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L'Aventure humaine - samedi 14 mai 2005 à 20:45 - 25/05/05

Des oasis sous la mer

Extraits tirés du dossier À la découverte des grands fonds, IFREMER, 2004 - 2/3


Une vie sans lumière

En février 1977, lorsque le sous-marin américain Alvin plonge par 2500 m de profondeur sur la crête de la dorsale des Galapagos, par 86° de longitude Ouest au niveau de l'équateur, les observateurs découvrent ébahis, une profusion de vie : une communauté d'organismes étranges de grande taille et de morphologie étonnante forment autour des sources chaudes des peuplements exubérants qui contrastent avec la pauvreté de ceux des basaltes de la dorsale. Corliss et Van Andel, les deux géologues présents dans le sous-marin, poursuivent leur chemin sur le fond et découvrent autour de sources d'eau tiède (une dizaine de degrés au dessus de la température ambiante de 2°C) de nombreux organismes étranges qu'ils nomment en fonction de leur ressemblance : ainsi apparurent dans la littérature scientifique le "pissenlit", le "ver tubicole géant", le "clam géant", le "ver spaghetti", etc. Les scientifiques tombent sous le charme et donnent à ces sites hydrothermaux des noms évocateurs comme "La Roseraie", "Le Four à Coquillages", "Le Jardin de l'Eden", etc.

Ainsi, contrairement à toute attente, dans certaines conditions, le désert abyssal peut "fleurir" comme le font les déserts terrestres lorsque la pluie vient.


Une population de vers géants (Riftia pachyptila) © Ifremer / Hope99

Les peuplements d'organismes associés aux émissions hydrothermales sont localisés principalement dans la vallée axiale de la dorsale. Un site hydrothermal couvre des surfaces réduites (quelques centaines de mètres carrés). Il regroupe en général plusieurs "bouches" à haute et/ou basse température ainsi que des zones d'émissions diffuses. Les peuplements sont en général limités à la zone où est détectée une anomalie de température supérieure au dixième de degré par rapport à la température ambiante (environ 2°C), c'est-à-dire dans la cellule de mélange entre l'eau de mer et le fluide hydrothermal dont la température peut atteindre ou dépasser 350°C. Ces sites sont organisés en champs hydrothermaux qui regroupent quelques sites peu distants (quelques dizaines de mètres) et dont la " tuyauterie " est commune. Les peuplements hydrothermaux sont donc discontinus dans l'espace et distribués en "grappes" le long de l'axe de la dorsale selon une distribution pratiquement linéaire.

Edité le : 13-05-05
Dernière mise à jour le : 25-05-05