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ARTE Journal - 25/04/12

Des observateurs mais pas de trêve

Les violences redoublent d'intensité malgré la présence d'observateurs de l'ONU en Syrie où une voiture a explosé mardi faisant trois blessés au lendemain de la journée la plus meurtrière depuis l'entrée en vigueur le 12 avril d'un cessez-le-feu violé quotidiennement.

Les violences meurtrières se poursuivent en dépit de la trêve. Des combats entre troupes régulières et déserteurs de l'Armée syrienne libre (ASL) se sont déroulés mardi à l'aube à Sitt Zainab, dans la banlieue sud de Damas, alors qu'à Douma à 13 km de la capitale, des explosions et des coups de feu étaient entendus, selon l'OSDH. Une voiture a explosé à Marjé, dans le centre de Damas, faisant trois blessés et des dégâts matériels, selon la télévision syrienne officielle al-Ikhbariya. La veille 54 civils ont été tués, dont 31 à Hama (centre) selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Premiers observateurs déployés

Une équipe avancée d'observateurs circule quotidiennement dans les villes syriennes touchées par la répression de la contestation, préparant le terrain aux 300 observateurs internationaux qui seront sur place à partir de la semaine prochaine. Ils sont chargés de surveiller le cessez-le-feu et d'aider à faire appliquer les autres éléments du plan Annan: retour de l'armée dans les casernes, libération des détenus politiques, ouverture d'un dialogue politique entre pouvoir et opposition. "Onze Casques bleus sont sur le terrain, dont deux sont basés à Homs" (centre), ville symbole de la répression à la demande des habitants qui redoutent de nouvelles attaques, a déclaré mardi un responsable de l'équipe avancée de l'ONU.

Présence inefficace ?

Pour Abou Omar, militant à Damas, la mission de l'ONU est un échec parce que "les observateurs coordonnent leurs mouvements uniquement avec les autorités et ne travaillent pas avec le peuple sur le terrain". Plusieurs militants ont ainsi affirmé à l'AFP que durant leur tournée lundi, les Casques bleus avaient refusé de suivre les habitants qui voulaient leur montrer les lieux où ils accusent le régime de cacher ses chars. "Si (la mission de l'ONU) consiste à donner plus de temps au meurtrier Bachar, nous pouvons nous passer des observateurs", a souligné Abou Yazan al-Homsi, militant à Homs. Lundi, une partie de l'équipe restreinte d'observateurs s'est rendue dans la ville rebelle de Zabadani, à 47 km au nord-ouest de Damas, théâtre régulier de manifestations anti-régime et de combats entre les troupes du régime et l'Armée syrienne libre (ASL) qui regroupe des déserteurs. Elle a également visité Douma, selon des militants, au lendemain de violents assauts durant lesquels trois civils ont péri. Des milliers de manifestants se sont rassemblés autour des quatre Casques bleus qui visitaient cette banlieue de la capitale, scandant des slogans réclamant la chute du régime et l'armement des rebelles de l'ASL, selon des vidéos de militants.

Les occidentaux doutent

Doutant de la volonté du régime syrien d'appliquer le plan Annan, la communauté internationale insiste sur la nécessité que les autorités de Damas laissent aux observateurs de l'ONU une totale liberté de mouvement. "Il est vraiment important que le gouvernement syrien fournisse une protection totale aux observateurs et assure leur libertéde mouvement, leur liberté d'accès", a déclaré le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. Les Etats-Unis se sont dits à leur tour inquiets de la poursuite des combats et le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a mis en garde mardi contre toute tentative de saper le travail de la mission de l'ONU en Syrie. "Le travail des observateurs est un facteur positif. J'espère que ceux qui tentent de saper le travail de la mission de l'ONU en Syrie seront incapables de mettre en oeuvre leurs projets", a déclaré M. Lavrov. Le président tunisien Moncef Marzouki a estimé pour sa part que le régime de Damas était "fini" et que Bachar al-Assad finirait par partir "mort ou vivant", dans un entretien publié dans le quotidien pan-arabe Al-Hayat.

D. Wanner pour ARTE Journal

Edité le : 24-04-12
Dernière mise à jour le : 25-04-12