27/03/02
Delbaran
Sortie du 27 mars 2002
DELBARAN
de Abolfazl Jalili
avec: Kaeem Alizadeh, Rahmarollah Ebrahimi, Hossein Hashemian
2001 - 35 mm - Couleurs - 96'
Habitué par une production cinématographique iranienne plutôt pléthorique, le cinéphile ne sera pas surpris par le film d'Abolfazl Jalili, qui pourrait synthétiser l'approche, similaire, d'un Makhmalbaf ou d'un Kiarostami . Une fois encore il s'agit ici de l'histoire d'un enfant égaré, de nationalité afghane, orphelin de père et de mère suite à la guerre, qui du haut de ses 14 ans décide de fuir son pays et de s'installer à la frontière iranienne dans la petite ville de Delbaran. Seul le vieux Khan qui gère un café et une station-service fréquentés par les routiers, sa femme unijambiste, et le médecin du coin donnent à Kaim un peu d'affection. Pour survivre, celui-ci se rend utile, prépare à manger, aide à la réparation des véhicules en pannes, collecte ce qu'il trouve dans le désert aride de cette contrée rocheuse. L'officier Mahadavi passe régulièrement à la recherche de travailleurs afghans rentrés illégalement en Iran. Ainsi pèse sur les épaules de Kaim, le danger d'être expulsé à tout moment. Avec lenteur le film trouve son articulation entre le regard que pose Kaim sur le monde très rude des adultes et l'isolement que constitue une zone perdue, une frontière qui existe essentiellement dans les esprits, matérialisée uniquement par un vague panneau en bord de route. Aucune souffrance n'est particulièrement exprimée par les uns ou les autres, mais dans le silence, un éclat de rire prend soudainement une dimension multipliée. Et lorsque Mahadavi arrête un jeune couple en plein mariage, parce que le marié est afghan, ce dernier lui explique qu'il habite à Delbaran depuis deux ans : Ainsi naît le ridicule d'une situation politique complexe et absurde à la fois, alors que Jalili ne juge jamais, se refuse à prendre parti et montre simplement pour mieux démontrer.
Olivier Bombarda
Edité le : 20-04-04
Dernière mise à jour le : 27-03-02