario. Virginie Barré aime ainsi provoquer des interrogations et laisser les choses en suspens.
Mais si le mystère qui entoure ses œuvres est volontaire, il n’est cependant pas hermétique car Virginie Barré donne des clés et multiplie les références et les clins d’œil aux grands noms de la culture populaire, rendant de fait son travail abordable au grand public. Les titres de ces œuvres qui participent à la théâtralisation permettent de retrouver certaines de ces références et de mesurer la distance qu’elle place dans son travail : « Cache-cache petit mort » (1994), « Petites funérailles » (1995), « Little Princess » (2003), « Ecarlate » (2004), « Pink Vertigo » (2004), « Sleeping Beauty » (2007).
Virginie Barré n’aime pas les cloisons. « L’idée, c’est d’être le plus ouvert possible ». Ainsi touche-t-elle aussi bien à la sculpture qu’au dessin et à l’animation. Ses derniers projets, réalisés dans le grenier de sa maison en Bretagne, reflètent une immédiateté de ses gestes. Elle utilise pour cela des matériaux bruts tels le carton, le tissu ou le skaï qu’elle assemble pour former des sculptures « charades ».
>> Virginie Barré est née en 1970 en Bretagne où elle vit toujours et où elle travaille.
- Intervenants
• Bruno Peinado, artiste.
• Lili Reynaud Dewar, artiste, co-fondatrice de Pétunia, « magazine féministe d’art contemporain et de loisirs ».
• Claire Guezengar, écrivain et critique d’art. - Lien
• Virginie Barré sur le site de la galerie Loevenbruck (Paris).






Envoyer à un ami

RSS
Facebook
Twitter