Takashi Miike : "J‘ai grandi dans la vieille ville d’Osaka. J'y ai suivi toute ma scolarité. Mon quartier est connu pour être l’un des endroits les plus mal famés du Japon. Entre gosses, on ne connaissait que la loi du plus fort. La règle était simple: le plus costaud avait toujours raison. C’est sûr que le fait d’avoir grandi dans un tel environnement a certainement marqué mes films! Certains de mes camarades avaient des parents Yakusas. Mes propres amis, et même des camarades de classe sont eux-mêmes devenus des Yakusas. Et il y en a eu pas mal dans notre groupe.C’est pour ça que je n’ai jamais pu considérer les Yakusas comme des types dangereux, qui vivraient dans un monde à part. En fait ils ont toujours fait partie de ma vie. Je ne cherche pas forcément à les défendre. Mais quand je les représente dans mes films, j’évite de tomber dans les clichés du cinéma conformiste."
Hissé au rang de réalisateur-culte, Miike prouve qu’il peut aussi quitter les films de Yakusas pour se frotter à tous les genres. Dans la banlieue de Tokyo, il s'attaque au tournage de "Zebraman", un film de super-héros.
Takashi Miike : "Au Japon, en ce moment, c’est très tendance de vouloir revisiter au cinéma les vieilles séries de super-héros. On a tous grandi dans ce pays en regardant ces films-là. Et maintenant, les spectateurs sont devenus des adultes. Mais nous, les réalisateurs, on est devenu des adultes qui ont l’âge mais aussi la possibilité de réaliser leurs rêves de gosse. C’est à dire d’adapter nous –mêmes ces films qui nous ont fait vibrer étant jeunes. C’est mon cas. Et je m’éclate comme un gamin sur ce tournage."
En 99, le huis-clos éprouvant de "Audition" est le premier film de Takashi à connaître une carrière internationale.
Takashi Miike : "Ce que je cherche à faire, ce n’est pas de filmer un corps. Je cherche plutôt à filmer sa face cachée, et cette souffrance qui est enfouie au plus profond de nous. Par exemple, quand une partie de notre peau est arrachée, la douleur peut se révéler sous un jour nouveau si on apprend à regarder la plaie d’une manière objective. Et là ça peut devenir une expérience vraiment extraordinaire. Je n’essaie pas de transgresser les tabous. Je crois simplement qu’il y a encore beaucoup de choses à expérimenter au cinéma et dans la vie. Jusqu’à présent je n’ai pu comprendre et filmer qu’une petite parcelle de ce monde infini. Mais j’ai bien l’intention de continuer mes recherches!
"Dead or alive" – Takashi Miike
"Visitor Q"- Takashi Miike
"Dead or alive : The final"- Takashi Miike
"Audition"- Takashi Miike
"Gozu"- Takashi Miike
>> Takashi Miike sur CineAsie
TRACKS
Jeudi 06 janvier 2005 à 23h20
Samedi 08 janvier à 17h45
Rédaction: ARTE France, Program33
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